Club des rats de biblio-net


10 746 critiques, 4125 livres, 1583 auteurs



Michel Quint

Effroyables jardins
(Pocket, 2006, 139 pages)

Et bien que dire... pas facile de parler d'un chef-d'oeuvre! C'est un cadeau que Michel Quint offre aux Français. Un cadeau pour tous, Français ou pas, mais les Français particulièrement devraient, doivent absolument lire ce bouquin. Tiens l'État devrait l'offrir gratuitement à chaque citoyen(ne) français(e).

En fait je n'ai pas envie d'en dire plus, je viens de tourner la dernière page et je n'ai pas les mots pour décrire ce que j'ai ressenti, il y a de ces livres qui vont toujours rester, qui font grandir et celui-ci en est un! Ça claque fort et longtemps! Oui faut le lire.

Ça serait vraiment trop dommage que vous passiez à côté. Je n'ai qu'un seul conseil, précitez-vous à la librairie, j'aurais profondément regretté de rendre un tel bouquin à la bibliothèque, on voit rarement aussi beau.

Note : 5/5
(Mousseline)

p.s. Je vous suggère très fortement l'édition folio pocket junior pour le dossier qui suit le roman.

**********

Un petit bijou que je conseille à tout le monde!

Il ne fait que 60 pages, ne coûte trois fois rien, et il délivre une émotion très forte. L'auteur dédie ce livre à son grand-père (ancien combattant à Verdun) et à son père (ancien résistant). L'enfant qui raconte l'histoire est l'auteur du livre. Il est parti de ses souvenirs et ensuite a mélangé la réalité et la fiction pour nous livrer ce merveilleux conte.

Depuis qu'il est tout petit, il a honte de son père au point de le haïr car celui-ci passe tous ses jours de repos à faire le clown. Oui, vous m'avez bien compris: il met son costume, son nez rouge et va faire des représentations partout où on le demande. Le gamin ne comprend pas et trouve ça pitoyable jusqu'au jour où il va au cinéma avec ses parents, son oncle et sa tante. A la fin du film, quand le générique défile à l'écran, au passage d'un nom d'artiste allemand, toute sa famille se met à renifler et à essuyer des larmes. Lui ne comprend pas ce qui a bien pu déclencher ces pleurs. Son oncle le prend à part, sous le couvert de son père qui se retranche dans son mutisme. Et là, il lui révèle toute la vérité sur son père. Ce père bafoué par son morveux de fils est en fait un héros. Il a été un résistant pendant la guerre et son accoutrement de clown est symboliquement lié à son passé de résistant!

Je ne vous dirai pas la suite pour garder le suspense. C'est une fable simple, belle, pathétique, mais jamais d'apitoiement; une dose d'humour, beaucoup d'audace et de pudeur. Bref, un livre incontournable qui restera gravé dans ma mémoire longtemps!

Note : 4,5/5
(Calou)
**********

Calou a parfaitement bien évoqué ce livre et son histoire. C'est une lecture indispensable, unique, inoubliable.

La guerre! les bons sont partout, et les mauvais aussi! C'est la morale que j'en ai tirée. L'histoire, provenant de faits réels, est extraordinaire, et l'auteur l'a contée à la perfection.

L'édition Pocket jeunesse est d'une pédagogie rare! Aux soixante pages de l'histoire s'ajoutent: un complément historique de trente pages, un complément littéraire du même volume, et un complément cinématographique de dix pages, concernant Bernhard Wicki, l'un des protagonistes (clown, acteur et réalisateur allemand).

Réellement inoubliable!

Note : 5/5 (à froid, après deux jours de réflexion)
(Nimbus)
**********

Un chef-d'oeuvre, 5/5 sans hésiter, c'est très très beau comme histoire, et l'écriture est pleine d'expressions du Nord-Pas-de-Calais de la France, dont je suis originaire. Comme faire sa maguette pour une jeune fille, les histoires de Cafougnette. C'est une histoire où chacune peut retrouver des sentiments déjà éprouvés, comme la "honte" de sa famille, une forme de mépris très bête et très adolescente, et un jour on comprend le pourquoi du comment et on se sent MINABLE de toute cette attitude...

