L'Aveuglement (Seuil/Points, 2000, 365 pages)
Suite à une épidémie, les gens deviennent aveugles les uns à la
suite des autres. Les premiers d'entre eux, soit près de 300 personnes, seront mis
en quarantaine dans un asile désaffecté. On suit particulièrement sept
de ces personnes: le médecin, la femme du médecin, le garçon louchon,
la jeune fille aux verres teintés, le vieil homme au bandeau, le premier aveugle, la
femme du premier aveugle. L'auteur n'a pas donné de prénoms à ses personnages
peut-être qu'il voulait démontrer par là que l'être humain est un
anonyme parmi les autres anonymes. José Saramago analyse la Société à
partir de cette microsociété qu'il a créée. C'est à
l'échelle du monde, avec ses problèmes d'organisation et les différents
comportements des membres qui la composent, y'a des gentils, y'a des méchants.
Au bout de 200 pages, enfin, tout le monde sort de l'asile. Nos sept anonymes retrouvent leur ville et leur maison, du moins ce qu'il en reste.
L'auteur démontre sans aucun doute que l'Homme mis dans un certain contexte peut en arriver à
se conduire comme un animal. Juste pour ça on peut dire que José Saramago a
écrit un roman très génial qui prouve que n'importe quel être humain
ou presque peut devenir un animal, un crotté, un tueur...
Il montre aussi comment l'Homme lorsqu'il croit que personne ne le voit, fait des gestes qu'il
ne ferait pas autrement (mais ça on n'a pas besoin de lire ce livre pour le savoir),
il chie n'importe où, il ne se lave pas... serait-ce
que notre manière d'agir est dictée par les apparences?
C'est un roman intelligent, original mais ce n'est pas un roman agréable.
Un roman qui amène à se poser des questions, à jeter un regard sur la
société mais ça bien d'autres livres le font et avec un style davantage
plaisant. Je reconnais l'imagination et l'intelligence de l'auteur mais je reconnais aussi tous
les défauts de ce roman. Il y a des longueurs, du
bla-bla sans intérêt et puis l'auteur revient toujours sur les mêmes choses
comme entre autres... le caca! Sans compter que le texte est tout ramassé
en un seul bloc ça rend la lecture désagréable, j'imagine que l'auteur voulait
aveugler les lecteurs.
Voici un court extrait que j'ai bien aimé, d'ailleurs José Saramago a souvent des
paroles très inspirantes :
"Si avant chaque acte nous nous mettions à y réfléchir sérieusement,
à en prévoir toutes les conséquences, d'abord les conséquences
immédiates, puis les conséquences probables, puis les conséquences éventuelles,
puis les conséquences imaginables, nous n'arriverions jamais à bouger de l'endroit
où la première pensée nous aurait cloués sur place."
Bref, un livre que j'ai aimé par bout mais que j'ai trouvé souvent très
ennuyeux, répétitif. Faudrait lui enlever un bon cent pages et là je crois
que ça serait très bien.
Note : 3/5
(Mousseline)
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Waou! Quel livre! J'ai adoré ce livre qui m'a fait penser au mouvement surréaliste.
José Saramago nous dépeint la face cachée de l'humain dans tout son
égoïsme, sa méchanceté, sa veulerie et sa cruauté.
L'homme réduit à rien ou presque sans la vue, sens ô combien primordiale!
Mais malheureusement, même en ayant la faculté de voir, l'humain ne voit pas, il
ne voit pas avec son coeur, avec sa conscience. Il ne voit pas tout ce qu'il détruit,
saccage et humilie, ou du moins il ne veut pas le voir.
J'ai ressenti ce livre comme si l'auteur avait regardé un échantillon de la
population humaine avec une loupe démultipliant à la puissance 1000 tout son
côté noir.
Note : 5/5
(Philaera)
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J'avoue que c'est un livre qui me laisse perplexe...
