Le cercle de la croix
(Pocket, 2004, 924 pages)
4ème de couverture: "Université d'Oxford, 1663. Le professeur
Grove est retrouvé mort dans son cabinet. L'autopsie est formelle:
il y a des traces d'arsenic dans son foie. L'enquête conduit à
l'arrestation de sa servante. Interrogée, elle est jugée,
condamnée et exécutée. Que s'est-il passé réellement
ce jour-là? A ces questions quatre témoins apportent des réponses
différentes et contradictoires. Le premier est Marco Da Cola,
médecin vénitien, qui se trouvait à Oxford au moment des
faits. Son témoignage est contredit par celui de Jack Prescott, fils
d'un traître mort en exil, ainsi que par celui du Dr John Wallis,
maître espion au service du pouvoir. Il faudra attendre le
récit de John Wood, historien, pour entrevoir ce qui pourrait
être la vérité."
Ou comment montrer que quand l'Homme a décidé quelle
était sa vérité, il arrive à trouver les preuves
qui vont dans son sens. Ce livre est en fait le regroupement de quatre
manuscrits qui découlent les uns des autres, le premier ayant
entraîné l'écriture du second, puis les deux premiers
celle du troisième, etc... C'est fascinant de voir une même
histoire raconté de quatre manières COMPLETEMENT
différentes. On dit que chacun voit midi à sa porte et
là, c'est vraiment le cas. C'est un livre à relire, car une
fois qu'on connaît la vérité, on a envie de revoir où
est-ce qu'on aurait pu manquer tel ou tel détail.
Tous les personnages (sauf deux mais qui sont fondés sur des gens
ayant réellement existés) ont vraiment existés et une
succinte biographie de chacun des personnages est donné en fin du
volume.
Le premier manuscrit m'a beaucoup plu car il décrit les
avancées médicales de l'époque, les expériences,
les questions qui paraissent bien bêtes aujourd'hui, mais qui ont
permis à la médecine de faire des progrès.
Le 2ème manuscrit est différent puisque le narrateur n'a
qu'une obsession, venger l'honneur de son père. C'est celui qui m'a
le moins plu. Le 3ème, écrit par John Wallis, prêtre,
mathématicien et espion à ses heures perdues, nous
décrit une Angleterre politiquement très compliquée où
tout n'est que complot, hypocrisie et mensonges, l'homme lui-même
étant très tourmenté.
Enfin le dernier où l'histoire nous apparaît plus clairement,
car vu par un oeil plus objectif, celui d'un historien, même si
il était part prenante, lui aussi, dans les événements.
Alors, évidemment, 924 pages, c'est long. Chaque manuscrit fait
environ 250 pages. J'avoue avoir senti parfois quelques signes de
lassitude, en particulier car, sauf si on connaît l'Histoire de
l'Angleterre à cette époque, ce qui n'est pas mon cas, il est
difficile de suivre les événements car ils sont relatés
comme si on était au courant. Je sais pas si je me fais
comprendre. Mais le dénouement en vaut la peine et rend les autres
manuscrits indispensables à la compréhension.
Note : 4.5/5
(Muriel)
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Les événements se passent à Oxford après la mort de Cromwell
alors que le roi est remonté sur le trône. Le professeur Grove
est retrouvé mort, apparemment empoisonné alors qu'il
allait obtenir un poste important que convoitait également Thomas Ken. Mais
il n'est pas le seul à avoir un mobile...
Le roman s'articule autour des récits de quatre protagonistes,
chacun relatant sa vérité que le témoignage des suivants
vient confirmer, compléter ou contredire. Le lecteur doit alors
faire ses propres déductions avec les éléments
livrés au fur et à mesure, il va de surprises en impasses,
affine son point de vue sur les personnages et c'est de loin la
qualité première de ce livre. Il s'agit plus d'une affaire
d'espionnage que d'une banale intrigue policière, et la
plongée dans les relations politiques, les croyances de
l'époque est réellement instructive.
La seule chose qui m'a gênée, c'est le style: la structure des phrases, les
archaïsmes et l'avalanche de subjonctifs imparfait rendent le tout un
peu pompeux (Ken Follett dans "Les piliers de la terre" rendait le parfum
d'époque sans ce genre d'artifices); le changement de
personnage-narrateur n'est pas perceptible dans la manière de
transcrire, on a beau savoir qu'on est passé
à quelqu'un d'autre, l'empreinte de l'auteur est tenace.
(Nathalie Perrier)
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