Double assassinat dans la rue Morgue
(Akileos, 2007, 48 pages)
"Avec lui commence l'histoire de la littérature policière. Edgar
Allan Poe a non seulement créé le récit policier mais aussi le
lecteur de récit, c'est-à-dire méfiant, soupçonneux à
l'égard de ce que l'auteur écrit." (Jorge Luis BORGES)
"Poe est plutôt un scientifique qu'un artiste. Il décompose son moi
comme un savant décompose un sel dans son creuset. C'est une analyse presque
chimique de l'âme et de la conscience." (D.H. LAWRENCE)
"Double assassinat de la rue Morgue" nous entraîne dans la
démonstration du narrateur de ce que sont vraiment pour lui les
capacités d'analyse. Il utilise pour cela le thème connu du crime
commis dans une pièce fermée, sans issue, sans mobile et sans laisser
d'indice. Nous suivons à travers le regard du narrateur le raisonnement qui
mènera à la résolution de ces meurtres atroces, commis sur la
personne d'une jeune fille et de sa mère, à partir de simples
observations sur les lieux apparemment clos.
C. Auguste Dupin, l'ami du narrateur, part d'un événement (le crime)
pour remonter à sa cause (qui a tué?) en une suite de raisonnements,
s'appuyant sur des indices matériels et psychologiques. Prodigue de
déductions rigoureuses et de froide logique, il progresse pas à pas
jusqu'à la solution. Pour lui, l'enquête policière n'est qu'un
jeu cérébral d'observation et de déduction.
Avec son héros, Edgar Allan Poe propose la première incarnation du
détective qui inspirera sans doute Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, par
son intuition et par l'extrême logique de son raisonnement apparemment
tortueux.
Dans cette nouvelle, précuseur du genre policier, l'auteur construit son
récit avec une rigueur mathématique. Il porte au plus haut point de
sophistication l'art de la déduction. Le récit est bref et
extrêmement dense.
Note : 4/5
(joubjoub)
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