Le joueur d'échecs
(LGF - Livre de Poche, 1991, 94 pages)
Brillante nouvelle de Stefan Zweig débutant sur un paquebot à bord
duquel se trouve le champion du monde des échecs, Czentovic, homme
époustouflant face à un échiquier mais à l'intelligence
et au savoir-vivre plus que médiocres. Sur ce même navire se trouve un
autre homme, le Dr. B, qui prend incidemment part à une partie entre
Czentovic et quelques voyageurs et renverse le cours du jeu. En voulant savoir qui
est cet homme, le narrateur plonge de plein fouet dans un univers tout autre que
celui des échecs, le monde de l'oppression, de l'emprisonnement, de
l'humiliation et de la folie. Tortures et interrogatoires de la Gestapo contre cet
homme pendant la guerre, un homme qui trouvera refuge dans les échecs pour
tuer le temps.
"Mais qui au monde disposait de plus de temps que moi, dasn cet esclavage où
me tenait le néant, qui dont aurait pu être plus avide et plus
patient?" (page 65 édition Poche)
Apprenant au départ par coeur les parties des grands maîtres, notre homme
décidera un jour de jouer contre lui-même, étant lassé
des 150 modèles qu'il répète inlassablement. Jouer contre
soi-même, un dédoublement de personnalité dangereux proche de
la folie. Une monomanie dont il ne sortira jamais réellement, même des
années plus tard, nous le découvrons dans ce récit.
En moins de cent pages, Stefan Zweig m'a, une fois de plus, coupé le
souffle. Le portrait qu'il dresse de Mirko Czentovic est réaliste et
frappant. Arrive alors une croisière, des voyageurs sans grande
particularité, une partie d'échecs pour l'amusement et
l'arrivée d'un homme qui remet tout en question et étonne. Le
récit qui suit, celui des années d'enfermement à la merci des
nazis, est dur tout en n'étant jamais mélodramatique ou enduit de
pathos. C'est une dureté qui nous est présentée sans fard et
sans effets de manche, tout est sobrement raconté et c'est très bien
comme ça, il n'en fallait pas plus pour sentir son estomac se nouer face aux
souffrances qui ont été celles de cette homme, le Dr. B. Un homme
prêt à replonger. Admirable fébrilité décrite
dans les dernières pages par Stefan Zweig dont on devine, au fil des lignes,
qu'il insère une bonne partie de lui-même dans ce texte. L'oppresseur,
la barbarie, la souffrance, autant d'éléments qu'il connaît et
qu'il utilise pour composer son récit sans que celui-ci soit ouvertement un
ouvrage militant ou de propagande.
Le talent de Zweig fait le reste. Le lecteur est envoûté par la magie
des échecs tout en étant secoué par la monstruosité
nazie. Le tout donne une certaine nervosité qui fait dévorer cette
nouvelle sans interruption de la première à la dernière page.
Note : 5/5
(Sahkti)
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C'est un tout petit roman pour ce qui est du nombre de pages mais très grandiose
pour l'histoire et les personnages!
Le personnage Monsieur B. est venu me chercher. Il ressemble beaucoup à un des
personnages de Sergio Kokis. Stefan Zweig s'est suicidé au Brésil. Sergio
Kokis est originaire du Brésil. Est-ce que ce dernier aurait emprunté quelque
peu le personnage de Zweig. En tout cas j'ai eu l'impression de comprendre la souffrance
morale qu'a engendrée la solitude forcée, j'ai été très
touchée.
De plus c'est très bien écrit et avec modestie.
C'est à lire très certainement, vous ne resterez pas
indifférent. C'est dérangeant, troublant et même désespérant.
Note : 4.5/5
(Mousseline)
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Quand je suis allée le chercher la première fois à la bibliothèque
je ne l'ai pas pris, il ne m'inspirait pas du tout mais je me suis fais convaincre et
je suis retournée pour le prendre.
J'ai donc commencé à le lire de reculons mais après une vingtaine
de pages j'ai embarqué. Je ne pensais pas du tout que c'est ce qui se passerait,
le début est très banal, très calme mais un moment donné boum
ça démarre tu ne t'attends pas du tout à ce genre de tournure.
J'ai vraiment aimé ce roman que j'ai lu en une seule soirée.