Magnifique, vraiment!

Note : 5/5
(Cuné)
**********

Difficile de donner une note à ce roman. J'ai aimé mais en même temps, j'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose sans pouvoir dire ce que c'est...

Mais il reste que l'auteur sait très brillamment rendre ses personnages et leurs émotions. On imagine très bien l'ado qui a honte de son père. Ou ce résistant prêt à préserver son pays avec les maigres moyens dont il dispose.

En fait plus j'y pense, je crois que ce qui m'a empêchée d'avoir un coup de coeur géant, c'est la méconnaissance de cette période de l'histoire française. Je n'ai donc pas saisi toutes les subtilités du texte. Une chance que j'ai lu l'édition Pocket junior. Le dossier que l'on trouve à la fin est très intéressant et éclairant. Je crois bien que je relirai ce roman plus tard. J'apprécierai probablement plus, maintenant que je connais les faits historiques qui en font la trame.

Donc une belle lecture mais je vous conseille de lire le dossier avant si vous voulez bien profiter de l'histoire.

Note : 3,5/5
(Frisette)
**********

Je suis déçue. Evidemment, oncle Gaston est bien campé, son histoire extraordinaire, et bien racontée. Mais le narrateur parle dans un style ampoulé très désagréable, vraiment tarabiscoté, difficile à lire, et il n'approfondit rien : On comprend qu'il ait honte de son père, ok, mais pourquoi le père se doit-il de faire le clown à tout prix? et pourquoi le fils finalement se doit de prendre le flambeau? je ne saisis pas du tout, et ça me laisse complètement froide.

Note : 2,5/5
(Lassy)
**********

Je suis un peu ambivalente devant ce livre. J'ai aimé et pas aimé en même temps, mais l'impression finale qui me reste est négative. J'explique.

Je trouve que l'auteur a bien saisi ces sentiments de honte que l'on peut éprouver par rapport à un parent (je me souviens encore d'une robe à crinoline blanche avec gros pois rouges, bleus et jaunes, que ma mère avait porté lors d'une cérémonie de remise de prix lorsque j'avais 14 ans, et où j'ai eu la suprême honte de la voir gagner un prix de présence et gravir l'estrade pour le reçevoir), sans essayer de comprendre le raisonnement derrière les comportements (quelques fois, c'est sûr, ils ne raisonnent pas, ils ont mauvais goût, c'est tout).

Cependant, lorsque nous avons accès à une quantité de témoignages vécus se rapportant à la guerre 39-45, et que parait une oeuvre fictive, je l'évalue en me demandant si elle apporte une contribution quelquonque sur le sujet.

Et je retrouve des clichés: les mauvais peuvent être bons, et vice-versa; l'héroïsme et la noblesse du sacrifice suprême; l'incompréhension enfant-parent; des trucs du genre. Ça ne m'a pas touché. Je fais le contraste avec le film "La vie est belle", de Roberto Benigni (qui me semble avoir directement influencé Michel Quint, d'ailleurs - c'est peut-être ça la clé de son succès. C'est le La vita è bella français). Ce film abordait en pleine face un sujet que les Italiens n'aiment pas se rappeler, soit qu'ils aient aussi participé à la persécution et au massacre des Juifs. Il présentait une fable d'amour paternel absolu, même dans les pires circonstances, et la force et la richesse intérieure qu'on pouvait en tirer. Ce petit garçon avait un père dont il pouvait être fier!

Ici, au contraire, j'ai trouvé que le père, George et Nicole n'avaient rien d'héroïque. Pire, j'ai trouvé amoral que George cause la mort d'un homme, et épouse sa veuve, et que Nicole décide de sacrifier son mari pour se jeter dans les bras de son tueur! Étaient-ils des héros? Ils jouaient aux Résistants pour impressionner les filles.

