Mon enfant, ma mère
(Ramsay poche/roman, 2006, 185 pages)
L'auteur nous invite au paradis de la Tunisie parfumée de menthe et de
jasmin, sa mère à qui elle vouait une admiration et un amour absolu.
Un bonheur qui prend fin avec la maladie grave et la disparition de cette
mère tant aimée. Nine quitte alors la Tunisie avec son jeune
frère et part pour Paris. C'est lorsque à son tour, elle attend un
enfant, cela bien des années plus tard qu'elle comprend et s'adresse à
sa mère par le biais de ce livre et lui dit qu'elle a l'impression d'être
enceinte d'elle.
Très beau, ce livre, imprégné de tendresse et d'amour filial,
est émouvant parfois tristounet ou légèrement teinté
d'humour mais toujours avec une voix juste et chaleureuse empreinte de pudeur.
J'ai aimé.
Note : 4,5/5
(Lalyre)
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Dans ce premier roman, Nine Moati s'adresse à sa mère et lui raconte
comment sa grossesse et la naissance de sa fille, Marie, la rapprochent d'elle et
de leurs souvenirs. Elle lui raconte à la fois combien elle lui manque
durant ce moment si particulier de la vie d'une femme qu'est la grossesse, et lui
confie ce qu'elle a ressenti durant leurs derniers moments ensemble, alors qu'elle
savait sa mère condamnée et qu'elle vivait à fond leurs
derniers instants. D'un chapitre à l'autre, Nine Moati nous fait ainsi faire
des bonds dans le temps, entre les derniers moments de sa vie avec ses parents et
les débuts de sa vie d'adulte, lorsqu'elle est venue s'installer à
Paris avec son petit frère, malgré les réticences du conseil
familial. Elle nous emmène aussi dans le Tunis de l'après-guerre, au
milieu des traditions juives, des odeurs des villes méditerranéennes
et des pâtisseries sucrées du Maghreb.
Ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre, c'est justement la
manière dont Nine Moati nous fait voyager dans le temps sans jamais nous
perdre. En effet, les récits autobiographiques sont parfois un peu tortueux,
l'auteur va d'un souvenir à l'autre et le lecteur peut s'y perdre. Dans ce
livre ce problème est absent car, à chaque début de chapitre,
l'auteur nous situe dans le temps et l'espace en une ou deux phrases efficaces, et
on la suit d'autant plus volontiers dans les méandres de sa mémoire.
La seule chose qui m'ait gênée dans la forme, c'est le rythme des
phrases, très courtes, trop courtes souvent. Certes ça se comprend car
l'auteur avance dans ses souvenirs et les périodes dont elle parle ont
été manifestement assez frénétiques pour elle. Mais le
côté poétique de certaines de ses descriptions de la vie
tunisienne aurait gagné, je pense, à bénéficier de
phrases plus longues, d'un rythme plus doux. Mais cela reste une question de goût,
car sur le fond comme sur la forme, ce livre reste très agréable
à lire, il touche sans virer au mélodrame et nous montre combien
certaines parcelles de vie partagées avec nos proches peuvent devenir
importantes avec le temps. Un très bon livre donc, qui mérite bien un
4/5.
Note : 4/5
(nauticus)
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