Je ne pense pas le relire mais je vais le conseiller à tout le monde, tout le
monde doit avoir lu ce livre au moins une fois dans sa vie.
Note : 4.5/5
(Roxie)
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Personnellement, j'ai du mal à faire une critique de ce livre. D'abord, dans quel
genre le ranger? C'est un peu long pour une nouvelle, un peu rapide pour un roman. On
dirait la première partie de Lord Jim de Conrad. Et puis c'est à la fois un
essai intimiste, qui fait comprendre de façon très intérieure la
souffrance et la folie d'une personne mise à l'écart de l'humanité. Et
en même temps un roman allégorique, qui met en scène l'affrontement de
deux forces, la force brute et inhumaine du totalitarisme (le champion du monde) et
l'intelligence aiguë mais fragile des démocraties (M.B). Et c'est
l'intelligence qui abandonne, de peur de sombrer définitivement dans la folie, la
fin est pessimiste.
Quant à l'écriture... elle est assez plate, très "descriptive", mais
mine de rien, elle embarque le lecteur dans des profondeurs de réflexion. Une
écriture colorée aurait sans doute détourné le lecteur de la
narration, implacable comme le héros noir de l'histoire. C'est un livre qui ne vous
lâche pas de sitôt, même (si, si, Mousseline), quand on n'y connaît
rien aux échecs.
Note : 4/5
(Laetitia)
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Une note mitigée - c'est un peu ce que j'ai ressenti en faisant la lecture de ce
livre - je me suis sentie incertaine tout le long de ma lecture.
Mais il y a quelque chose qui me retenait dans ce livre - comme si je n'avais pas envie de
l'abandonner, je tenais à savoir où l'auteur voulait nous mener.
C'est un livre que j'aurais peut-être dû relire afin d'en saisir toute la
finesse et d'essayer de capter le message de l'auteur.
Mais on sent que c'est écrit par quelqu'un de très malheureux je pense.
Note : 3/5
(Lagrande)
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Lors de la Deuxième Guerre, Monsieur B. est détenu dans une petite chambre
par les nazis. Pour fuir la solitude, il vole un manuel d'échecs et joue
inlassablement des parties dans sa tête. Quelques années plus tard, alors
qu'il se retrouve face au champion mondial de l'heure, la folle envie de savoir s'il peut
jouer sur un véritable échiquier le prend. Ce plongeon dans la réalité
est très risqué. S'en sortira-t-il sans perdre la tête?
Un petit livre qui se lit vite, agréable qui me laisse toutefois un peu
indifférente. Je n'ai pas détesté, mais je ne pourrais pas dire que
j'ai vraiment aimé. Le fait que le récit soit très court me le rend
sympathique. On n'a pas étiré la sauce...
Note : 3.5/5
(Lafillasse)
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Un gros 0.5/5. Plaaaaaaattteeeeeeeeeee! (Une chance qu'il était court! Fiou!)
Quand j'ai refermé le livre je me suis juste demandée pourquoi il avait
été publié. Probablement parce que l'auteur s'est suicidé et
que les critiques ont voulu montrer combien ils étaient bons à analyser sa
"confession". Pfff! J'aurais écrit ça, on l'aurait jeter aux vidanges.
L'histoire d'un homme qui sombre dans la folie. C'est même pas touchant,
poétique, triste; on veut quelque chose à se mettre sous la dent que
diable!!!
Un parallèle entre "ça" et la grande guerre. Peut-être. Mais on s'en
fout!!!
Je vous dit: plaaaaaaattttttteeeeeee!
Mon prix citron 2002 après mon prix citron 2001 : "L'obéissance" de Suzanne Jacob.
A lire, juste pour se prouver que n'importe qui est capable d'écrire un livre.
Note : 0.5/5
(Pico)
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C'est un livre très bien écrit et qui a juste la bonne longueur. Autrement
dit, il n'y a pas de longueurs, pas de pages en trop ce qui est pour moi un signe de
réussite. J'ai beaucoup aimé. L'histoire en soi n'est pas très gaie
mais je ne la trouve pas désespérante, bien au contraire. L'auteur nous
montre certains rouages de la folie, des manies et j'ai trouvé çà
très crédible, très humain. Son écriture est très
efficace, ni trop ni trop peu.
