Une jeunesse
(Gallimard/folio, 1985, 182 pages)
Chez Modiano, c'est toujours la quête de l'identité: dans Une jeunesse Louis et
Odile, les deux personnages, nous apparaissent comme s'ils sortaient du rien, Louis fils d'un
coureur de vélo disparu, sans famille qui ne soit pas l'armée, sans un
métier et sans perspectives, Odile, fille seule et perdue dans une gare parisienne,
chanteuse vivant d'expédients. Et pourtant, ils rencontrent des personnages qui les
aident à sortir de cette condition sans espoirs: Bellune, Brossier, Bejardy, chacun a
eu son passé trouble, se livre à des commerces douteux, se réfuge dans la
mémoire du passé ou dans le mirage de la jeunesse éternelle.
Vraiment, sans avoir l'infinie tristesse de Dora Bruder, le monde de ces personnages n'est pas
gai du tout. Même si Louis et Odile finiront par vivre une vie tranquille avec leurs enfants
dans un bled des Alpes (on apprend ça au début du roman, l'histoire est
racontée comme un flash-back), une petite mélancolie s'empare
inévitablement du lecteur. Une bonne mélancolie, qui donne envie de relire.
Note : 5/5
(Yotlande)
p.s. Une jeunesse est disponible aussi en collection folio plus, avec explications et
commentaires (très utile chez Modiano, où certains personnages renvoient à
d'autres romans et réapparaissent à plusieurs reprises dans son oeuvre).
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