Lolita
(Gallimard/Folio, 2001, 551 pages)
Humbert Humbert, la quarantaine, nous conte sa folle passion pour Lolita, nymphette
de 12 ans.
Attention, chef-d'oeuvre!!! Ne vous fiez pas au thème du livre qui pourrait
vous choquer, tout le génie de Nabokov est dans l'écriture! et
quelle écriture! Aucune vulgarité, un vocabulaire recherché
(j'ai adoré : gourgandine, gandin, bamboche...), des jeux de mots qui savent
suggérer.
Le thème est choquant, le mot "pédophilie" est d'ailleurs cité
par le narrateur lui-même. Il est conscient de sa déviance mais
n'arrive pas à s'en affranchir. On peut réfléchir sur l'impact
de sa préférence sexuelle sur cette pauvre Lolita qui sera tour
à tour, ingénue, manipulatrice, brisée... Mais, une fois
encore, l'intérêt de ce livre n'est pas le fond mais la forme!
Ecrit en anglais (mais il avait été précédé
d'une nouvelle sur ce thème écrite en russe), il a été
refusé par tous les éditeurs américains choqués du
propos.
Juste un petit reproche, une seconde partie un peu longuette, mais on peut tout
pardonner à qui écrit si bien.
Note : 5/5
(Doriane)
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Lolita n'est pas comme on le croit l'histoire de la nymphette qui porte ce
prénom. A la vérité, ce roman est d'abord en effet celui du
véritable héros de l'ouvrage, Humbert Humbert, son narrateur
pitoyable, quadragénaire amoureux d'une enfant et qui nous décrit
avec cynisme et ironie le détail de sa propre déchéance et de
sa chute vers la folie et le meurtre. Aveuglé par son amour pour cette
Lolita, Humbert ira au bout de la passion en y entraînant un lecteur tout
à la fois surpris, horrifié, amusé et charmé. C'est une
panoplie de sentiments contradictoires : beaucoup de perversité, beaucoup de
mal, beaucoup de voyages mais au-delà de tout, beaucoup d'amour et de
sacrifice.
Les confessions que le narrateur livre à ses lecteurs le posent tantôt
en pervers manipulateur, tantôt en victime martyrisée esclave du
pouvoir envoûtant de Lolita. En effet, le cynisme de cette nymphette est tout
aussi dérangeant. Son insolence manipulatrice se joue de son entourage et
surtout de son partenaire menant outrageusement sa déviance à la
folie. Certes, elle a l'excuse de son jeune âge où les interdits sont
si tentants et la volonté de paraître si fascinante.
On est frappé par le ton irrévérencieux et l'amoralité
générale qui traverse tout le livre. Mais il n'y a aucune description
fallacieuse. Tout est suggéré et décrit de façon
artistique. Le narrateur nous entraîne avec lui non pas forcément dans
sa déviance sexuelle mais dans son amour dévorant qui devient
ultra-possessif et dévastateur.
Tous les ingrédients de la bonne littérature sont présents :
une histoire sombre et passionnante, un sujet sensible, une écriture d'une
précision diabolique (parfois un peu précieuse).
Par delà le côté sulfureux et scabreux de la trame de fond du roman,
c'est l'histoire bouleversante d'un amour fou mais impossible... Un roman trouble
et troublant.
Note : 3,5/5
(joubjoub)
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