Une maison pour Monsieur Biswas
(Gallimard, 1985, 579 pages)
Résumé : L'action de ce roman se déroule dans un cadre antillais. C'est un
récit autobiographique où le protagoniste emprunte les traits du père
de V.S. Naipaul, Mohus Biswas. Petit homme malingre et volontaire qui sent obscurément
la nécessité de livrer un combat pour s'extirper des lois d'une religion
ancestrale, des impositions dictées par sa condition sociale et raciale
(communauté hindou et communauté noire antillaise), la misère, l'ignorance,
bref, déterminé à s'extirper des soumissions qui brident l'homme et
l'empêchent de s'accomplir.
Mon avis : Ce roman semble constituer un propre univers intégral avec lequel l'auteur
plonge avec humour et force détails dans le réel quotidien de ce petit peuple
trinidadien. On ressent que Naipaul, documentaliste et auteur originaire de Trinidad est
sensible à la diversité culturelle, sociale et économique de son pays.
Son regard est original, puissant, empreint d'ironie intrinsèque.
Dans cette histoire tragi-comique, Naipaul porte sur le monde des siens un regard désabusé
et cynique condamnant tout à la fois les ravages du colonialisme et le carcan des
traditions. Défaites et victoires, révoltes et résignations se
succèdent emportées d'un bout à l'autre par un rythme large,
régulier et calme.
J'ai bien aimé le style original qui laisse s'estomper la limite traditionelle entre
roman et le document. L'ouvrage ne livre aucune analyse mais bien plutôt des images
ponctuées de dialogues, d'impressions et de faits aussi.
Une histoire prenante et dépaysement assuré. Une plaisante lecture
d'été.
Après avoir lu L'Inde, un million de révoltes et ce roman, j'ai vivement
l'intention de poursuivre avec l'oeuvre de V.S. Naipaul.
Note : 4,25/5
(Sereine)
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