Pleine lune
(Seuil/Points, 2003, 438 pages)
L'assassinat de Fatima, une enfant de 9 ans est l'élément déclencheur
autour duquel se tisse la trame narrative de ce roman. L'inspecteur, homme
malheureux et introverti, vient de se faire muter dans une petite ville
d'Espagne où il est chargé de mener l'enquête. Son investigation le mène
à la professeure de Fatima. Ensemble ils tenteront de bâtir un amour tout
en essayant de coller un visage au meurtrier. Deux autres personnages
principaux tournent autour de l'histoire: le médecin légiste Ferreras et
le curé Orduna. Entre en scène, vers la moitié du volume, l'assassin.
Tous les personnages sont écorchés et Antonio Munoz Molina s'attarde à les
explorer en promenant un regard intime sur les différents événements qui
ont émaillé leur vie privée. Ce n'est pas un polar cauchemardesque avec
détours tortueux ni mouvementés et pas forcément lumineux. Les indices
sont livrés au compte-goutte, la distillation du meurtrier est lente et la
narration se rythme au pas de tortue. C'est un roman de détection
classique dont l'approche est d'un simple exposé qui ne se distingue pas
particulièrement mais qui, malgré quelques longueurs dans la description
des protagonistes, fait sa marque.
Lorsque l'identité du tueur est présentée, la tâche est difficile de
maintenir l'intérêt, car l'auteur favorise la caractérisation plutôt qu'un
véritable complot, ce qui résulte en une impression de lecture fictive
plutôt qu'un roman policier.
Je débute toujours un polar avec une certaine méfiance et avec un léger
froncement de sourcils. Toutefois, celui-ci est sans prétention, se lit
avec agrément et on conçoit somme toute que ça vaut la peine de l'effort
de terminer cette lecture.
Note : 4/5
(Sereine)
Prix Femina étranger 1998.
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