L'évangile de Jimmy
(Albin Michel, 2004)
Avec un sujet comme le clonage du Christ à partir du St-Suaire de
Turin, j'avais peur de lire un clone du Code Da Vinci!
Mais non!
Une des principales questions de l'Évangile est: Que se passerait-il
si les hommes pouvaient façonner leur propre Jésus-Christ?
Même s'il y a une part de science et de religion dans ce roman, Didier
van Cauwelaert dépasse de beaucoup le simple thriller avec
L'Évangile de Jimmy. Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est
d'être "dans la peau de Jimmy", de vivre son rejet d'abord de son
origine christique, ses doutes, ses peurs, ses émotions, puis son
acceptation de sa mission. Bref, nous vivons "en direct" sa transformation intérieure (et
extérieure) de simple piscinier à presque Messie. En tout cas,
j'ai trouvé Jimmy très crédible et très attachant.
Et je n'ai pas aimé (c'était prévisible) ces
"marchands du temple", ces "pharisiens" de Washington, qui façonnent
Jimmy à l'image de ce qu'ils croient être le Christ, selon
surtout leurs propres intérêts.
Pour moi, ce livre a soulevé beaucoup d'interrogations, à
propos du livre certes, mais aussi vis-à-vis mon propre rapport
à la religion et à la foi. En fait, cette lecture m'a
apporté plus de questions que de réponses! Sur ce plan, il est
dérangeant.
C'est un livre solide, très bien documenté tant sur le Suaire
de Surin, le clonage ou la vie de Jésus et les Évangiles. Il y
a du suspense (est-il, oui on non, le clone de Jésus, pourra-t-il
se "transformer" en Jésus) et beaucoup de réflexion et est
imprévisible, c'est-à-dire qu'on ne sait pas où il nous
emménera.
Si les romans de Didier van Cauwelaert sont tous de ce calibre, je vais
sûrement le relire!
Note : 4.25/5
(Nélimuse)
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4ème de couverture: "Je m'appelle Jimmy, j'ai 32 ans et je
répare des piscines dans le Connecticut. Trois envoyés de la
Maison-Blanche viennent de m'annoncer que je suis le clone du Christ."
Il y a de quoi, vous l'avouerez, se poser des questions à la place
de Jimmy! Une bombe aurait éclatée là, à ses pieds,
qu'il n'aurait pas été autrement étonné je
crois. Mais comment la chose est-elle possible?
A l'ouverture du livre, nous sommes à la passation de pouvoirs entre
Clinton et Bush Junior, et ce dernier apprend qu'un clone du Christ est
né à partir de l'ADN de celui-ci, prélevé
abusivement sur le linceul de Turin qui ne serait donc pas un faux
fabriqué au Moyen-Âge. A partir de là, le récit se déroule comme un livre
policier à suspense qui a tout du thriller à certains
moments.
Didier van Cauwelaert est manifestement très bien documenté
tant sur les possibilités de clonage que sur les recherches faites
sur le Linceul de Turin, la bibliographie en témoignant par
ailleurs.
J'ai beaucoup aimé ce roman dont la lecture est aisée et
passionnante, même si elle est parfois un peu technique pour
défendre le sujet. Un Christ à notre époque d'incroyance
et de remise en question pour beaucoup, voilà de quoi
révolutionner le monde, non? Je suis donc étonné de l'aisance avec laquelle Didier van
Cauwelaert amène un sujet aussi grave, le rendant captivant au fil
de ces pages jusqu'au dénouement final.
Je suis et reste un fan de cet auteur!
Note : 4.5/5
(Gaikoala)
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En ces temps où le clonage est à la mode, j'ai
préféré éviter le trop médiatisé
"Possibilité d'une île" de Michel Houellebecq pour me plonger dans
"L'Évangile selon Jimmy" de Didier Van Cauwelaert. Près de 500 pages
plus tard, je ne suis pas certain d'avoir fait le bon choix.
Le problème de ce roman, c'est qu'il oscille constamment entre la fable
philosophique, le thriller métaphysique et la politique-fiction. L'humour de
l'auteur ne parvient hélas pas à sauver cette
valse-hésitation. Je suis d'autant plus déçu que l'idée
de départ du roman est tout simplement géniale: les Américains
ont réussi à cloner le Christ à partir d'un fragment d'ADN
récupéré sur le linceul de Turin. Quant à la fin
grand-guignolesque, elle nous livre quelques pages de
télé-réalité – effet de mode oblige – et la description
de la Passion de Jimmy ne nous épargne rien: on croirait lire le
scénario d'un film de Mel Gibson.
Bien sûr, Van Cauwelaert s'est documenté. C'est
particulièrement sensible à la fin de l'ouvrage où, au pas de
charge, il livre en pâture à notre curiosité un
résumé de quelques siècles d'ésotérisme
religieux: le soudarion d'Oviedo, le miracle de Lanciano, la tunique d'Argenteuil,
le voile de Manopello, la coiffe de Cahors... J'aurais personnellement
préféré qu'il fasse moins étalage de son
érudition ou qu'il approfondisse son sujet.
Bref, en refermant ce roman, je n'ai pu m'empêcher d'imaginer ce qu'un
Dan Brown ou un Eric-Emmanuel Schmitt auraient fait de l'intrigue de départ.
Il s'agit bien sûr là de deux approches extrêmes, mais le tort de
Didier Van Cauwelaert aura été de ne pas choisir sa voie et d'avoir
voulu jouer sur tous les tableaux. La déception est d'autant plus grande que
cet auteur nous avait habitué à mieux. J'ai eu l'impression que ce
dernier opus dénotait de sa part une triste dérive commerciale. Mais
cet avis n'engage bien sûr que moi!
Note : 3/5
(Michel)
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