Moka
(Plon, 2006, 249 pages)
C'est un texte qui est tout à la fois : fort, honnête, sincère
et angoissant. A la base, c'est l'histoire dramatique d'un jeune adolescent qui se
fait renverser par une voiture, laquelle prend la fuite. Le garçon tombe
dans le coma. Aussitôt sa mère tombe en enfer. Elle, Justine Wright,
la quarantaine, mariée à un Anglais, mère également
d'une petite fille... Tout semblait couler de source chez cette famille ordinaire,
et puis cet accident vient tout basculer.
J'ai beaucoup apprécié combien l'auteur avait su s'atteler aux traces
de Justine qui livre un combat de maman des plus horribles. Avoir son enfant entre
la vie et la mort, quoi de plus terrible? Apprendre que le responsable a pris la
poudre d'escampette, que l'enquête policière piétine, que les
médecins émettent des avis mitigés sur l'état du jeune
garçon... Comment résister, rester sur les rails de sa petite vie
tranquille? C'est impossible. Alors on comprend cette femme qui décide de
mener sa propre enquête, de partir à la recherche du chauffard de la
berline couleur "moka".
Entre folie douce, rage, désespoir, Justine en voit de toutes les couleurs.
Mise à nu, négligée, effondrée, tournant le dos
à son mari, son travail, sa famille, elle tient malgré tout le choc.
Venger son fils devient son leitmotiv, entre les larmes, les vagues de souvenirs,
l'incompréhension et l'impuissance, hélas.
J'ai particulièrement trouvé ce nouveau roman de Tatiana de Rosnay
différent du reste, surtout dans son écriture : le style est plus
syncopé, essouflé, rageur. Aussi, le texte s'agrémente
pleinement de références à la culture anglaise, ce qui me
semble de plus en plus logique pour la "franglaise" qu'est l'auteur. Et je continue
d'être bluffée par sa capacité à tenir haut la barre de
l'angoisse, du "suspense psychologique". Dans "Moka" j'ai retrouvé un peu de
la patte du "Voisin" (autre roman de l'auteur), surtout dans l'aspect d'aller
jusqu'au bout, de braver l'interdit, de bafouer l'inconscience. Sauf que je
regrette un peu la fin, moins percutante qu'à l'accoutumée, sans aucune ambivalence, ce qui pourtant est un point fort de l'auteur! On
achève quand même ce roman avec satisfaction : on crève la bulle, la
tension est enfuie. 250 pages à perdre haleine, lues en apnée. C'est
décidément un bon cru, ce "Moka"!
Extrait : "Pourquoi ces fragments de souvenirs me revenaient-ils? Petites bulles de
mon passé avec mon fils qui remontaient inopinément à la
surface et me faisaient chanceler? Andrew vivait-il la même chose? Il n'en
parlait pas. Il ne me parlait pas. Il s'était enfermé dans un endroit
secret où il ne voulait pas que je vienne. Il en avait le droit,
après tout. Chacun réagissait à sa façon. Chacun se
protégeait à sa façon. Certains se perdaient dans l'attente.
D'autres avançaient à leurs risques et périls. Je savais
qu'Andrew avait choisi d'attendre. Moi d'agir. La tristesse, c'était que
j'avais besoin de lui. Et j'étais incapable de lui dire."
Note : 3.5/5
(Clarabel)
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Justine a 40 ans, un mari et deux enfants. Elle travaille en tant que traductrice
free-lance et mène une petite vie tranquille. Mais un mercredi
après-midi, son fils est renversé par un chauffard en plein Paris.
L'inconnu prend la fuite, des témoins ont à peine le temps de noter
quelques chiffres de la plaque d'immatriculation. Sérieusement blessé,
Malcolm sombre dans le coma. L'enquête piétine. Contre l'avis de son
mari, de ses parents, Justine ne renonce pas à retrouver le responsable de
l'accident.
J'ai beaucoup aimé le début, même si (ou peut-être parce
que) il m'a touché aux larmes. L'auteur dépeint de façon
très réaliste la situation de ces parents qui s'enferment, chacun
dans son coin, dans leur désarroi. Toutefois, cette mise en situation dure
un peu trop longtemps à mon goût et, en dépit de plusieurs
possibilités de démarrage, rien ne se passe concrètement avant
un moment. On s'impatiente de voir Justine passer à "l'attaque" : pendant
plusieurs chapitres, elle évoque ce passage à l'action sans qu'il ne
se passe pour autant quelque chose. Bien sûr, le souci de l'auteur de rester
réaliste dans le comportement de Justine est louable : son personnage est
une femme banale, une mère de famille qui ne peut se transformer en
justicière d'un coup de plume. Toutefois, l'action véritable n'arrive
que vers la fin et, en attendant, j'ai parfois trouvé le temps long. On se
sent solidaire du combat de cette mère, de son envie de comprendre. Cela
dit, le ressort de l'affaire est plutôt sans surprise. Les motivations d'un
chauffard qui prend la fuite ne sont pas légion et ces histoires sont
toujours, malheureusement, banales. Néanmoins, l'auteur s'attache, comme
toujours, à l'aspect humain et, en fin de compte, c'est ce qui touche le
lecteur.
Note : 3.5/5
(Flo)
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J'avais beaucoup aimé "Elle s'appelait Sarah" et j'ai donc eu envie de
poursuivre ma rencontre avec cette auteur. Et je n'ai pas été
déçue. J'aime vraiment beaucoup l'écriture de Tatiana.
On suit donc le cheminement psychologique de Justine suite à l'accident de
son fils, renversé par un "chauffard" et tombé par la suite dans le
coma. On suit, en le comprenant fort bien d'ailleurs, la lente dégradation
du couple "solide" que formait Andrew et Justine, car comme elle le dit si bien :
c'est dans l'adversité que l'on voit si un couple est fort ou non. Chacun
des deux vit ce drame de façon différente : Andrew s'enferme dans un
mutisme et sa philophie est "Never complain, never explain". Quant à
Justine, elle a choisi de se battre : et on ne peut que compatir au mal qui ronge
Justine et à son envie de savoir qui a pu bouleverser à ce point sa
vie, et de punir les coupables.
Les anecdotes concernant la rancoeur "ancestrale" entre Anglais et Français m'a
fait bien sourire et j'ai bien aimé ce petit côté "franglais" de
l'héroïne.
Note : 4/5
(Clochette1509)
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