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Émile Verhaeren, poète belge d'expression française, est
né le 21 mai 1855 à Saint-Amand (Belgique).
Après avoir fréquenté des collèges à Bruxelles et Gand, puis
l'Université de Louvain, il devint avocat.
La fréquentation d'Edmond Picard, lui indique le chemin de la poésie. Il publie
ses premières poésies, Les Flamandes, en 1884, puis, Les Moines en
1886. Un peu plus tard, il se montra sensible à l'influence du symbolisme
(Les Soirs (1887), Les Débâcles (1888), Les Flambeaux noirs
(1890)) mais l'atmosphère de ce mouvement ne correspondait pas à son
tempérament.
Il se marie en 1891 et se tourne vers les problèmes contemporains et publiera
Les Villes tentaculaires (1895), Les Visages de la vie (1899), Les Forces
tumultueuses (1902), La Multiple Splendeur (1906) et Les Rythmes souverains
(1910). Verhaeren découvre déjà les promesses d'un avenir meilleur et il
exprime sa foi toute profane en l'Homme.
Son oeuvre exerça une grande influence sur l'unanimisme et le futurisme.
Mais en 1916, Verhaeren vient à Rouen pour y faire une conférence, et
connaît une mort tragique en passant sous un train.
Tiré du site:
Communes 76
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Les Campagnes hallucinées, les Villes tentaculaires
Je viens de passer une semaine avec un petit recueil de poésie intitulé
"Les campagnes hallucinées les villes tentaculaires". C'est un petit format qui
tient dans la poche et il suffit d'avoir deux minutes de liberté pour lire ou
relire un poème.
Ce sont des écrits qui datent de 1893 et 1895, ils font partis de la période
dite de "trilogie noire", correspondant à un état dépressif de l'auteur.
Les poèmes sont effectivement sombres, mais magnifiques.
C'est une poésie de mots simples, mais de mots forts pour les petites gens de
l'époque: paysans misèreux, résignés devant la succession des
calamités, acteurs passifs: la misère et la mort!
J'ai hâte de lire autre chose de cet auteur, en attendant je vais conserver ce petit
livre dans ma poche! Finalement, il n'y en a pas tant que cela! des poètes.
Note : 5/5
(Nimbus)
Voici un petit poème pour donner une idée, c'est le plus court.
CHANSON DE FOU
Vous aurez beau crier contre la terre,
La bouche dans le fossé,
Jamais aucun des trépassés,
Ne répondra à vos clameurs amères.
Ils sont bien morts, les morts,
Ceux qui firent jadis la campagne féconde;
Ils font l'immense entassement de morts
Qui pourrissent, aux quatre coins du monde,
Les morts.
Alors
Les champs étaient maîtres des villes,
Le même esprit servile
Ployait partout les fronts et les échines,
Et nul encor ne pouvait voir
Dressé, au fond du soir,
Les bras hagards et formidables des machines.
Vous aurez beau crier contre la terre,
La bouche dans le fossé :
Ceux qui jadis étaient les trépassés
Sont aujourd'hui, jusqu'au fond de la terre,
Les morts.
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