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Charles Williams

Celle qu'on montre du doigt
(Folio/policier, 2002, 312 pages)

"Le téléphone retentit. Sa sonnerie eut sur la jeune femme un effet surprenant. Elle s'était pétrifiée, comme si elle avait reçu une giclée d'eau glacée dans le dos. La sonnerie se prolongeait, aiguë, insistante; et, lentement, péniblement, la femme allongea le bras, décrocha.

- Magnolia Lodge, annonça-t-elle d'une voix incertaine.

Puis le sang quitta son visage. Elle vacilla, et je tendis la main par-dessus le comptoir pour la retenir, croyant qu'elle allait s'évanouir; mais elle se laissa tomber sur un tabouret, derrière elle. Elle tenta en vain de raccrocher le récepteur sur ses griffes. Alors elle le posa sur le sous-main. Il continuait à émettre des sons étouffés, mais la femme, le visage caché dans ses mains, frissonnait, sans le toucher."

Charles Williams n'a pas écrit que les aventures de Pop et Sagamore Noonan il fut aussi un très bon romancier de romans noirs. Beaucoup moins humoristique et cocasse que les romans auxquels je fais allusion cette veine est sous-tendue par des thèmes plus classiques, comme celui de la femme manipulatrice et de l'argent corrompant tout sur son passage, de la culpabilité aussi. L'intérêt de ce titre est dans le dépouillement de l'intrigue. Williams se sert d'un verbe plus direct pour nous mener dans les pas de son personnage principal qui, par ennui et par esprit chevaleresque, va prendre la défense d'une femme que tout porte à accuser du meurtre de son mari.

L'intérêt n'est pas dans l'histoire, le même genre d'histoire que l'on retrouve chez John D. MacDonald, et comme lui Williams a une prédilection pour les côtes de la Floride. Non l'intérêt est dans le plan de travail de l'écrivain qui nous guide vers un dénouement tout aussi sobre que le voyage. Dans ces pages il n'y a rien d'édulcoré, tout est juste, un ton juste et retenu. C'est simplement une histoire comme tant d'autres menée avec calme par un écrivain talentueux et discret. Un roman agréable à la lecture et à la mémoire. J'ai beaucoup aimé la fin toute en simplicité avec une arrestation à laquelle on n'assiste pas... On apprend et puis c'est tout la vie continue... Continue...

(Claude)







Fantasia chez les ploucs,
Celle qu'on montre du doigt


Charles Williams (1909-1975) s'est très tôt engagé dans la marine marchande et a navigué sur les mers du monde entier. Il publie son premier roman, "La fille des collines", en 1951, suivra 22 autres jusqu'en 1973. L'essentiel de son oeuvre tourne autour d'arnaques et plans machiavéliques où bien souvent les protagonistes jouent double ou triple jeu. Ces livres sont particulièrement noirs ont fait l'objet de moult adaptations cinématographiques. Au milieu de cette oeuvre se détachent "Fantasia chez les ploucs" et "Aux urnes les ploucs"!




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