La dame au linceul (Actes Sud/Babel, 1996, 210 pages)Un jeune aventurier sans le sou, Rupert Sent Leger, hérite d'une fortune
colossale, mais le testament contient une clause étrange: pendant dix-huit
mois le jeune homme doit vivre dans le château de Vissarion, dans le pays des
Montagnes Bleues, sur les bords de l'Adriatique. Le jeune homme accepte le
testament et s'installe dans un immense château laissé à
l'abandon, avec une tante férue d'occultisme. Il entreprend de faire de son
logis un lieu d'habitation agréable tout en devenant ami avec les habitants
du lieu qui se préparent à la guerre avec leurs ennemis de toujours:
turcs, russes, roumains... Un soir de pluie, il reçoit une visite
très étrange...
Ce roman est en fait un assemblage de coupures de journaux, de lettres, de journaux
intimes. L'atmosphère fantastique est installée par l'auteur
dès les premières pages par le récit d'une inquiétante
apparition. Il y a dans ce roman tous les éléments classiques du
roman gothique: château isolé, jardin peuplé de statues,
crypte profonde et mystérieuse, cérémonie baroque, pluie et
brouillards. Le lecteur est très vite scotché à l'histoire et
suit le héros dans ses explorations. Malheureusement quand le roman
fantastique tourne au roman d'amour, le charme est en grande partie rompu. Le
rationnel prend le pas sur le mystère et l'auteur donne une explication
parfaitement logique à tous les évènements incroyables
auxquels Rupert a assisté. J'ai donc été très
déçue par la fin de ce roman d'un maître du genre. Je pensais vraiment que
l'auteur de Dracula allait davantage me surprendre.
Dernière phrase : "Oui, tu m'es apparue cette nuit-là, ma
chère Teuta, dans ton linceul, et je voyais pour ainsi dire
déjà les vers grouiller à tes pieds..."
Note : 4/5 (Papillon)
|