Le vin de solitude
(Albin Michel, 2004, 336 pages)
Le livre, quelque peu autobiographique, raconte l'enfance d'Hélène,
par l'illustration des moments clés : le départ du petit village de
l'Ukraine pour Saint-Pétersbourg, la Révolution, la fuite en
Finlande, l'exil à Paris et la nouvelle vie d'immigrés.
Hélène est bien seule, fille unique peu sollicitée par ses
parents, son père travaille tandis que sa mère préfère
les divertissements et le luxe que de s'occuper de sa fille. Heureusement pour
cette dernière, elle trouve pendant son enfance à ses côtés la
sympathique Mademoiselle Rose, la gouvernante française. Ce ne sont pas
autant les événements sociaux-politiques qui marquent la vie d'une
fille de dix à dix-sept ans, plutôt la toile complexe des relations
humaines, entre son père absent et joueur, sa mère avide et
superficielle, et, jamais bien loin, le charmeur cousin Max. Hélène
ne trouve pas sa place dans cet étrange triangle. Mais une fois à
Paris, vieillie par les événements tragiques dont elle a
été témoin, elle décide de se venger de toutes les
souffrances infligées par sa mère durant son enfance. La vengeance
est toutefois une épée à deux tranchants, Hélène
pourrait bien s'y blesser.
La superposition de la vie tumultueuse d'Hélène et les
événements qui bouleversent la Russie est très
intéressant, chacun des volets suscite l'intérêt à lui
seul. L'auteur en profite pour critiquer la bourgeoisie qui profita des massacres
de la Première Guerre Mondiale pour s'enrichir outrancièrement,
précipitant ainsi la Révolution de 1917.
J'ai dévoré ce livre!
Note : 4.5/5
(le réaliste-romantique)
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