Adam Haberberg
(L.G.F., 2004)Voici la critique d'un livre qui m'a beaucoup plu: "Adam Haberberg" de Yasmina Reza publié
chez Albin Michel.
Ce roman nous fait le portrait d'un homme en situation d'échec: père de famille
approchant la cinquantaine, il est déprimé et mécontent de son sort:
écrivain raté, vie conjuguale défaillante, vie sociale nulle.
De plus son ophtalmologue lui a diagnostiqué un glaucome à l'oeil avec risques de
thrombose pouvant lui faire perdre la vue.
Sa femme est ingénieure à Telecom et il ne parvient pas à assumer les
charges des siens. Un jour entre dépression et solitude, il se retrouve assis sur un
banc du jardin des plantes à Paris devant la cage des autruches lorsque surgit
soudainement une amie d'enfance, Marie Thérèse Lyoc, compagne de classe celle qu'il
n'avait plus aucune envie de rencontrer.
Cette femme est une gentille fille divorcée sans enfants au physique insignifiant qui se
présente à lui comme une bouée de sauvetage.
Elle veut le sortir de sa lamentable existence et au volant de sa jeep elle l'amène chez
elle à Viry Chatillon. Malgré son bon coeur, elle ne parvient pas à lui
remonter le moral.
Avec une lucidité féroce, l'auteure jette un regard sans concessions sur les
échecs de la vie provoqués par des frustrations, hypocrisies, mesquineries et
intolérances. Son style est fait de monologues intérieurs et de brefs dialogues.
L'humour de Yasmina Reza nous sauve de tout pathos.
Note : 4/5
(Freddo)
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Adam Haberberg est un homme de quarante-sept ans qui vient d'apprendre qu'il souffre
d'une thrombose oculaire. Assis dans un jardin animalier, face aux autruches,
l'homme ressasse amèrement ses pensées: s'entremêlent ainsi son
entretien avec le médecin, sa vie conjugale avec Irène (mariage
raté), le fiasco de son dernier roman, etc. Et puis il croise un souvenir de
jeunesse, une ancienne copine du lycée: Marie-Thérèse Lyoc,
autrefois très insipide jeune fille, désormais une femme tout aussi
ennuyeuse et transparente. A son grand étonnement, il accepte de la suivre
chez elle pour un repas léger. Le temps de se rappeler le bon vieux temps,
revoir les photos de classe, parler des amis d'autrefois.
Mais alors que Marie-Thérèse babille bêtassement, Adam
Haberberg, lui, part en vrille dans ses pensées. Il s'énerve, devient
sarcastique, envisage de tout dévoiler à cette femme fade et presque
idiote, et puis non. Il souffre en silence, tait ses loupés et ment
impunément. Il prétend ce qu'il n'est pas et affiche un
détestable sentiment de supériorité. Bref, Adam Haberberg est
un pauvre type qui inspirerait davantage pitié que haine. Son soliloque est
grinçant et touchant, frise le cynisme et le désespoir. Et tout ce
court roman condense cette frustration de violence et de silence trop longtemps
retenus.
Yasmina Reza, auteur très reconnue au théâtre, se
révèle un écrivain de talent, à la plume
ciselée, telle un scalpel.
Note : 3/5
(Clarabel)
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