Un homme devient aveugle en pleine rue - ce sera le premier d'une longue série puisque
tous les habitants de la ville et probablement même du pays seront atteints de la
même "maladie". Au début, afin de stopper ce qui semble être un mal
contagieux et pour éviter l'épidémie, les autorités envoient les
premiers aveugles dans un ancien hôpital psychiatrique - on leur promet de les nourrir
et de leur donner de quoi se laver et tenir les lieux propres mais ça devient vite
l'horreur et la catastrophe, manque de nourriture, conditions hygiéniques
inadéquates et, évidemment, la présence de personnages à l'esprit
mal tourné.
Les aveugles sont divisés selon les dortoirs qu'ils habitent, dans le premier dortoir
on retrouve les premiers aveugles, mais aussi la "femme du docteur" qui n'est pas aveugle.
Bon tout ça tournera mal, il y a aura des morts, un incendie et le premier groupe
d'aveugles finira par s'en sortir - ils devront, avec l'aide de la femme du docteur, essayer
de survivre à leur sort en trouvant de la nourriture et en vivant dans une ville où
plus personne ne sait trouver sa maison et où il n'y a ni eau ni électricité.
Je ne sais pas quoi en penser - certains moments du livre m'ont plu énormément et
d'autres m'ont paru interminables et invraisemblables.
En terminant le livre j'ai essayé de m'imaginer que tous les habitants d'une ville
soient affligés du même mal, une épidémie terrible qui rendrait
tout le monde malade, c'est terrible de penser à cela et c'est très actuel dans
ce monde où nous vivons et où la menace terroriste est plus présente
que jamais.
Pour moi, ce livre est rempli d'extrêmes, le personnage de la femme du docteur qui
s'oublie complètement pour se mettre au service des aveugles qui l'entourent et les
"méchants" qui prennent le contrôle de l'hôpital et qui font ce qu'ils
veulent, quant aux aveugles, on les sent passifs, déboussolés par ce qui leur
arrive et complètement à la merci des autres.
L'écriture de Saramago est assez particulière - de longs paragraphes dans
lesquels sont inclus les dialogues et les réflexions des personnages. Des majuscules
et de la ponctuation n'importe où (c'est mon humble opinion) rendent la lecture
assez "difficile" au début. C'est aussi le genre d'écriture qui se lit assez
bien en diagonale (j'avoue que je me suis laissée tenter).
Je vais quand même donner la note de 3.75/5 - ce n'est quand même pas un mauvais
livre mais je trouve quand même que c'est un peu "gros"...
Note : 3.75/5
(Lagrande)
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C'est un roman que j'ai beaucoup apprécié, d'abord par la peinture que fait
l'auteur de la déshumanisation, en commençant par leurs noms qui ne sont jamais
mentionnés, chaque personne est appelée par ce qui la caractérise : Le
garçon louchon, le médecin, le premier aveugle, etc... Ce qui fait que cela
pourrait être n'importe qui, les noms dans ces circonstances n'ont que peu d'importance.
Puis ils sont dépouillés de leurs biens, puis de leur dignité.
Dans les circonstances extrêmes chacun se révèle tel qu'il est en
réalité, et c'est sans doute ce que cherche, selon moi à montrer José
Saramago, qui sommes-nous par delà les apparences du visible, dans une société
où tout est basé sur l'image que l'on donne de soi?
Peut-être peut-on voir "L'aveuglement" comme la description d'une société
très éloignée de l'essence des choses, qui en perdant la vue, parvient
à voir ce qui fait réellement son humanisme. Peut-être un rappel à
l'ordre de Dieu?
Par contre, la traduction m'a semblé très mauvaise. Je ne parle pas portugais,
mais à force de l'entendre parler, j'ai assimilé quelques dictons et expressions
courantes qui sont traduits mot à mot.
