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Irène Némirovsky

Le maître des âmes
(Gallimard/Folio, 2007, 280 pages)

Initialement publié en épisodes dans la revue "Gringoire".

Nice, 1920, Dario Asfar est aux abois. Jeune médecin, "métèque" (mi-grec, mi-italien), il est cruellement dépourvu d'argent. Sa jeune femme vient d'accoucher et il lui faut absolument trouver de quoi subvenir aux besoins de sa famille. Acculé, il accepte d'effectuer un acte que réprouve sa morale, de fil en aiguille il deviendra le "maître des âmes", charlatan qui, sous couvert d'une psychanalyse revue et corrigée par ses soins, prétend sauver les âmes torturées.

Tout d'abord, il faut lire la préface qui resitue le texte dans le contexte politico-historique, la haine de l'étranger, la haute société qui réprouve ces "levantins" et les considère avec mépris.

Un héros difficile à cerner, tantôt on plaint cet homme réduit à mendier, à faire des actes immoraux... à d'autres moments, on le mépriserait presque, incapable de se satisfaire de sa réussite et qui, sous prétexte de faire vivre sa femme et son fils dans l'aisance se compromet sans arrière pensée. A côté de l'histoire, une peinture de la haute société amère : la haine raciale, la mainmise de l'argent (dans ces périodes troublées précédant la seconde guerre mondiale), la suffisance des nantis envers les petites gens... J'ai parfois eu l'impression de lire un Balzac tellement les personnages sont décortiqués dans leurs pensées les plus profondes.

Encore une belle découverte.

Note : 4/5
(Doriane)
**********

C'est ma seconde lecture de cet auteur après "Le bal". Ce roman tragique est très bien écrit, mais rentre parfois un peu trop dans le détail de la psychologie des personnages. Je ne me suis pas régalée, même si le contexte historique était intéressant.

Note : 3/5
(Odilette)







Le maître des âmes,
Le vin de solitude,
Suite française,
Les mouches d'automne,
Le bal,
Les Chiens et les Loups,
Un enfant prodige

D'origine juive ukrainienne, Irène Némirovsky, née en 1903 à Kiev, connaît le succès dès son premier roman, David Golder (1929), puis avec Le Bal (1930). Après l'Exode, elle se réfugie dans un village du Morvan avant d'être arrêtée par les gendarmes français, puis assassinée à Auschwitz, l'été 1942. Agée de treize ans, sa fille aînée, Denise, emporte dans sa fuite une valise contenant une relique douloureuse: le manuscrit ultime de sa mère, Suite française, jusqu'à ce jour inédit.



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