Choke
(Denoël, 2002, 336 pages)
Victor Mancini est décidément un héros à multiples facettes!
Tout à la fois figurant dans un parc à thème historique
figé en 1764, en tant que domestique, drogué du sexe se
soignant par des thérapies collectives (qui lui permettent surtout,
avant l'ouverture de chaque séance, de batifoler dans l'un ou
l'autre placard à balais avec une autre "sexoolique"), fils aimant
et dévoué à une mère qui ne le reconnaît
plus, atteinte d'Alzheimer, et le prenant pour un de ses avocats, du temps
où elle était régulièrement condamnée pour
des délits protestataires à l'encontre de la
société. L'ironie étant que si elle ne reconnaît
pas Victor aujourd'hui, elle l'a kidnappé maintes fois quand il
était enfant, de toute une série de famille d'accueil à
qui il était confié. Pour payer ses soins très coûteux,
il a aussi mis au point une tactique qui lui a fait transformer des dizaines de personnes en
héros: dans divers restaurants, qu'il liste méthodiquement, il
fait mine de s'étouffer, afin de se faire sauver par un client.
Jouant sur le sentimentalismen des gens, qui veut qu'ils se sentent
responsables de lui après lui avoir sauver la vie, il se les attache
pour qu'ils l'aident ensuite financièrement. Son meilleur ami et
collègue Denny n'est pas en reste: lui aussi
sexoolique, va magnifier par des dessins les paumées qu'ils vont
voir danser dans les boîtes de strip, et collectionne les grandes
pierres, qu'il transporte comme si elles étaient des
bébés...
Vous l'aurez compris, ce n'est pas un roman conventionnel, il est
décalé, il y a beaucoup d'ironie et d'humour noir, pour juger
de manière percutante des travers et excès de la
société. On passe du présent au passé de Victor,
lors des cavales avec sa mère, et ces passages sont parmi mes
préférés. Le style est parfois un peu "dur", pas
toujours linéaire, ce qui m'a parfois rendu l'attention difficile.
Chuck Palahniuk a lui-même participé à des groupes d'entraides
(bénévole pour accompagner des jeunes sidaïques et
cancéreux), avoue avoir écrit d'abord pour faire comme sa
soeur quand il était enfant.
Son premier roman, écrit en trois mois, est Fight Club. Il ne
connaîtra pas un succès immédiat, mais sera vraiment
connu pour son adaptation par David Fincher.
Note : 4/5
(Nirvana)
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