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Irène Némirovsky

Suite française
(Denoël, 2004, 434 pages)

Prix Renaudot 2004, ce roman est un éblouissement. Il m'est même difficile de dénouer ce qui m'a le plus touchée, de l'histoire elle-même avec un petit ou un grand H, de celle du manuscrit, de celle de l'auteure ou des ajouts au roman.

Tentons d'expliquer tout ça.

Le roman est en deux parties, d'abord "Tempête en Juin", (description de l'exode en France pendant la 2e guerre mondiale, tableaux très parlants, scènes insupportables de la nature humaine quand elle panique), puis "Dolce", récit du début de l'occupation jusqu'à l'entrée de la Russie dans la guerre, avec des portraits psychologiques ahurissants de perfection. Malheureusement ça s'achève là.

En préface, Myriam Anissimov nous raconte la vie et le destin d'Irène Anissimov, de sa famille. On apprend ainsi que le manuscrit de Suite française a longtemps dormi auprès de sa fille Denise, jusqu'à ce qu'elle trouve le courage et l'envie de l'offrir au public.

En post-face, les notes d'écriture d'Irène Nemirovsky; passionnantes, elles décortiquent les méthodes d'écritures employées, envisagées, ce qu'elle souhaitait faire ressortir de tout ça, son envie d'écrire là une symphonie en 5 temps de 1000 pages, ce qu'elle vivait, un peu.

Enfin, les correspondances échangées pendant toute cette période par l'écrivaine, son mari, leur entourage de l'époque. Poignant.

Tout cela forme vraiment un ensemble parfait, INDISPENSABLE à lire, à mon avis, mais l'écriture elle-même d'Irène Nemirovsky justifierait tout à fait le prix Renaudot.

Une romancière que je découvre, avec émerveillement, dont je lirai toute l'oeuvre, assurément!

Note : 5/5
(Cuné)
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Je viens de lire Suites française et je suis tout à fin d'accord avec la critique de Cuné. Ce livre m'a soufflé, autant par sa forme que son contenu.

Un aspect qui m'a frappé pendant cette lecture, c'est la perspicacité du regard de Irène Nemirovsky. Elle a rédigé son livre sur l'occupation en 1942, mais les réflexions qu'elle y laisse témoigne d'une capacité de distanciation et d'analyse exceptionnelle. Elle devinait comment les Français "ordinaires" se comporteraient pendant les années qui allaient suivrent. Le sujet de l'occupation n'est pas nouveau en littérature, mais la plupart des auteurs bénéficiaient d'années de recul pour contruire leur oeuvre. Irène Nemirovsky a rédigé son oeuvre au présent, dans la tourmente.

Je dois confesser qu'une pensée outrageuse m'a traversée l'esprit à quelques reprises pendant la lecture, car le regard de l'auteure me semblait tellement pénétrant: est-ce que ce livre ne serait pas plus récent et que l'histoire de ce manuscrit serait un coup monté pour la publicité? Néanmoins, cette pensée était rapidement rejetée dans l'ombre, lorsque j'admirais la force de la plume au fil de la lecture. Elle me convainc que quelqu'un qui écrit aussi bien puisse posséder un tel esprit visionnaire.

(Le-réaliste-romantique)
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Je m'attendais à une autobiographie, j'ai eu le plaisir de découvrir un roman (inachevé, hélas, en lisant les notes de l'auteure on aurait bien aimé découvrir la suite).

Le livre est en deux parties, la première "Tempête en Juin" relate l'exode lors de la Seconde Guerre Mondiale, la deuxième "Dolce" l'occupation. Le livre se termine avec l'entrée en guerre de la Russie.

Ce qui est marquant dans ce livre, c'est le recul par rapport aux événements alors que le livre a été écrit en plein coeur de la tourmente. L'auteure nous relate les événements sans condamner, elle observe les réactions de chacun et tente parfois de les expliquer.

Une belle découverte, vous m'avez aussi donné très envie de lire "Le bal".

Note : 4.5/5
(Doriane)
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Livre écrit en deux parties : La première, "Tempête en juin", nous raconte l'exode du début de la seconde guerre mondiale, et les réactions et sentiments de plusieurs familles françaises : entre autres, les "Péricand", bourgeois bigots, qui fuient avec leurs domestiques et le grand-père dont ils attendent l'héritage, les "Michaud", bons français, qui essaient de rejoindre leur patron, tout en mourant d'inquiétude car sans nouvelles de leur fils parti au front. La deuxième partie "Dolce" raconte, elle, un moment de l'occupation d'un petit village avec les réactions pleines d'ambiguités de chacun.

Une très belle écriture (les descriptions des petits jardins français me rappelaient l'écriture de Colette), une analyse du comportement humain face à la guerre et à l'occupation, pleine de finesse, de sensibilité et de vérité, une mise en lumière de "l'opposition" entre un monde humain en plein bouleversement, et une nature qui suit le rythme des saisons et qui paraît si tranquille et si éloignée de la folie humaine, tout ceci forme un roman, certes inachevé, mais un roman-témoin-phare de cette époque, et ça se lit formidablement bien et c'est criant de vérité. J'ai beaucoup aimé.

Note : 4.5/5
(Chantal)
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L'auteur, d'origine juive, est née en 1903 à Kiev. Elle a écrit plusieurs romans avant la guerre. Après l'exode, elle se réfugie dans un village du Morvan avant d'être arrêtée par les gendarmes français puis assassinée à Auschwitz à l'été 1942. Agée de 13 ans, sa fille aînée, Denise, emporte dans sa fuite une valise contenant le manuscrit ultime de sa mère : "Suite française".

Ce livre se compose de deux parties, la première racontant l'exode de 1940 vécue par différents personnages, l'autre décrivant la vie d'un petit village occupé par les Allemands.

Je dois avouer qu'après avoir lu ce livre, je suis moins enthousiaste que les précédents lecteurs qui ont déposé leur critique. Bien sûr l'écriture est très belle, très riche. Je reconnais volontiers que les portraits psychologiques des personnages sont excellents, que l'auteur a réussi à dépeindre ce qu'il y a de plus intime, de plus secret dans le coeur de chacun d'eux et ceci sans tomber dans la caricature. Il est vrai aussi qu'elle a dépeint de façon très convaincante des situations où la frontière entre le bien et le mal était bien floue en ces temps de guerre.

Néanmoins, je voudrais émettre quelques critiques. D'abord sur la forme : la division de cet ouvrage en une multitude de petits chapitres casse le rythme de la lecture. Ensuite certains passages sont vraiment à mourir d'ennui, notamment lors de descriptions de lieux peu captivantes. Enfin le livre est inégal. La première partie est passionnante, la deuxième beaucoup moins sauf vers la fin...

Note : 3.5/5
(Raphaël)







Le maître des âmes,
Le vin de solitude,
Suite française,
Les mouches d'automne,
Le bal,
Les Chiens et les Loups,
Un enfant prodige,
David Golder,
Ida


D'origine juive ukrainienne, Irène Némirovsky, née en 1903 à Kiev, connaît le succès dès son premier roman, David Golder (1929), puis avec Le Bal (1930). Après l'Exode, elle se réfugie dans un village du Morvan avant d'être arrêtée par les gendarmes français, puis assassinée à Auschwitz, l'été 1942. Agée de treize ans, sa fille aînée, Denise, emporte dans sa fuite une valise contenant une relique douloureuse: le manuscrit ultime de sa mère, Suite française, jusqu'à ce jour inédit.



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