Note : 4/5
(Zanie)
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Tout d'abord, on est vraiment étonné de la tournure que prend l'histoire,
au premier abord, on est persuadé que le livre va porter sur Czentovic mais non!
M.B apparaît et l'histoire prend une toute nouvelle tournure, plus grave, et là
on reconnaît bien le style de Zweig.
Ce que je trouve intéressant, c'est que ces deux champions sont issus de la
solitude, l'un voulu, l'autre forcé. L'un parce que sa seule vie est les
échecs, l'autre par soif d'animation, d'information dans sa petite cellule.
L'un par idiotie, l'autre par intelligence, pour ne pas devenir un légume.
Métaphoriquement, ce livre nous montre bien que, de quelques façons que l'on
ait été traité pendant la guerre, quelque fut le camp de
concentration, on en sort toujours avec des séquelles, même après
de longues années.
Note : 4.5/5
(Cryssilda)
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J'ai beaucoup aimé. J'ai été touchée par les événements
qui ont affecté le prisonnier. Qu'un bouquin qui semble inutile (c'est vrai il me
semble que lire les anciennes parties d'échecs jouées par d'autres c'est
d'une inutilité!!! Du genre à ne pas être publiable) et anodin puisse
influencer aussi fortement un être humain. Et qu'en plus ça le mène
jusqu'à la folie, c'est le genre de paradoxe qui me fascine.
Note : 4/5
(Frisette)
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Face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l'intelligence
abstraite et un cerveau au pragmatisme brutal, incapable d'une réelle projection.
Je pense que la lutte qui a lieu sur l'échiquier est celle du nazisme contre les
valeurs humanistes d'un homme cultivé.
Je sais que tout le monde s'accorde à dire que c'est une confession à peine
déguisée de Zweig.
Mais j'avoue que ce récit ne m'a pas franchement emballée, et que, de ce que
j'ai lu de cet auteur jusqu'à présent, c'est peut-être celui que j'ai
le moins apprécié...
Note : 3/5
(Calou)
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Je trouve que c'est bien écrit, j'aime le style et le rythme. Je m'amusais
beaucoup avec l'histoire de Mirko, j'étais embarquée. Sur le bateau, c'était
fantastique, le petit tournoi d'échecs, le petit groupe, mené par le rusto
MacConner. Et l'arrivée de M.B. était bien amenée, mais là...
quand il s'est mis à raconter son histoire d'enfermement, les interrogatoires et sa schizophrénie,
j'ai décroché. J'avais hâte qu'il revienne au jeu, contre Czentovic.
Et à la fin, le suspense était intéressant, le fait qu'il s'était projeté
dans un autre jeu. Cependant, j'aurais cru que Czentovic mentait et aurait finalement
avoué que les positions des pièces étaient bien telles que mentionnées
par M.B.
Un bon divertissement et une très belle écriture.
Note : 3/5
(Dany)
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Il y a 2 ans, le joueur d'échecs était au programme du bac. C'est pour cette
raison que je l'ai lu, car sinon je n'aurais même pas songé à l'acheter.
Après l'éclaircissement que j'en ai eu de par mes cours, je peux dire que ce
bouquin laisse à réfléchir. C'est clair que c'est un livre engagé.
Toutefois, bien qu'il soit dans ma bibliothèque, je ne le relirai pas. C'est un bouquin
que l'on lit plus par obligation scolaire.
Note : 2.5/5
(Cristal-Jade)
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J'ai beaucoup apprécié cette nouvelle où le jeu d'échecs, plus
qu'un jeu réel, est surtout une allégorie dont le fond semble
littérairement se répliquer dans la forme, l'écrivain construisant son
oeuvre, à la fois modulaire et cohérente, comme un jeu d'échecs
particulièrement subtil dont les pièces seraient les personnages et les
mouvements l'histoire de leur vie.
Je trouve que Zweig est un auteur qui écrit avec passion. Il nous emmène souvent
dans un monde où il arrive à décrire avec force et psychologie un
comportement excessif, souvent à la limite de la pathologie. Je trouve aussi, qu'il faut
être d'une grande finesse pour trouver la limite, une sensibilité à fleur
de peau et une forte croyance en l'homme. Il emmène le lecteur dans un univers de
passion et où le temps devient peu important.
Note : 4.5/5
(Sereine)
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