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Alexandre Soljenitsyne
Le pavillon des cancéreux
(Pocket, 1980, 726 pages)

Le livre: Ce roman est partiellement auto-biographique. Au pavillon des cancereux, quelques hommes alités souffrent d'un mal que l'on dit incurable. Roussanov et Kostoglorov ne se parlent pas. Pour l'un, haut fonctionnaire, la réussite sociale vaut bien quelques concessions. Pour l'autre, seule compte la dignité humaine. Pour ces êtres en sursis, mais aussi pour Zoé la naïve, Assia la sensuelle, Vadim le passionné, c'est le sens même de la vie qui devient le véritable enjeu de leur lutte contre la mort. Une oeuvre de vérité.

Mon opinion: A première vue, le livre semble austère, il est volumineux, écrit par un auteur au nom à peine prononçable, pourtant c'est un chef-d'oeuvre, un livre qui marque en profondeur. Ce pavillon, anti-thèse de l'arche de Noé, entraîne ses occupants non vers un monde nouveau, mais vers le destin final de l'homme: le néant. Dans ces circonstances si difficiles, chacun se dévoile. En toile de fond les façons de vivre et de penser en Union Soviétique dans les années soixante.

Un livre sombre, mais où la grisaille est toujours défaite par une lumière vive de force et d'espoir. Magistral! un livre qu'il vous faudra lire, dans trois mois, trois ans ou trente ans...

Note : 5/5
(Nimbus)
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Le pavillon des cancéreux est un de ces livres qui se gravent à jamais dans la mémoire. Soljenitsyne, dans ce roman, dépeint la vie quotidienne au pavillon des cancéreux. Ces grands malades nagent dans un océan d'émotions particulières à leur état: résignation, désolation intérieure, révolte, espoir mais aussi le destin et le visage que prend leur vie de tous les jours. Ce visage que l'auteur nous montre avec un tonifiant sens du concret que finalement, face à la mort et la maladie tous les hommes sont égaux.

L'auteur émeut par son procédé littéraire qui démontre bien la multiciplicité des destinées humaines mais leur unicité devant la mort. Il nous livre des questions métaphysiques qui sont le thème des débats de ces hommes atteint d'une maladie incurable sans que le récit soit trop lourd ou sombre. Il nous entraîne aussi dans l'univers des médecins et infirmières confrontés aux ravages de cette maladie et leur impuissance face à des cas dont ils ne peuvent que soulager et non guérir.

J'ai été vite conquise par tous ces personnages de par leurs interactions, leurs personnalités et idéologies. Soljenitsyne glisse dans la peau de ses personnages et explore avec lucidité l'âme de ces patients qui se retrouvent dans des conditions de cohabitation rudimentaires. Les bruits du coeur transpercent.

Ce texte est tour à tour une charge émotionnelle mais non pas déprimante. La sensibilité de l'auteur permet de nous faire ressentir la désolation humaine sans tomber dans le "trop sombre". Soljenitsyne signe ici un roman captivant et profondément humain. A travers le passé de tous ces hommes, le lecteur est entraîné au coeur de la Russie.

Cela a été un grand moment de lecture. Il serait dommage de le manquer car c'est un chef d'oeuvre qui survit au temps parce qu'il lève le voile sur des thèmes humains et universels. Avec cet excellent récit vous serez emportés dans la lecture. Il n'y a pas d'efforts à faire, juste de tourner les pages. Ce livre s'inscrit au panthéon de mon top 10.

Note : 5/5
(Sereine)
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Quel plaisir de lire ces critiques! Effectivement, je crois qu'il s'agit là d'une des plus grandes oeuvres littéraires de l'histoire. Il faut le dire. Sans lui, le monde littéraire ne serait pas le même aujourd'hui.

Peut-être à cause de ce que devient son auteur, de la façon dont il vieillit (tellement mal...), ses plus grandes oeuvres (Pavillon des cancéreux, Une journée d'Ivan Denissovitch et La maison Matriona, en plus de l'inclassable Archipel du Goulag) n'ont pas aujourd'hui le statut qu'elles méritent.

Le pavillon des cancéreux est un mon livre de chevet. Celui qui m'a le plus marqué. Je crois que tout le monde devrait le lire. Kostoglotov est un personnage tellement humain, exceptionnel. A sa grande époque, l'auteur a fait preuve de génie, car il en fallait pour écrire pareil chef d'oeuvre. Lisez ce livre, relisez-le, encore et encore, et quand vous en aurez assez, refermez-le, fermez aussi les yeux et respirez un grand coup. C'est une histoire vraie, autobiographique... On peut pas mettre 6 sur 5?

