Le château blanc
(Gallimard/Folio, 1999, 258 pages)
Ce roman turc se situe sous le règne du Sultan Mehmed IV (1648-1687). Un
esclave italien (le "Moi" narrateur du livre), refuse à 20 ans de se
convertir et se dit médecin. Il est appelé à la cour d'un
Pacha où il se retrouve face à un savant, qui lui ressemble comme un
double. Il est donné comme esclave à ce maître. Ils sont
effrayés, intrigués par leur ressemblance et pendant plusieurs
décennies, tout en s'occupant de science, il s'épient, s'imitent, se
partagent ou se volent leurs idées, cherchent leurs "moi", écrivent
leur passé et changent petit à petit de personnalité. Ils font
des recherches cosmologiques, écrivent des histoires, expliquent des songes
et sont obligés de faire des prédictions (qui selon eux sont des
boufonneries). Après une période de peste, ils sont introduits chez le
Sultan qui les confronte à un imitateur, qui les imite à tour de
rôle pour faire voir à quel degré leurs identités sont
déjà mélangées. A la fin, la construction d'une puissante
machine de guerre et une quête à ce qui est dans le cerveau des
hommes, menées sous pression violente, sont des fiascos et le maître devient
sombre de rage et de déception. La machine, mis en action, fait
défaut et le sultan mécontent fait couper pas mal de têtes.
Le maître et l'esclave d'un commun accord changent de vêtements et
"Lui" part. Des années plus tard, "Moi" en position de maître,
écrit la fin de cette histoire: en Italie, "Lui" a parallèlement
écrit un livre sur eux deux. Le problème de l'identité
continue.
Peut-être qu'il me manquent des clés pour bien positionner le livre.
Le sujet de l'esclave catholique chez les musulmans n'est pas tellement original,
le sujet de la transformation de la personnalité n'est pas
développé de façon à en faire un livre profond. Même si le
récit contient pas mal de détails sur la Turquie et sur le mode de
vie d'un savant turc, j'ai trouvé le livre un peu monotone et pauvre de
sentiments.
Note : 3/5
(Gallomaniac)
**********
Je suis un peu déçue par ce roman. Il n'y a eu aucune surprise pour
moi. Très bien écrit, érudit, situé à une
époque passionnante, en un lieu passionnant.
Un peu bavard parfois.
Je trouve le titre mal choisi, et les héros un peu trop
cérébraux à mon goût.
Note : 3/5
(Odilette)
|