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Philip Roth

Portnoy et son complexe
(Gallimard/folio, 1973, 373 pages)

Alex Portnoy, 33 ans, avocat, haut-fonctionnaire bien en vue à la mairie de New York. Mais Alex ne s'est jamais réconcilié avec son enfance. Il a grandi à Newark, New Jersey, dans une famille juive auprès d'une mère autoritaire et manipulatrice et d'un père faiblard et ignorant où les interdits l'ont étouffé. Il en a développé un fort sentiment de culpabilité qui l'empêche de s'épanouir sexuellement.

Rarement un personnage est aussi bien décrit, tout se joue dans la dimension psychologique. Alex Portnoy, un être qui hait les conventions respectables mais le fait de les enfeindre le tourmente profondément. C'est une analyse très fouillée des répercussions à l'âge adulte d'une enfance régit par des tabous et interdits de toutes sortes. C'est aussi la vie dans le ghetto juif d'une ville américaine, d'un côté il y a un profond mépris envers les Wasp, et de l'autre une forte envie d'être comme eux, de vivre comme eux, de baiser leurs filles.

Philip Roth dénonce allègrement l'ignorance et les préjugés qui renferment la vie dans un carcan étroit, il n'est pas tendre envers les religions que ce soit le judaïme ou le catholicisme. Et les femmes ne paraissent certes pas sous leurs meilleurs jours. Un grand auteur. Quelle joie pour moi, j'ai son oeuvre entière à découvrir.

Une histoire très prenante qui passe de l'humour au tragique, on voit venir la fin trop rapidement. Ne passez surtout pas à côté! A lire et à relire.

Note : 5/5
(Mousseline)
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J'ai beaucoup de mal à avoir un avis objectif sur ce livre, que je viens de lire pour la seconde fois. Parce que pour les admirateurs de Philip Roth (dont je suis) et pour la plupart des fans de littérature américaine (dont je suis également), Alex Portnoy est quasiment mythique.

C'est pourquoi je ne rajouterais rien au résumé de Mouss, qui est parfait. En effet, je ne me souviens pas m'être trouvé face à un personnage de fiction aussi bien décrit, aussi criant de vérité.

A la place, je préfère souligner le terme personnage, car on a trop souvent tendance à considérer que Philip Roth est le narrateur de ses romans. C'est vrai dans certains ("Operation Shylock" au hasard), mais c'est totalement faux dans la plupart des cas. C'est là tout son génie dans "Portnoy", justement : on ne lit pas un livre de Philip Roth, on lit la confession d'Alex Portnoy. On y croit dur comme fer. Pas à un seul moment on n'a envie de mettre en doute la véracité du propos... c'est une constante chez les Philip Roth, mais c'est particulièrement prononcé dans ce livre précisément - ainsi que dans..."Patrimony", qui n'est pas du tout autobiographique contrairement à ce qu'a écrit La-grande, ceci dit sans la moindre once de mauvais esprit car ça n'enlève rien à la qualité de sa critique.

Je prends la peine de le préciser parce que l'image du père est omniprésente dans l'oeuvre de Roth. Un père faible, écrasé par sa femme... dans "Portnoy", comme dans "When she was good", comme dans les nouvelles de "Goodbye Colombus", comme Ira Ringold (le père spirituel en l'occurrence) dans "I married a communist". Rien à voir avec le Herman de "Patrimony", qui relève plus du père fantasmé à mon sens.

Et "Portnoy", plus qu'un livre sur la mère, plus qu'un livre sur le sexe, m'apparaît comme un livre sur le père - plutôt sur l'absence de père. Son inexistence. Comme un sujet en creux, qui se glisserait discrètement dans la plupart des textes de l'auteur. Car finalement, si les relations d'Alex avec le sexe est si compliquée, c'est moins à cause de sa mère que parce qu'il n'a jamais eu face à lui l'image masculine nécessaire à tout petit garçon pour s'épanouir.

Euh... peut-être que je projette mes propres obsessions dedans en fait! Mais après tout c'est normal, c'est le propre d'un mythe.

Pour moi, la phrase qui résume le livre est la suivante :

"...si seulement mon père avait été ma mère! et ma mère mon père!"

Note : 5/5
(Thomas)
**********

Alex Portnoy a grandi au sein d'une famille juive avec une mère étouffante, autoritaire et un père faible. Rendu à 33 ans, Alex a une brillante carrière de fonctionnaire à la mairie de New-York. Ses parents désirent qu'il se marie et leur donne des petits-enfants. Mais Alex est obsédé par les femmes et multiplie les conquêtes. Se sentant coupable, il consulte un psychanalyste.

Alex Portnoy est un individu complexe que Philip Roth réussit à décrire avec brio! On a l'impression de connaître le personnage, d'évoluer avec lui. L'aspect psychologique est bien développé. En remontant l'enfance d'Alex, on comprend les répercussions de sa famille sur ses agissements et ses obsessions d'ordre sexuel. L'auteur s'en prend à certains tabous, le sexe, la religion...

Certaines choses m'ont agacées comme la traduction à la française tout comme certains passages plus vulgaires. Oui, Alex Portnoy est obsédé, mais j'ai trouvé que l'auteur en mettait un peu trop. Une histoire dérangeante, sarcastique qui m'a plu, mais pas passionnée.

Note : 3.75/5
(Cocotte)

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