Acide sulfurique
(Albin Michel, 2005, 192 pages)
Je m'apprête à faire quelque chose que moi même je peine
à croire: dire du bien d'Amélie Nothomb. Ça me fait presque
mal quand je l'écris!
Mais voilà, il se trouve qu' "Acide sulfurique" est un très bon
roman, son meilleur à mon sens (d'un autre côté, n'ayant
aimé quasiment aucun de ceux que j'ai lus, je ne suis sans doute pas le
mieux placé pour en juger).
L'histoire, comme vous en avez tous entendu parler je pense, montre donc un camp de
concentration servant de théâtre à une émission de
télé-réalité. Les candidats sont toujours castés,
mais là, en revanche, ils ne sont pas là de leur plein gré.
Avec un titre aussi tape à l'oeil et une histoire pareille, il était
logique que le scandale vienne filer un coup de main à Amélie, et les
cyniques de flairer l'arnaque. Tu parles, Charles! Comme si elle avait jamais eu
besoin de ça pour vendre ses livres. Non, non, non. Même moi qui suis
loin, très loin d'être fan, j'admets volontiers que l'idée
n'était pas de souffler sur les braises (dois-je rappeler que nous sommes en
pleine commémoration de la libération des camps), et qu'il y a un
vrai parti pris littéraire derrière tout cela. Il n'y a qu'à
essayer de deviner les influences pour le comprendre: un mélange de clins
d'oeils cinématographiques ("Cube", "The Truman Show"), un petit coup de
"The Running Man", un zeste de "Price Of Peril" de Scheckley, le tout
saupoudré d'une bonne dose de satire sociale. Emballé c'est
pesé. "Y a un peu plus, je vous le laisse?"... là justement, c'est le
vrai problème du livre: on le sait, il n'y a pas d'être humain plus
nombriliste qu'un écrivain, et peu d'écrivains plus nombrilistes
qu'Amélie Nothomb. Il a donc fallu qu'à ce livre démarrant sur
les chapeaux de roues elle ajoute des tas de petits gimmicks insupportables et
affreusement "nothombesques"... et bien sûr il y a cette écriture.
Je ne vais pas encore écrire des pages et des pages sur ce pseudo style
à quatre francs six sous, je vais encore me faire conspué, et en plus
ce serait pour pas grand chose: car vraiment, je n'en retire quasiment que du
positif. Son écriture est même tout à fait supportable, pour
une fois qu'elle est mise au service d'une vraie histoire.
En revanche, je ne sais que penser, car j'ai lu sur le net des critiques de fans
qui ont été très déçus. En tout cas, moi, je le
conseille à tous ceux qui n'aiment pas Amélie Nothomb, histoire de se
réconcilier avec elle durant une poignée de pages...
Note : 3/5
(Thomas)
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L'histoire : Des personnes, sans distinction d'âge, de sexe ou ethnique se
voient arrêter en pleine rue pour être envoyées de force dans un
camp de concentration. Il seront filmés 24h/24 et la planète
entière pourra assister à leurs supplices. Quand un "candidat" est
éliminé, il se fait exécuter.
Ça c'est le contexte. Mais le principal dans cette histoire, pour moi, c'est
la confrontation entre une kapo et une détenue.
Mon avis : J'ai eu du mal au début, je ne voyais pas où voulait en venir
Amélie Nothomb avec son histoire de camp. Par la suite je me suis rendu
compte que ce qui comptait principalement c'est cette confrontation entre une kapo
par très maligne et une détenue (summum de la beauté). Un
thème finalement habituel chez Amélie Nothomb: on voit souvent dans
ses livres deux personnes "s'affronter". Je dois dire que j'ai accroché
comme toujours: son style est toujours le même, elle en profite pour
critiquer le principe de la télé réalité et le fait
qu'on regarde en spectateurs des émissions qui amènent des personnes
à souffrir (même si elles sont d'accord). La confrontation entre la
kapo et la détenue m'a passionné, les répliques sèches
et cinglantes sont au rendez-vous, le livre se lit très vite (1 jour).
Bref : un très bon moment de détente.
Note : 4/5
(Steph)
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Pannonnique est victime d'une rafle. Elle se retrouve participante d'un nouveau jeu
de télé-réalité "Concentration".
Mon avis : Un sujet épineux, Nothomb s'en sort très bien, pas
d'apitoiement. Pour ma part, j'ai préféré les trois premiers
chapitres aux deux derniers. Le style est plus fluide, les phrases moins
"nothombiennes". La critique de la télé-réalité, la
force de caractère de l'héroïne, la relation entre elle et sa
"kapo" sont vraiment captivantes, ensuite on retombe dans les blablas chers
à Amélie et un peu répétitifs à la longue... La
fin m'a semblé inintéressante...
Je suis déçue, les premiers chapitres étaient très
prometteurs!
Note : 3.5/5
(Doriane)
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