Club des rats de biblio-net
Voir aussi la page sur Hélène Vachon en littérature jeunesse
Hélène Vachon est née à Québec. Elle a
une feuille de route impressionnante. Après des études en littérature
française moderne menées à l'Université de Paris X, elle poursuit
des études doctorales en édition critique à l'Université Laval.
Son travail au ministére des Affaires culturelles l'a amenée à s'occuper
du livre depuis plus de vingt ans.
C'est donc une passionnée de littérature qui compte plusieurs titres jeunesse
à son actif. Elle a aussi publié un roman pour adultes.
Elle s'est mérité le prix Alvine- Bélisle, en 1996 pour le
sixième arrêt. Elle a été finaliste au prix du Gouverneur
général en 1995 et en 1998.
Bibliographie
- La tête ailleurs
Québec/Amérique, 2002
Littérature jeunesse
- Le sixième arrêt
Dominique et cie, 2001
- L'oiseau de passage
Dominique et cie, 2001
- Le piège de l'ombre
Québec/Amérique, 2000
- Monsieur Engels
Dominique et cie, 2000
- Le délire de Somerset
Dominique et cie, 1999
- Mon amie Godefroy
Héritage, 1996
Liens
Hélène Vachon - Site de Québec/Amérique
Interview
© 2000-2004 - Club des rats de biblio-net
|
La tête ailleurs
Née en 1947, Hélène Vachon a choisi une héroïne de son
groupe d'âge, une portraitiste, dont le milieu est bien connu pour le recul qu'il sait
prendre devant la vie et la mort. Nombreux sont les romans qui comptent un peintre comme
héros. Hélène Le Beau, Wajdi Mouawad et Sergio Kokis, pour ne nommer que
ceux-là, ont placé eux aussi le projecteur sur des artistes.
Comme le veut le cliché, Alison, l'héroïne de 48 ans, aime la vie de
bohême. Elle fuit les moules socratiques qui prédestinent la raison à la
fabrication d'un mode d'emploi. C'est ainsi qu'elle n'accorde pas d'importance ni à
son apparence et ni à l'ordre de son loft qui lui sert d'atelier. Elle refuse de
participer aux rites de la société qu'elle trouve «polluants». Sans aller vivre
loin du monde comme Alceste dans le Misanthrope, elle se limite à faire sans
enthousiasme le portrait de ses clients. Elle s'obstine à exercer ce métier
parce qu'elle croit fermement que c'est dans la tête que tout se joue. Elle cherche un
sens à leur existence, qui éclairerait la sienne par le fait même. On
pénètre ainsi dans l'univers des écrivains existentialistes qui ont
marqué le 20e siècle.
L'auteure ne raconte pas une histoire; elle fait un photomontage à la André
Breton, qui laisse voir les préoccupations de l'artiste devant la guerre et le vide
qui caractérise une société en quête de nouvelles valeurs. Comme
Noé, son héroïne attend la fin du déluge. Et comme Nietzsche, elle
a un vouloir-vivre, libre des cloisonnements établis par la raison. C'est une oeuvre
intellectuelle dans le sens noble du terme, qui interroge le lecteur sur son passage ici-bas.
C'est écrit simplement, mais comme l'auteur plonge dans le quotidien d'une femme qui
se pose mille et une questions, il se dégage une impression de stagnation. Hormis ce
bémol important, c'est l'histoire intéressante d'une artiste qui a la
tête ailleurs que dans les rites qui nous détournent de notre finalité.
Ce roman décrit en quelque sorte la crise de la cinquantaine alors que l'on se rend
compte que la société nous a floués avec ses apparences trompeuses.
Note : 3.7/5
(Polo)
Ajouter votre critique
Pour avoir plus d'infos ou vous procurer ce livre: Amazon.ca
|