Manuel de peinture et de calligraphie (Seuil/Points, 2002, 268 pages)
Malheureusement la présentation des livres de Saramago est rebutante: pas de
paragraphes, écriture dense, et j'avoue à ma honte, que ça me
"défrise"!
H, le peintre, a mauvaise conscience: sans doute fait-il les portraits de la grande bourgeoisie,
mais il se sait mauvais peintre. Aussi, en parallèle avec le portrait officiel de
l'industriel S, essaie-t-il, pour lui-même, de faire un deuxième portrait, moins
académique. Echec. Il tente alors de trouver sa voie/x personnelle dans une
écriture qui serait une forme d'autobiographie, si au moins il réussissait à
trouver son identité et son ton propre.
Il y a dans ce début de roman de petites comédies mondaines savoureuses, mais qui
montrent l'impossibilité de H à découvrir la personnalité d'autrui,
qu'il s'agisse de ses modèles-clients ou de ses amis personnels.
Par la suite, les exercices d'écriture de H sont maladroits, et les voyages artistiques
relatés ont un côté guide michelin qui hérisse. Le lecteur doit
persévérer car l'écriture malhabile débouchera sans doute sur la
calligraphie, cette union du mot et du dessin qui touche l'essence de l'être.
Effectivement une circonstance extérieure inattendue va épanouir les recherches
artistiques et personnelles de H, lui permettant de "soulever le couvercle" du monde clos dans
lequel il avait vécu trop longtemps confiné.
Le propos du livre apparait alors clairement H accouche de lui-même (d'où les
allusions à Socrate), découvre autrui et la société toute entière.
Note : 4.25/5
(Tribouille)
|