Le Dieu des petits riens (Pocket, 2003, 126 pages)
Cela se passe en Inde à la fin des années 60. C'est l'histoire de Rahel qui à
31 ans revient vers sa maison d'enfance, 23 ans après "l'événement", revoir
son frère jumeau Esthna qui ne parle plus mais dont elle entend les cris et bousculades
du monde qu'il a en tête.
Dès le départ un drame terrible est pressenti. Mais ce n'est qu'au fil des
souvenirs de Rahel qu'on finira par comprendre ce drame qui modifiera à jamais leur
existence. Au coeur de l'intrigue, les castes, les rapports hommes/femmes, la famille, la
tradition confrontée à la réalité. Les femmes de la narration sont
hors du cliché indien, elles forment un groupe extrêmement assertif et énergétique.
Un roman avec des aller-retour dans le temps, plein de vie, de profondeur, d'amour et de
tristesse.
Je n'ai que des éloges pour ce magnifique roman. L'auteur apporte une contribution
originale à ce livre par son portrait d'enfants, pénétrant leurs pensées
sans les sentimentaliser mais révèle leur ardente passion et terreur qui les
habitent et qui presque les détruisent. Sa plume est d'une originalité splendide avec
ses jeux de mots, sa poésie, ses subtiles métaphores et ses comparaisons qui
surprennent.
Une lecture hors de l'ordinaire. Gagnant du Booker Prize 1997. Je vous le suggère vivement.
Note : 4.5/5
(Sereine)
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C'est l'histoire d'une famille indienne. Une grand-mère, une grand-tante méchante,
Ammu la mère des jumeaux. Ammu la divorcée, l'indésirable. Chocko, le
frère d'Ammu, le préféré de sa mère. Velutha, un
intouchable, qui sera au coeur du drame qui détruira cette famille à jamais. Un drame qu'on devine dès le début du livre et qui se dévoile peu à peu.
L'auteure est très stylisée et on ressent son origine indienne. Enfin un vrai
roman indien, bien autre chose qu'un auteur occidental qui écrit sur l'Inde et ses
misères sociales. Ici c'est un roman, un vrai roman, où la dimension psychologique
prend une très grande place, c'est ce qui prime en fait et avec les personnages on
découvre la culture et les traditions indiennes mais ce n'est pas le but premier de
l'auteur et c'est ça qui est génial.
De très très beaux personnages, l'auteure va jusqu'au fond de leurs
eux-mêmes.
Ce roman m'a fait penser à "Le souffle de l'harmattan" de Sylvain Trudel pour
l'habileté qu'a Arundhati Roy de se mettre dans la tête d'un enfant, dans son
monde bien à lui.
Un livre que je vous suggère très très fortement! En tout cas moi j'ai
beaucoup, beaucoup aimé.
Note : 4.5/5
(Mousseline)
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Résumé : Il y a les jumeaux Rahel (la fille) et Estha (le garçon) et leur
mère Ammu divorcée, revenue vivre avec ses enfants dans sa famille à
Ayamemen auprès de Mammachi (la grand-mère), Baby Kochamma (la tante) et Chacko
(l'oncle). Et il y a Velutha l'intouchable le meilleur ami des jumeaux. Et voilà que
l'ex-femme de Chacko et leur fille Sophie Mol arrive de Londres. Les personnages sont en place,
le drame peut commencer...
Mon avis : Difficile d'entrer dans ce livre. Au début, on se perd un peu entre les
personnages, les allers et retours entre présent et passé. Mieux vaut aussi
connaître un peu le système des castes en Inde si on ne veut pas être
dépassé par les évènements. Et puis mine de rien, l'auteur nous
amène avec elle dans l'histoire et on accroche vraiment.
Ce que je retiens le plus de ma lecture, c'est l'incroyable richesse et qualité des
descriptions (très minutieuses), la manipulation très poétique du langage
et des mots: "Dans le jardin d'ornement à l'abandon, Rahel sous l'oeil des nains
indolents et de l'angelot esseulé s'accroupit à côté de la mare
stagnante et regarda les crapauds sauter d'une pierre fangeuse à une autre. Qu'ils
étaient beaux dans leur laideur! Coassant, couverts de vase et de verrues. Prisonniers
de cette carapace, des princes se languissaient d'un baiser". (chap.9/ p.253) Est-ce que ce
n'est pas inventif ça?