Il me semble que le but de ce roman, à part l'hommage au cinéaste allemand, c'est la condamnation de Papon, ce méchant collaborateur (comme si c'était le seul) - j'ai trouvé que la virulence avec laquelle le narrateur en parlait dans les dernières pages détonnait avec l'histoire. Et aussi, je trouve, de contribuer à la mystification de la Résistance. Non, ce livre m'a déplu.

Note : 2,5/5
(Venusia)
**********

Je l'avais mis dans mon challenge sans reconnaître le film que j'avais vu l'année dernière... du coup en le reconnaissant dans les premières pages je voyais la tête de Jacques Villeret (quel meilleur clown triste???!!!). Le plaisir n'a sans doute pas été le même que si je découvrais l'histoire pour la première fois mais j'ai tout de même ressenti des frissons d'émotions en le reposant. Et oui notre passé français est sans aucun doute plein de petites histoires comme celles-ci (même si elle est imaginaire), des anecdotes qui ne figureront jamais dans les livres d'histoire, qu'on ne se transmettra peut-être pas de génération en génération. Mais c'était la vie de nos grands-parents : pas des héros, la vie qui continuait malgré tout... Et je ne résiste pas à l'envie de vous mettre les vers d'Apollinaire dont est tiré le titre :

Les Grenadines repentantes

En est-il donc deux dans Grenade
Qui pleurent sur ton seul péché
Ici l'on jette la grenade
Qui se change en un oeuf coché

Puisqu'il en naît des cops Infante
Entends-les chanter leurs dédains
Et que la grenade est touchante
Dans nos effroyables jardins

Note : 5/5
(Chris tomando mate)
**********

Un roman extrêmement court (à peine plus de soixante pages) mais relatant avec beaucoup d'émotion et de pudeur un épisode de la Résistance française pendant la seconde guerre mondiale. Le narrateur, honteux de son père, un instituteur aimant se déguiser en clown, va comprendre grâce au récit et souvenirs d'un membre de sa famille les raisons de ce comportement singulier. Et regarder avec des yeux neufs ces deux hommes, qui, faits otages par l'armée allemande, vont vivre une expérience particulière...

Pour avoir déjà vu le film que Jean Becker avait tiré de ce livre, je me souvenais de l'histoire ainsi que du dénouement. Néanmoins, j'ai été scotchée par ce récit simple et émouvant et la magie a fait le reste. J'ai ainsi lu d'une traite ce court récit et ai été étonnée par les multiples rebondissements.

Emue plus d'une fois, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai réellement apprécié ce roman mettant en scène des hommes ni héros ni lâches mais qui, comme tout le monde, qu'ils soient français ou soldats allemands, ne demandent qu'une seule chose : le droit de vivre.

Un très beau récit que je conseille à tous, passionnés ou non de résistance car plus que cela, Michel Quint se fait l'apôtre des gens ordinaires et simples de tous bords.

Note : 4/5
(Liza_lou)







Effroyables jardins,
Aimer à peine,
Et mon mal est délicieux,
L'espoir d'aimer en chemin



Prof de français puis de théâtre, Michel Quint, 53 ans, fut durant deux décennies un auteur discret qui livrait chaque année son roman ou son polar. Parfois à Calmann-Lévy, le plus souvent à François Guérif (Rivages) ou à Joëlle Losfeld. On lui versait de petits à-valoir pour ces ouvrages dont il se vendait rarement plus de 1 000 exemplaires, avec une exception notable lorsque Billard à l'étage obtint, en 1989, un prix de littérature policière et fut adapté pour la télévision. Oui, Michel Quint était un homme tranquille. Amateur de bière, de rôti de porc à la Kriek et de belle littérature (Céline, Pavese, Mallarmé, Sartre, London...), il regardait pousser ses deux enfants, causait avec sa femme, ses éditeurs, ses élèves. Il écrivait. Et puis parut Effroyables Jardins...




Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2009 - Club des rats de biblio-net