Note : 5/5
(zepouille, 30 ans, France)
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Je ne sais trop comment parler de ce livre... pas facile de parler d'un chef-d'oeuvre, il y a tant à dire. Le mot chef-d'oeuvre ne doit surtout pas vous faire peur. C'est de la grande littérature oui, mais c'est aussi un roman qui se lit très très facilement et avec beaucoup de plaisir, j'avoue que j'ai été étonnée car je m'attendais à un récit rigoureux et plutôt hermétique, c'est loin d'être le cas.

Comme le titre l'indique l'histoire se déroule dans un hôpital pour cancéreux. On est en Russie orientale dans le milieu du vingtième siècle. On fait la connaissance de certains patients et membres du personnel. Alexandre Soljenitsyne nous parle de leur passé, leur présent et ainsi on fait le tour de ce qu'est l'URSSS. D'abord Paul Roussanov, un communiste convaincu, qui s'est élevé à force de dénonciations. Bien près de la mort, pourtant aucun remord, juste la peur qu'ils reviennent se venger... Oleg Kostoglotov, un relégué, relâché des camps, mais en exil pour l'éternité. Vera Gangart, médecin, son fiancé n'est pas revenu de la guerre. Et la voilà à vieillir seule, les hommes de sa génération soit qu'ils sont morts à la guerre soit qu'ils s'intéressent à des femmes plus jeunes. Le docteur Dontsova, la doyenne, qui a consacré sa vie à soigner les autres la voilà elle aussi atteinte du mal. Il y a tant de personnages que ce serait peine perdue de tous les énumérer et puis vous allez les découvrir vous-mêmes.

Alexandre Soljenitsyne ne porte pas de jugement, il raconte et ce avec une écriture moderne, précise, fluide, sans fioritures. Un roman qui malgré ses presque 800 pages peut se dévorer en quelques jours, ou bien on prend le temps de le savourer et de relire et souligner les nombreux passages qui nous parlent.

S'il y en un à lire pour découvrir ou approfondir sa connaissance de la littérature russe c'est probablement d'abord celui-ci.

Un extrait :

"Il se disait combien il était facile d'exciter le désir de l'homme et combien difficile de l'assouvir quand on l'avait excité. Le nombre d'années pendant lesquelles une tranche de pain noir avait été pour lui l'un des dons les plus grandioses de la terre! Il y a seulement un instant, il allait justement s'en acheter pour son petit déjeuner, et voilà que la fumée bleutée de la viande rôtie lui avait chatouillé les narines et qu'on lui avait donné une broche à ronger, et déjà il sentait monter en lui le dédain du pain."

Note : 5/5
(Mousseline)
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Je ne referai pas un résumé, car il y en a déjà de très bons plus haut dans la discussion. Comme ces autres critiques, j'ai moi aussi trouvé ce livre très bon. L'auteur met en scène de nombreux personnages variés, patients et médecins, et l'on découvre leurs évolutions ou leurs réactions face à la maladie et la mort. De plus, le livre nous permet d'être témoin d'une période de l'histoire de l'URSS souvent moins représentée : la déstalinisation des années cinquante. Le régime s'adoucissait légèrement et ceux qui profitaient pleinement de l'ancien régime devaient se tenir cois, car ils devenaient les nouveaux suspects.

Je ne donnerai toutefois pas une note parfaite, car j'ai trouvé le contenu souvent très technique, avec moults détails dans les descriptions des traitements. Je n'ai pas eu de difficulté à suivre, car ça touche mon domaine professionnel, mais sinon je crois que j'aurais eu de la difficulté à demeurer attentif lors de ces passages scientifiques.

Note : 4/5
(le réaliste-romantique)
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Russie, les années cinquante, nous nous retrouvons au pavillon des cancéreux. L'histoire de plusieurs personnages nous sera racontée. Des patients qui doivent faire face à la maladie et à la cohabitation avec d'autres qui sont dans le même état. Des médecins aussi qui cotoient la mort tous les jours et doivent souvent se résigner devant l'impuissance.

Ce livre est une belle leçon d'humanité en nous présentant le quotidien de tous ces gens qui vivent dans l'incertitude, la peur, la révolte. L'auteur aborde un thème difficile, sombre et pourtant la lecture n'en est pas lourde ou déprimante. Dès le départ, j'ai été touchée par cette galerie de personnages et je dévorais les pages. C'est un pavé qui se lit facilement. Par contre, plus j'avançais et plus j'y ai trouvé quelques longueurs. Certains chapitres m'ont paru moins intéressants. C'est pourquoi je n'ai pas aimé autant que certains.

Note : 3.5/5
(Cocotte)

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Le pavillon des cancéreux,
Une journée d'Ivan Denissovitch,
La maison de Matriona,
La Roue rouge : Premier Noeud - Août 14,
Le premier cercle

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