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Henri Troyat
Youri
(Flammarion, 1992, 218 pages)
Deux années dans la vie d'un enfant russe, il y a cent ans. Le
début : 1916, quelques jours avant Noël, "dehors, la neige tombe
à flocons serrés." Youri, 13 ans, fils d'une famille de
l'élite Russe, et Sonia, du même âge, fille d'une servante, sont
élévés ensemble. C'est la guerre, presque tous les
domestiques mâles sont au front. La situation politique se
détériore presque de mois en mois, le tsaar abdique, est prisonnier,
tué, et les bolcheviks prennent le pouvoir. Le père parti
moitié pour affaires, moitié en fuite, la mère et la servante
partent septembre 1918 avec les deux enfants pour le rejoindre. C'est des
journées entières dans des trains bondés qui traînent en
route jusqu'à ce que le hasard de la guerre les font arriver dans un camp
allemand, camp de quarantaine, où règne la grippe espagnole. Ce qui
est des graves soucis pour leurs mères, est excitation et plaisir de
changement pour Youri, enfant pubère, qui vit l'âge tendre et
l'éclosion de ses sens, la naissance de son amour pour Sonia. Arrivé
à Kachov, on découvre que le père est parti pour Odessa, et
après des démarches administratives qui durent jusqu'à Noël,
ils peuvent aller le rejoindre. La guerre est finie, Odessa est occupé par
les Français et après un temps de séjour, Youri et sa famille
réussissent à partir par paquebot en France... sans Sonia et sa
mère, servante pas tellement fidèle.
Henri Troyat, écrivain français d'origine russe, reprend à 81
ans ses souvenirs de la Russie du temps de sa jeunesse. Un court récit
historique qui met en contraste l'expérience du jeune Youri et les
événéments de cette époque mouvementée.
Récit facile à lire et pourtant bien instructif.
Tout à fait par hasard en prime un peu d'ambiance de Noël.
Note : 4/5
(Gallomaniac)
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C'est un récit touchant, intéressant à plus d'un titre,
notamment parce qu'il permet de vivre de l'intérieur la longue descente aux
enfers d'une certaine bourgeoisie russe qui voit disparaître les uns
après les autres l'ensemble de ses privilèges. C'est une
société qui bascule, un bouleversement qui fait des dégâts.
Avec, comme chez plusieurs auteurs russes qui ont connu l'exil et une certaine
forme de déclin social (Nina Berberova par exemple) une force formidable
placée dans l'espoir. C'est ce qui continue à faire vivre ces gens,
l'espérance dans un futur meilleur, même si celui-ci n'arrive jamais.
Troyat apporte également beaucoup de détails explicatifs sur la vie
politique et sociale en Russie; cela peut de temps en temps paraître lourd mais ça
aide tout de même à s'imprégner de cette époque au point
de s'y croire, un peu, beaucoup...
Note : 3/5
(Sahkti)
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Un beau petit roman à la fin tristounette, il semblerait que ce soit en
partie autobiographique. J'ai aimé l'innocence des enfants qui malgré
les contraintes, sourds aux propos des adultes, vivent des instants merveilleux,
un vrai bonheur pour eux de vivre cette aventure hors du commun avec leurs yeux
d'enfants.
Note : 4,5/5
(Lalyre)
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Aliocha,
Flaubert,
La ballerine de Saint-Pétersbourg,
La case de l'oncle Sam,
La dérision,
L'affaire Crémonnière,
La Lumière des justes,
La neige en deuil,
La pierre, la feuille et les ciseaux,
L'araigne,
Les Semailles et les Moissons / la série,
Tome I,
Tome II / Amélie,
Tome III / La Grive,
Tome IV / Tendre et violente Elisabeth,
Tome V / La rencontre,
L'étage des bouffons,
Marina Tsvetaeva,
Maupassant,
Namouna ou la chaleur animale,
Pierre le Grand,
Raspoutine,
Terribles tsarines,
Un si long chemin,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Youri
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Henri Troyat naquit à Moscou, le 1er novembre 1911. Au moment de la
révolution, son père, qui occupait une situation en vue dans le
commerce, fut obligé de s'enfuir, et toute la famille entreprit un long
exode qui le mena, tout enfant, de Moscou au Caucase (où ses parents
possédaient une vaste propriété), du Caucase en Crimée,
puis, par la mer Noire, à Constantinople, à Venise et enfin à
Paris, où il arriva en 1920. Il fit toutes ses études en France, au
lycée Pasteur, à Neuilly. Licencié en droit, il devint
rédacteur à la préfecture de la Seine.
Entre-temps, ayant été naturalisé français, il partit
pour accomplir son service militaire à Metz. Il se trouvait encore sous
l'uniforme quand fut publié son premier roman, "Faux jour". Ce livre obtint,
en 1935, le Prix du Roman populiste.
Rendu à la vie civile, il entra à la préfecture de la Seine,
au service des Budgets. Le temps que lui laissaient ses occupations
administratives, il l'employait à écrire. Coup sur coup parurent en
librairie : "Le Vivier", "Grandeur nature", "La Clef de voûte". En 1938, le
prix Max Barthou, décerné par l'Académie française, couronna
l'ensemble de son oeuvre. Cette même année, son nouveau roman,
"L'Araignée", reçut le prix Goncourt. Démobilisé en
1940, il se consacre entièrement à la littérature. Grand prix
littéraire du Prince Pierre de Monaco (1952).
Il a été élu à l'Académie française le 21 mai
1959, au fauteuil de Claude Farrère (28e fauteuil).
Mort le 2 mars 2007 à Paris.
source : http://www.academie-francaise.fr
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