En même temps, l'auteur maîtrise à la perfection l'art de tout dire sans rien
montrer. La scène entre Estha et l'homme Orangeade-Citronnade au cinéma est un
grand moment de tension fort bien amené. Le lecteur comprend tout, voit tout et pourtant
rien n'est réellement explicitement dit ou montré, tout est suggéré.
Et cela rejoint une réflexion plusieurs fois reprise dans le livre: "On ne dit que les
Petites Choses. Les Grandes tapies à l'intérieur restèrent inexprimées."
Néanmoins, l'écriture et l'intrigue étant très travaillées,
c'est un livre qui demande beaucoup de concentration si on veut pouvoir suivre l'histoire. Ce
livre est à lire deux fois, une fois pour bien comprendre l'intrigue et la seconde pour
se bercer de poésie. Enfin, si vous voulez savoir qui est ce fameux Dieu des petits
riens, lisez-le!
Note : 4/5
(Chimère)
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J'avoue tout, je l'ai lu il y a longtemps, l'histoire est un peu partie de ma tête
mais... je me souviens de mes sensations en le lisant, au début, j'avais du mal, j'avais
envie d'arrêter, je pensais que je ne rentrais pas dedans... ce qui était faux
vu que je l'ai continué. :)
L'auteur nous fait vraiment entrer dans la vie, le milieu de ses personnages. Je me souviens
avoir eu du mal au début aussi à cause de ses longuesssssss descriptions des
choses mais cela aide à entrer réellement dans le monde de ses personnages.
Je me souviens avoir aimé ce livre, et je sais que je le relirai un de ces jours...
Note : 4/5
(Sandrine)
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En fait, je ne sais pas trop quoi dire sur ce livre. Je l'ai aimé, et en même
temps, pas trop. Je suis allée au bout sans trop de difficulté. J'ai trouvé
certains passages très beaux et en même temps, empreints d'une dure réalité.
Le problème, c'est que je n'ai pas vraiment aimé, ce sont les sauts permanents dans le temps,
et aussi le fait que je me suis un peu mélangée les pinceaux dans les
personnages secondaires. Je trouve qu'il y a une sorte de flou artistique qui balaie tout le
livre.
Je n'aurais certainement pas lu ce livre s'il n'avait pas été le livre du mois,
mais je ne regrette pas de l'avoir lu. En revanche, je ne pense pas que je le relirai.
Note : 2.5/5
(Naurore)
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C'est un livre qui m'a à la fois plu et déplu... j'ai connu des moments de
lecture intenses où j'étais complètement prise par l'histoire pour, le
chapitre suivant, me désintéresser complètement. J'ai dû, à
quelques reprises, retourner en arrière afin de comprendre ce que j'avais manqué
ou pas compris, c'est le genre de choses qui m'agace toujours un peu dans les livres.
Néanmoins, j'ai beaucoup apprécié l'histoire avec Estha et Rahel - surtout
à partir du moment où j'ai arrêté de me demander qui est qui! Ces
deux enfants, jumeaux, très près l'un de l'autre m'ont beaucoup plu. Leurs
réflexions, leurs jeux, le monde qu'ils s'inventent... tout ça est très
bon. J'ai adoré Ammu, leur mère, une femme marginale quand même, une femme
qui aurait pu vivre la vie qu'elle aurait voulu vivre, sans se faire regarder ni pointer du
doigt, si elle était née dans un autre pays que l'Inde. Une femme qui dit les
choses comme elles sont sans trop se soucier des commentaires de sa mère, de son
frère et de sa grand-mère.
Peut-être n'étais-je pas assez concentrée? C'est un livre et une histoire
qui demande qu'on s'y consacre entièrement, un livre où l'intrigue se
déroule tout en douceur et en chuchotement, un moment d'inattention et on se sent perdu!
Mais ça reste un beau livre par sa merveilleuse écriture. Eh oui... en anglais
c'est très bien écrit aussi!
