Lorsque j'étais une oeuvre d'art
(L.G.F./Le livre de poche, 2004, 252 pages)
Malheureux de passer inaperçu depuis son adolescence, un homme se rend au pied d'une
falaise pour s'y suicider. Alors qu'il allait se jeter dans le vide, un artiste excentrique
lui propose de devenir une oeuvre d'art en échange de son humanité.
Pour exister dans le regard des autres, ce dernier ne devient pas seulement une bête de
cirque, il se transforme littéralement en objet. Un objet, une oeuvre d'art
convoitée et admirée par la planète entière!
J'ai vu dans ce roman un peu fou une terrible critique sociale. Une pensée toute
spéciale m'a traversé l'esprit pour le pauvre Michael Jackson et pour toutes ces
stars d'Hollywood siliconées.
Vaut-il mieux devenir un objet désiré ou demeurer un homme "ordinaire" mais
libre d'aimer et d'agir? Schmitt se demande, vers la fin du roman, où est la limite
entre l'humanité et l'oeuvre d’art. Je serais tentée d'établir un parallèle
avec ces artistes devenus de véritables produits culturels. Perdent-ils leur humanité,
leur âme? Où est la limite à ne pas franchir?
Note : 4.5/5
(Lafillasse)
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Le début a mis du temps à m'accrocher mais j'ai fini par le lire d'une traite.
L'histoire est attachante et permet de croiser des réflexions sur ce qu'est l'art, le
marché de l'art, la bêtise et le snobisme inculte (qui désigne pour art ce
qui fait mouvement et médias), la manipulation, la vanité, la condition humaine,
l'interprétation de sa vie par l'homme et son aveuglement à lui-même.
Tazio le héros, dont on n'a jamais vraiment de description, nous offre son point de vue
sur sa vie de raté et il réussit à nous convaincre. Un des intérêts
du livre est de découvrir en même temps que lui le pan de sa vie qu'il ne voyait
pas (à quel point on peut se tromper, se faire du mal...) et qui a entraîné
sa chute, sa déshumanisation.
Sans tomber dans la plaidoirie facile sur ce qui différencie un homme d'un objet,
l'auteur parvient à semer quelques graines qui prêtent à penser. Et puis il
y a quelques bien jolies phrases: "Puisque les gens assimilent ce dont on parle à ce qui
vaut, il fait parler de lui pour qu'on ne doute plus de sa valeur". "La gloire va mieux aux
morts, c'est un vêtement d'emprunt, elle rend les vivants ridicules". "Ce matin, pour la
première fois, j'avais l'impression d'avoir mon rôle, moi aussi. Des êtres
avaient besoin de moi, des vivants comme des morts. Qu'ai-je d'irremplaçable? Ça.
Mes pensées. Mes soucis. Mes attachements. Mes amours".
C'est un livre qui m'a fait du bien.
Note : 4.5/5
(Grenouille)
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Une réflexion sur la célébrité, la condition humaine,
la beauté, l'intérêt de la vie... et un happy end très
moral. On y retrouve des phrases chocs sur lesquelles on peut disserter des heures
entières, des situations cocasses, d'autres émouvantes... Un bon
livre mais qui n'a pas su me séduire autant que les autres que j'ai lus du
même auteur...
Note : 3.5/5
(Doriane)
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Ce livre reprend les thèmes de la littérature fantastique
romantique :
Perte ou altération de l'identité d'E.T.A. Hoffmann et de
Théophile Gautier. Homme qui cherche à jouer le bon dieu, comme dans
cette vielle légende juive du Golem reprise par Gustav Meyring au
XIXème (période romantique). On y retrouve également des traces
du Frankenstein de Mary Shelley repris, comme on le sait, par de nombreux
cinéastes.
Eric-Emmanuel Schmitt reprend certes tous ces thèmes, à la sauce
contemporaine mais d'une plume toujours aussi souple et agréable. L'auteur
nous offre ainsi une réflexion très intéressante sur
l'humanité, l'art, l'argent... "Lorsque j'étais une oeuvre d'art" a le
don de happer le lecteur, mais aussi de gêner, de déranger, bien qu'on
ait parfois envie de refermer, on se laisse prendre par cette histoire haletante!
Il existe en allemand un adjectif pour cette sensation : "Unheimlich".
Note : 4/5
(Catzoe5)
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J'ai lu ce livre il y a quelques années, et j'ai aimé moi aussi. J'ai particulièrement
apprécié le personnage principal, avec ses doutes et sa naïveté. Je suis d'accord avec
Catzoe, ce livre a le don de happer le lecteur! Un seul regret, la fin un peu trop prévisible.
Note : 3,5/5
(Marmotton)
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J'avais déjà exploré la plume d'Éric-Emmanuel Schmitt avec "La part de l'autre" et
j'en avais été totalement conquise. Avec "Lorsque j'étais une oeuvre d'art", cet auteur vient
de se glisser dans ma liste d'auteurs dont je veux lire toute la bibliographie!
L'écriture est fluide, les mots sont recherchés sans être lourds, l'humour est omniprésent.
Le sujet, soit le droit à la liberté et la conscience malgré son statut d'objet ou d'oeuvre d'art, est
obsédant, quelques fois dérangeant mais on ne peut pas refermer le livre sans savoir jusqu'où cette
histoire peut aller. Ce genre de récit est totalement non conventionnel il est alors difficile de deviner
où peut bien nous mener l'auteur. Par contre, moi aussi je pense que les toutes dernières pages
étaient un peu trop faciles mais que ça n'enlève rien à la démarche du livre.
Note : 4,5/5
(Philcabzi5)
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Sartre a écrit un roman philosophique avec "Les jeux sont faits", Eric-Emmanuel Schmitt a fait pareil
avec "Lorsque j'étais une oeuvre d'art". Dès le début j'ai senti cette dimension
philosophique que j'ai bien appréciée. Mais j'ai trouvé plus fascinant encore la force
scénique de ses descriptions et la rapide construction du récit.
Le genre un peu burlesque des événements va bien pour un tel récit : l'exagération
fait bien rentrer les multiples idées implicites qui vous incitent à réfléchir sans
gâter le plaisir de la lecture. La conception du roman est originale et il reste dans les limites du possible. Le happy end contraste bien avec
le début et est utile pour accentuer sa philosophie, sa morale, mais est malgré cela sans
originalité.
Ce livre pas superficiel du tout est un plaisir à lire. Nonobstant ces remarques critiques,
un coup de coeur pour moi.
Note : 5/5
(Gallomaniac)
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