Le goût de l'Amérique
(Stock, 2001, 458 pages)
Ian et Glynnis McCullough font partie de la bonne société de la petite ville d'Hazelton sur l'Hudson
à quelques kilomètres de New York. Lui est un démographe reconnu et appartient à
l'élite de "l'Institut". Elle : experte en gastronomie travaille à son troisième livre :
"Le goût de l'Amérique".
Au bout de 26 ans de mariage, ils sont un modèle de couple heureux pour tous leurs amis. Malgré
tout, ils sont insatisfaits : Bianca leur fille leur semble peu attachée, Ian est victime de pannes
sexuelles, Glynnis cherche un bonheur artificiel auprès de son amant.
Jusqu'au moment où tout bascule, une dispute d'une violence inouïe et leur existence bien huilée est
bouleversée.
Critique au vitriol de cette Amérique bien pensante de la fin des années 80, les rapports de
couples hypocrites, les amitiés fragiles. Tout y est superficiel.
Oates a un don pour peindre des portraits incisifs, elle pénètre au plus profond de l'âme de ses
personnages et les dépeint sans concession. Quel plaisir de lire une aussi belle plume!
Malheureusement, il semble que "Le goût de l'Amérique" ne soit plus édité, alors
courez à vos biblios en espérant qu'ils en possèdent un exemplaire, il vaut le détour!
Note : 4.5/5
(Doriane)
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Intéressée par la critique de Doriane, j'ai emprunté mon premier Joyce Carol Oates.
En gros, il me semble que ça pourrait se résumer ainsi : Comment cacher la misère et la
mésentente sexuelles d'un couple sous un vernis épais de faux-semblants, de non-dits et une tonne
d'actions et de propos très "comme il faut". C'est une assez belle description d'une caste
élitiste composée d'universitaires, d'intellectuels, d'artistes, de professionnels, tous
dégagés des contraintes pécuniaires, tous également imbus d'eux-mêmes et qui vivent
dans des "maisons de verre".
Le couple McCullough vit dans une réelle maison de verre. Mais, tout au long du récit la
métaphore de la "maison de verre" prend de l'intensité tellement tous les protagonistes sont
attachés aux convenances, aux apparences, aux "qu'en dira-t-on" au mépris de l'expression de leurs
sentiments ou de leurs désirs, jugés trop communs ou trop vulgaires. En fait, toutes ces existences
très policées et sans aspérités apparentes m'ont laissé une sensation de
malaise tellement ça sous-tend d'hypocrisie, de frustrations, de refoulement.
Le ton, je l'aurais aimé plus cinglant, plus caustique. Mais l'auteur a un don pour de
"délicieuses" formulations :
"... un véhicule aux lignes basses, d'allure sportive, couleur de rouge à lèvres..."
"... parce qu'elle sait que je l'aime, que ma vie, pour le meilleur ou pour le pire, est liée à la
sienne, par inertie sinon par passion - mais à notre âge, l'inertie est une passion qu'il convient
de ne pas sous-estimer..."
Je ne sais pas encore si j'ai aimé ce roman. Et là, peut-être suis-je devenue
moi-même bien conventionnelle parce que la fin m'a semblé immorale!!! à tout le moins, ce
bouquin là ne m'a pas laissée indifférente.
Note : 3,8/5
(Sirocco)
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