Le club des rats de biblio-net
Fils d'un architecte italien, Alberto Moravia est né à Rome le
28 novembre 1907. C'est à l'âge de 19 ans qu'il écrivit son premier
roman, Les Indifférents, oeuvre qui pourrait être celle d'un
écrivain en pleine maturité. Peintre réaliste et vigoureux du monde
moderne, Moravia est sans doute le plus célèbre des écrivains italiens
d'aujourd'hui. Plusieurs de ses romans, notamment La Ciociara, La belle Romaine
et Le Conformiste, ont été adaptés au cinéma.

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L'amour conjugal
Le narrateur raconte la désagrégation de son couple mais sans réaliser ce
qui se passe vraiment. Il raconte au premier degré alors qu'en fait tout se passe en
profondeur.
Un couple (qu'on suppose en moyens puisque ni l'un ni l'autre ne travaille) se retire dans sa
maison de campagne parce que monsieur veut écrire un roman. Madame se servira de ce
prétexte pour cesser les relations sexuelles.
J'ai senti une certaine ironie de l'auteur dans le discours du narrateur. En même temps,
ça me rappelait Romain Gary (Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus
valable) donc, une littérature masculine dirais-je. C'est donc écrit à
gros traits égocentriques. En même temps, c'est par moment savoureux lorsqu'il
décrit certaines manières de sa femme qui lui déplaisent. Il va
même jusqu'à la comparer à une chèvre.
Je pense que pour avoir une idée plus juste, je devrai lire autre chose de Moravia.
Pour l'instant, j'ai eu l'impression d'une histoire qui avait vieilli. Pas mal vieilli, mais
vieilli quand même.
Une belle écriture mais pas vraiment dans mes cordes.
Note : 3/5
(Boogok)
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Simple réponse à une brève analyse émise par un autre lecteur.
Ironie: évidemment, puisque c'est la tonalité fondamentale de la démarche
littéraire existentielle. Le lecteur de l'amour conjugal, auquel je fais ici
référence, renvoie à Gary. Certes l'ironie n'est pas absente de l'oeuvre
de ce dernier, mais elle y est bien plus méthodologique.
Ensuite, il est peut-être un peu hâtif de croire que c'est par jalousie ou
ressentiment que Léda impose l'abstinence sexuelle à son écrivain de mari. Mon
actuelle vie de couple m'apprend que ce genre de sacrifice, dont une femme est,
de beaucoup, plus capable que les hommes, peut émaner d'une très grande
sincérité, toute d'abnégation et de rare bienveillance.
Enfin, il me semble téméraire de placer l'abstinence sexelle comme condition
nécessaire à la création littéraire, comme peut sembler le laisser croire notre
auteur. Peut-être trouverons-nous quelques lumières à ce sujet dans l'ennui
et, çà et là, dans quelques passages des Concepts fondamentaux de la métaphysique,
de Heidegger.
Note : 4/5
(Ol, 27 ans, Bruxelles/Belgique)
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