Le pavillon des cancéreux
(Pocket, 1980, 726 pages)
Le livre: Ce roman est partiellement auto-biographique. Au pavillon des cancereux, quelques hommes alités souffrent d'un mal que l'on dit
incurable. Roussanov et Kostoglorov ne se parlent pas. Pour l'un, haut fonctionnaire, la
réussite sociale vaut bien quelques concessions. Pour l'autre, seule compte la dignité
humaine. Pour ces êtres en sursis, mais aussi pour Zoé la naïve, Assia la
sensuelle, Vadim le passionné, c'est le sens même de la vie qui devient le
véritable enjeu de leur lutte contre la mort. Une oeuvre de vérité.
Mon opinion: A première vue, le livre semble austère, il est volumineux,
écrit par un auteur au nom à peine prononçable, pourtant c'est un
chef-d'oeuvre, un livre qui marque en profondeur.
Ce pavillon, anti-thèse de l'arche de Noé, entraîne ses occupants non vers
un monde nouveau, mais vers le destin final de l'homme: le néant.
Dans ces circonstances si difficiles, chacun se dévoile.
En toile de fond les façons de vivre et de penser en Union Soviétique dans les
années soixante.
Un livre sombre, mais où la grisaille est toujours défaite par une lumière
vive de force et d'espoir.
Magistral! un livre qu'il vous faudra lire, dans trois mois, trois ans ou trente ans...
Note : 5/5
(Nimbus)
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Le pavillon des cancéreux est un de ces livres qui se gravent à jamais dans la
mémoire. Soljenitsyne, dans ce roman, dépeint la vie quotidienne au pavillon des
cancéreux. Ces grands malades nagent dans un océan d'émotions
particulières à leur état: résignation, désolation
intérieure, révolte, espoir mais aussi le destin et le visage que prend leur vie
de tous les jours. Ce visage que l'auteur nous montre avec un tonifiant sens du concret que
finalement, face à la mort et la maladie tous les hommes sont égaux.
L'auteur émeut par son procédé littéraire qui démontre bien
la multiciplicité des destinées humaines mais leur unicité devant la
mort. Il nous livre des questions métaphysiques qui sont le thème des
débats de ces hommes atteint d'une maladie incurable sans que le récit soit trop
lourd ou sombre. Il nous entraîne aussi dans l'univers des médecins et
infirmières confrontés aux ravages de cette maladie et leur impuissance face
à des cas dont ils ne peuvent que soulager et non guérir.
J'ai été vite conquise par tous ces personnages de par leurs interactions, leurs
personnalités et idéologies. Soljenitsyne glisse dans la peau de ses personnages
et explore avec lucidité l'âme de ces patients qui se retrouvent dans des
conditions de cohabitation rudimentaires. Les bruits du coeur transpercent.
Ce texte est tour à tour une charge émotionnelle mais non pas déprimante.
La sensibilité de l'auteur permet de nous faire ressentir la désolation humaine
sans tomber dans le "trop sombre". Soljenitsyne signe ici un roman captivant et
profondément humain. A travers le passé de tous ces hommes, le lecteur est
entraîné au coeur de la Russie.
Cela a été un grand moment de lecture. Il serait dommage de le manquer car c'est
un chef d'oeuvre qui survit au temps parce qu'il lève le voile sur des thèmes
humains et universels. Avec cet excellent récit vous serez emportés dans la
lecture. Il n'y a pas d'efforts à faire, juste de tourner les pages. Ce livre
s'inscrit au panthéon de mon top 10.
Note : 5/5
(Sereine)
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Quel plaisir de lire ces critiques! Effectivement, je crois qu'il s'agit
là d'une des plus grandes oeuvres littéraires de l'histoire. Il
faut le dire. Sans lui, le monde littéraire ne serait pas le
même aujourd'hui.
Peut-être à cause de ce que devient son
auteur, de la façon dont il vieillit (tellement mal...), ses
plus grandes oeuvres (Pavillon des cancéreux, Une journée
d'Ivan Denissovitch et La maison Matriona, en plus de
l'inclassable Archipel du Goulag) n'ont pas aujourd'hui le statut qu'elles
méritent.
Le pavillon des cancéreux est un mon livre de chevet. Celui
qui m'a le plus marqué. Je crois que tout le monde devrait le lire.
Kostoglotov est un personnage tellement humain, exceptionnel. A
sa grande époque, l'auteur a fait preuve de génie, car il en fallait pour écrire
pareil chef d'oeuvre. Lisez ce livre, relisez-le, encore et encore, et quand
vous en aurez assez, refermez-le, fermez aussi les yeux et respirez un grand
coup. C'est une histoire vraie, autobiographique...
On peut pas mettre 6 sur 5?