Note : 4.5/5
(Margote)
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J'ai vraiment vraiment apprécié cette lecture. Au début, je n'étais
pas trop certaine, l'écriture sans ponctuation me semblait un peu difficile à
suivre, mais je m'y suis habituée et je l'ai même appréciée. J'ai
pensé à plein de choses en lisant ce livre : au début je pensais que
l'histoire allait être une genre de variation sur le thème de 6 degrés de
séparation (avec 6 personnes, on connaît le monde entier), mais c'était
beaucoup plus. Ça m'a aussi fait penser au "Fléau" de Stephen King, mais en plus
obscure (oui oui, plus noir qu'un Stephen King), c'est-à-dire qu'on ne sait pas pourquoi
l'épidémie de cécité commence et on ne sait pas pourquoi elle
finit. On ne sait rien et ça pourrait tout aussi bien recommencer n'importe quand.
J'ai aussi pensé qu'en prenant un petit groupe, peu importe lequel, n'importe où,
qu'il soit enfermé ou non, on y retrouve de tout : il forme une
mini-société : il y a les bons et les méchants, les peureux et les braves,
ceux qui se plaignent et ceux qui endurent, etc. Un peu comme dans notre quotidien : nos
collègues au travail, nos voisins, notre centre sportif et même notre club de
lecture ici-même! Évidemment, nous ne sommes pas mis à l'épreuve comme les
personnages du livre, mais l'idée est là.
J'ai aussi retenu du livre plusieurs extraits qui m'ont frappée et ça m'arrive
très peu fréquemment de pouvoir tirer des citations ou extraits des livres que je
lis. Voici ceux qui m'ont touchée, peut-être les avez-vous déjà
relevés vous-mêmes:
"La femme du médecin dit à son mari, Le monde est tout entier
ici." (p.98)
"Et quand donc est-il nécessaire de tuer, se demanda-t-elle en se dirigeant vers le
vestibule, et elle se répondit à elle-même, Quand ce qui est encore vivant
est mort." (p.182)
"Certains mourront plus vite si nous allons là-bas, dit le premier aveugle, Celui qui
va mourir est déjà mort mais il ne le sait pas..." (p.190)
"Peut-être que mes parents sont parmi ces morts, dit la jeune fille aux lunettes
teintées, et je passe à côté d'eux sans les voir, C'est une vieille
habitude de l'humanité que de passer à côté des morts sans les voir,
dit la femme du médecin." (p.277)
"Je pense que nous ne sommes pas devenus aveugles, je pense que nous étions aveugles,
Des aveugles qui voient, Des aveugles qui, voyant, ne voient pas." (p.303)
La seule chose du roman que j'ai un peu moins aimé est les très fréquentes
descriptions des lieux et des gens souillés. J'avais très bien compris le message
les deux ou trois premières fois! Les descriptions étaient un peu trop
fréquentes selon moi.
Je me posais aussi une question concernant la femme du docteur : pourquoi n'est-elle pas
affectée? Il n'y a probablement pas de réponse, comme il n'y a pas de raison
pour l'épidémie et la fin de cette dernière, mais je trouvais
intéressant d'y réfléchir. Est-ce qu'il y avait quelque chose de
particulier chez elle ou bien était-ce le pur hasard?
Enfin, c'est quand même un 5/5 parce qu'en plus de m'avoir fait passer un excellent
moment, il me donne envie d'aller lire tout ce que Saramago a écrit.
Note : 5/5
(Mélodie)
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Je reconnais qu'il ne m'est pas facile de donner une note: il y a des choses que j'ai bien
aimées et d'autres beaucoup moins!
J'ai reçu le message comme une parabole, ou une allégorie, moralisatrice ou
philosophique si l'on préfère. Le thème est fort, et bien exploité,
presque surexploité: un dysfonctionnement et l'humanité vascille, la dignité
s'évapore, l'important est de s'alimenter et de gérer correctement les excréments.
Dans la misère chacun se révèle, mais le théme n'est pas nouveau!
Je n'ai pas aimé la mise en forme du texte: pas de passage à la ligne, aucune
respiration visuelle! que des blocs où les dialogues sont noyés, et où
chaque phrase cherche sa fin! Un texte étouffant, étonnant au début mais
finalement lassant et fatiguant. J'imagine bien que tout cela est souhaité, mais
ça m'a privé du plaisir de lire.
Probable que je suis ringard!
