Le Corbeau (William Blake, 1996, 49 pages)J'ai lu le poème "Le corbeau" d'Edgar Allan Poe. J'ai utilisé une version
bilingue ce qui m'a permis de comparer les deux versions. Pour ceux qui ne connaissent pas le
texte, il s'agit d'un veuf qui pleure la perte de son épouse Léonore et qui reçoit
un soir à minuit la visite d'un corbeau qu'il prend pour un oracle. Bizarrement,
l'oiseau sait parler mais il ne sait dire que "jamais plus". Comme le veuf l'interroge sur ses
possibilités de revoir sa bien-aimée, le corbeau répond cette expression
et le pauvre homme en meurt.
Cela a un peu l'air d'un "gag" (à la manière de l'histoire de Fernand Raynaud qui
commande inlassablement "deux croissants" au serveur qui s'évertue pourtant à lui
dire qu'il a tout sauf cette sorte de pâtisserie) car le poème est composé
de 18 strophes chacune se terminant par cette expression. Mais pourtant il n'y a pas lieu de
rire, on frôle la tragédie! Un simple oiseau devient une créature
diabolique. Je pense que c'est tout l'art d'Edgar Allan Poe de transformer le quotidien et de
lui donner une dimension fantastique, surnaturelle.
Je donnerais volontiers 5/5 à ce poème mais c'est difficile d'apprécier
parce que le texte anglais d'origine perd un peu de sa "superbe" en français, aussi bien
par le biais de la version de Baudelaire que celle faite par Mallarmé. Je veux dire par
là que la traduction garde le sens mais efface toutes les sonorités de base, or
un poème vaut surtout par les "sons" (alitérations, assonance, rimes, etc.). La
traduction a aussi une influence sur la présentation matérielle du poème.
Dans le texte anglais, chaque strophe se compose de 6 vers tandis qu'en français la
"strophe" est en fait un paragraphe. Quand on pense aux calligrammes, on peut se rendre compte
combien "l'apparence" du poème a d'importance.
Note : 5/5 (Bernie)
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