Note : 3.75/5
(Lagrande)
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Hum... Je suis très très mais très perplexe!
J'ai aimé et j'ai détesté. L'histoire est triste, je l'accorde. La description
des personnages est remarquable. On goûte, on sent et on vit chaque moment. Cette auteure
est très poétique.
J'ai détesté parce qu'on s'y perd rapidement. J'ai eu de longs soupirs et je
devais souvent arrêter ma lecture tellement j'étais perdue. Et en plus les
allers-retours passé-présent qui n'arrête pas du début jusqu'à
la fin, je n'aime pas. Cela m'a vraiment agacée, comme si je disais: "Ah oui, j'avais
oublié de dire ça..."
De plus, on connaît le "punch" dès le début et le livre n'est que la
très longue description des évènements qui y mène. Ce qui m'agace
ce n'est pas le fait de savoir le pourquoi, mais plutôt les innombrables fois où
l'auteure en fait mention avant la fin.
D'après moi, elle aurait dû enlever du temps de description, et l'oeuvre n'aurait
pu que mieux s'en porter.
Cependant, je ne peux lui enlever la mélodie des mots. C'est tellement beau! Mais
tellement fatiguant à la fois.
Je crois aussi que la dernière partie où Ammu et Velutha font l'amour, c'est
épatant! Simple, beau, romantique, primaire, érotique...
Je donne un 3.5/5 pour la belle mélodie. Mais la complexité de l'écriture
n'aide pas à s'accrocher au roman, c'est vraiment dommage.
Note : 3.5/5
(Miss Mymy)
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La lecture de ce livre m'a laissée perplexe, mais dans l'ensemble je n'ai pas
aimé. J'ai eu de la peine à entrer dans le livre et au départ beaucoup de
peine avec les prénoms. Savoir qui est masculin et qui est féminin. Si ça
n'avait pas été le livre du mois, je ne l'aurais pas terminé. Une chose
est sûre je ne lirai plus jamais cette auteure.
La seule chose que j'ai aimée dans ce livre:
On sent que l'auteure est une vraie
indienne, elle explique bien les différences entre les castes et décrit bien son
pays. A certains passages du livre, j'ai été touchée par sa poésie.
Les choses que je n'ai pas aimées: J'ai trouvé que le livre manquait d'action,
et que beaucoup de passages traînaient en longueur. L'auteure aurait pu enlever 100 pages
que ça n'aurait rien gâché.
Les allers-retours entre le présent et le passé, j'ai dû à plusieurs
reprises revenir en arrière pour suivre l'histoire.
Les 20 pages où elle raconte le film La mélodie du bonheur.
Le descriptif trop chargé des personnages secondaires, qu'ensuite on ne retrouve pas
dans la suite du livre.
Que l'histoire commence vraiment à 100 pages de la fin.
Note : 2.5/5
(Lauric)
********** Rahel, jeune femme indienne, rentre à Ayemenem, un village du Kerala, dans la maison où elle a passé une partie de son enfance, et où elle va retrouver son frère jumeau Estha, complètement prostré et surtout devenu complètement silencieux par refus de la parole. Rahel va alors se souvenir de son enfance, de sa mère Ammu, morte si jeune à 31 ans, et de ce terrible drame...
Toute la beauté de ce roman est dans la construction du récit, élaboré comme un puzzle dont chaque morceau est donné petit à petit, sans lien apparent avec les autres, alors que le lecteur sait depuis le début qu'il y a eu un drame. D'incessants retours dans le passé, distillent peu à peu la vérité et tiennent le lecteur en haleine. Et puis, cette belle écriture nous plonge dans ce beau pays, dans la vie indienne, dans la nature du Kérala si luxuriante, dans ce climat de mousson. L'auteur met en lumière avec beaucoup de virtuosité et de réalisme cette société indienne tout juste sortie du colonialisme anglais, avec un communisme bien présent, un système de castes toujours appliqué et une condition féminine bien précaire....
Un roman superbe, par la qualité de son écriture, par la construction très réussie de son récit et par l'authenticité totale de la "réalité" indienne qu'il dépeint.
Note : 5/5
(Chantal)
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