Dans la luge d'Arthur Schopenhauer (Albin Michel, 2005, 106 pages)Ariel Chipman a longtemps étudié et enseigné la théorie
du bonheur selon Spinoza. Et puis, un jour, il est las de tout, il reste avachi
dans son fauteuil, vêtu de sa robe de chambre. Son épouse Nadine est
également lasse de cette décrépitude, de cet homme qui se
laisse couler ou qui refuse de l'accompagner à une soirée de nouvel
an, alors elle le roue de coups avec un journal. Serge Othon Weil (amant de
Nadine?) est l'ami du couple, mais aussi dégoûté du
système français, autrement dit "un système compassionnel dans
lequel il faut du drame". Ces trois personnes s'expriment par billets ou à la
psychiatre qui leur serine une morale philosophique à leurs états
d'âme, truffée de parti pris sur l'élan optimiste
refoulé par l'impatience, l'agacement, la barbarie, la violence que nous
infligent des petits riens du quotidien. Alors quoi? quelle consolation? "On se
laisse embobiner par les maîtres, on prospère dans des labyrinthes
croyant qu'il s'agit de félicité de l'esprit, jusqu'au jour où
tout à coup plus rien ne tient, un petit homme gît dans une solitude
lugubre, aux côtés d'une femme indifférente qui démarre
l'année en dévorant un article sur l'extinction des grands singes"...
Dans un discours parfois embrouillé, à se demander où l'on va,
qui sont-ils et quels délires les rapprochent, Yasmina Reza lie l'ensemble
subtilement et livre, oui, une histoire assez caustique, d'un humour qui convient
aux critiques éloquents (...) mais son court roman régale la lectrice
lambda que je suis, donc ça va!
Note : 3.5/5
(Clarabel)
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