Note : 5/5
(zepouille, 30 ans, France)
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Je ne sais trop comment parler de ce livre... pas facile de parler d'un
chef-d'oeuvre, il y a tant à dire. Le mot chef-d'oeuvre ne doit surtout pas
vous faire peur. C'est de la grande littérature oui, mais c'est aussi un
roman qui se lit très très facilement et avec beaucoup de plaisir,
j'avoue que j'ai été étonnée car je m'attendais à un
récit rigoureux et plutôt hermétique, c'est loin d'être le cas.
Comme le titre l'indique l'histoire se déroule dans un hôpital pour
cancéreux. On est en Russie orientale dans le milieu du vingtième
siècle. On fait la connaissance de certains patients et membres du
personnel. Alexandre Soljenitsyne nous parle de leur passé, leur
présent et ainsi on fait le tour de ce qu'est l'URSSS. D'abord
Paul Roussanov, un communiste convaincu, qui s'est élevé à
force de dénonciations. Bien près de la mort, pourtant aucun remord,
juste la peur qu'ils reviennent se venger... Oleg Kostoglotov, un
relégué, relâché des camps, mais en exil pour
l'éternité. Vera Gangart, médecin, son fiancé n'est pas
revenu de la guerre. Et la voilà à vieillir seule, les hommes de sa
génération soit qu'ils sont morts à la guerre
soit qu'ils s'intéressent à des femmes plus jeunes. Le docteur
Dontsova, la doyenne, qui a consacré sa vie à soigner les autres la
voilà elle aussi atteinte du mal.
Il y a tant de personnages que ce serait peine perdue de tous les énumérer et puis
vous allez les découvrir vous-mêmes.
Alexandre Soljenitsyne ne porte pas de jugement, il raconte et ce avec une écriture
moderne, précise, fluide, sans fioritures. Un roman qui malgré ses presque 800 pages
peut se dévorer en quelques jours, ou bien on prend le temps de le savourer et de relire
et souligner les nombreux passages qui nous parlent.
S'il y en un à lire pour découvrir ou approfondir sa connaissance de la
littérature russe c'est probablement d'abord celui-ci.
Un extrait :
"Il se disait combien il était facile d'exciter le désir de l'homme et combien
difficile de l'assouvir quand on l'avait excité. Le nombre d'années pendant lesquelles
une tranche de pain noir avait été pour lui l'un des dons les plus grandioses de la
terre! Il y a seulement un instant, il allait justement s'en acheter pour son petit
déjeuner, et voilà que la fumée bleutée de la viande rôtie lui avait chatouillé les
narines et qu'on lui avait donné une broche à ronger, et déjà il sentait monter en lui
le dédain du pain."
Note : 5/5
(Mousseline)
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Je ne referai pas un résumé, car il y en a déjà de
très bons plus haut dans la discussion. Comme ces autres critiques, j'ai moi
aussi trouvé ce livre très bon. L'auteur met en scène de
nombreux personnages variés, patients et médecins, et l'on
découvre leurs évolutions ou leurs réactions face à la
maladie et la mort. De plus, le livre nous permet d'être témoin d'une
période de l'histoire de l'URSS souvent moins représentée : la
déstalinisation des années cinquante. Le régime s'adoucissait
légèrement et ceux qui profitaient pleinement de l'ancien
régime devaient se tenir cois, car ils devenaient les nouveaux suspects.
Je ne donnerai toutefois pas une note parfaite, car j'ai trouvé le contenu
souvent très technique, avec moults détails dans les descriptions des
traitements. Je n'ai pas eu de difficulté à suivre, car ça
touche mon domaine professionnel, mais sinon je crois que j'aurais eu de la
difficulté à demeurer attentif lors de ces passages scientifiques.
Note : 4/5
(le réaliste-romantique)
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Russie, les années cinquante, nous nous retrouvons au pavillon des
cancéreux. L'histoire de plusieurs personnages nous sera racontée.
Des patients qui doivent faire face à la maladie et à la cohabitation
avec d'autres qui sont dans le même état. Des médecins aussi
qui cotoient la mort tous les jours et doivent souvent se résigner devant
l'impuissance.
Ce livre est une belle leçon d'humanité en nous présentant le
quotidien de tous ces gens qui vivent dans l'incertitude, la peur, la
révolte. L'auteur aborde un thème difficile, sombre et pourtant la
lecture n'en est pas lourde ou déprimante. Dès le départ, j'ai
été touchée par cette galerie de personnages et je
dévorais les pages. C'est un pavé qui se lit facilement. Par contre,
plus j'avançais et plus j'y ai trouvé quelques longueurs. Certains
chapitres m'ont paru moins intéressants. C'est pourquoi je n'ai pas
aimé autant que certains.
Note : 3.5/5
(Cocotte)
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