Note : 2.5/5
(Nimbus)
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J'ai fini ce livre car je me sentais obligée car il était le livre du mois et
c'est peut-être une bonne chose.
Je suis très perplexe, autant il donne à réfléchir sur la vision du
monde et de son organisation autant (je suis peut-être très sensible) un certain
nombre de pages m'ont heurtée par leur violence. Et j'ai trouvé des longueurs et
donc de l'ennui.
Un style un peu fouilli, qui ne se lit pas d'une traite dans lequel on plonge, dénué
de poésie. Néanmoins à l'intérieur beaucoup de chaleur humaine
entre certains personnages donc c'est vraiment un livre où je ne peux pas dire j'aime
ou je n'aime pas, ce qui est sûr c'est que ce n'est pas un livre qui détend.
Je me suis posée la même question que Mélodie. Pourquoi la femme voyait?
Alors en âme candide que je suis peut-être que tant qu'elle était humble et
soumise elle était pure et...
Note : 2.5/5
(Goélande)
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Je pourrais mettre une bonne grosse note juteuse et vous parlez du climat du roman. On peut
presque sentir la puanteur. Je pourrais aussi parler du fait que l'auteur sait maintenir ce
climat, qu'il ramène l'homme à la bête, qu'il montre jusqu'où
l'humain peut descendre dans son inhumanité de façon assez remarquable (notez le
assez avant le remarquable SVP. C'est moins que remarquanble mais plus que bien).
Mais ce serait contraire à mon habitude de noter les livres selon mon coeur.
Ma note sera donc de 1.5/5
Parce que ce qui reste de ce roman quand on le ferme c'est qu'on ne peut plus regarder une
crotte de chien dans la rue de la même façon qu'avant. On est heureux de toujours
trouver du papier de toilette à côté du bol et de pouvoir flusher les
excréments au loin. C'est bien maigre comme résiduel de lecture!
Parce qu'on n'a pas besoin de lire un livre pour savoir que l'homme peut ressembler à la
bête, on peut regarder les infos pour ça.
Parce qu'on sait qu'il y aura toujours des victimes et des persécuteurs, rien de nouveau
sous le soleil.
Parce que l'écriture sans aération me fait suffoquer et que le style "je vous
rapporte les faits" est sans émotion palpable.
Le 1.5 est pour la réflexion sur la dépendance de l'homme à tout ce qui
l'entoure.
Note : 1.5/5
(Pico)
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J'ai lu vos critiques et ce qui ressort c'est l'état de perplexité dans lequel ce
livre vous a laissé. Idem. J'ai aimé et abhorré à la fois.
Étrange sentiment alors que je lisais sans pouvoir m'arrêter tout en étant
parfois à la limite de l'écoeurement.
Ce qui m'a plu a fini par me déplaire, et ce qui me déplaisait m'a finalement
séduite.
Entre autres, le style d'écriture. Un peu comme s'il s'agissait d'écriture
automatique: une ponctuation aléatoire, des dialogues qu'on peut suivre uniquement
grâce à la majuscule. J'ai détesté au début et j'ai fini par
trouver que ça donnait un certain rythme.
Les personnages qui se distinguent par leur description. Aucun nom. Je sais plus trop si
ça m'a plu ou non.
J'ai trouvé qu'il avait des phrases "coup de poing". Mais il y avait aussi des phrases d'une
banalité à faire pleurer.
C'est noir à souhait. Je retrouvais là-dedans Kafka et aussi un peu de
l'atmosphère de "1984" de Georges Orwell. Un pessimisme transcendant.
Chose certaine, je ne recommanderais pas ce livre à n'importe qui. Il faut être
dans un "mood" de Kamikaze littéraire pour s'engager dans cette lecture.
D'un intérêt littéraire certain puisque cela surprend. Et à plus
d'un niveau.
Pour ma part, je l'ai lu avec plaisir: plaisir de découvrir, d'explorer, de sentir
l'innovation. Mais c'est pas jojo.
Note : 4/5
(Boogok)
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