Je vous emmène
(LGF, 2006, 350 pages)
1960. Campus de New-York. Mary Alice forte de son diplôme du secondaire veut à présent
intégrer la maison la plus en vue du campus : la Kappa Gamma Pi, dirigée de main de maître par Mme
Thayer. Mais une fois l'objectif atteint, la jeune fille n'est toujours pas satisfaite car les plaies à
panser sont toutes autres. Le désamour d'un père qui lui reproche la mort de son épouse;
des frères avec qui le lien est loin d'être fraternel... Déboussolée de n'avoir pu se
racheter à temps aux yeux de ses parents et de ne pas trouver le bonheur tant désiré
auprès de ses "soeurs" Kappa, Mary-Alice se marginalise un peu plus chaque jour et ne trouve
réconfort que dans les cours de philosophie. Elle s'éprend d'un étudiant de ce cours Vernor
Matheius qui est noir.
"Je vous emmène" fait partie des romans "chroniques sociales" de Joyce Carol Oates. Pas de comportement
déviant, de meurtre, mais la dure réalité de la vie qui peut être tout aussi
assassine. Mary-Alice est comme prise dans un tourbillon de fatalité dont elle ne peut s'échapper.
Comme dans d'autres critiques postées, j'ai moi aussi retrouvé la thématique de l'absence du
père, de l'amant-trompeur... Mais si le style de Joyce Carol Oates est toujours percutant, son intrigue
l'est à mon sens beaucoup moins dans ce roman. J'ai connu quelques moments d'ennui durant ma lecture ou de
relance d'intrigue déçue (notamment LA rencontre avec Vernor présentée comme un
point-clé de l'histoire).
En conclusion, Mary-Alice n'a pas réussi à m'emmener et ce malgré, le style toujours aussi
précis, tranchant de Joyce Carol Oates. Mais ça ne m'empêchera pas de m'attaquer à un
nouveau roman de cet auteur.
Note : 2,5/5
(Cafrine)
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Dans les années 60, une jeune étudiante en deuxième année de philosophie
intègre la sororité Kappa Gamma Pi. Pour cette jeune fille, il s'agit avant tout de trouver enfin
sa place, elle qui ne l'a jamais trouvé au sein de sa famille qui la rend responsable de la mort de sa
mère. Mais elle est loin de trouver chez les membres des Kappa les soeurs qu'elle pensait y trouver.
J'ai moins aimé ce livre que le précédent que j'ai lu de Joyce Carol Oates : "Les chutes".
Non pas que l'héroïne ne soit pas intéressante mais je rejoins l'avis de Cafrine, l'intrigue
n'est pas toujours très passionnante. Je m'attendais à une vraie histoire d'amour mais là,
je suis un peu déçue. Ce qui est par contre très réussi, c'est le portrait, à
la fois de la jeune fille, marginale, à part, mais aussi de toute une société. La
description qu'elle fait des sororités et des étudiantes qui en font partie est
particulièrement instructive. Elle évoque aussi le problème du racisme et de la
discrimination à travers le personnage de Vernor, bien que ce ne soit pas le point central du roman.
Au final, je retiens de ce livre une belle analyse de la psychologie de l'héroïne, ce qui semble
être le talent de cette auteure. J'espère le retrouver dans "Nous étions les Mulvaney",
l'intrigue en plus!
Note : 3/5
(Lyreek)
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C'est avec ce roman que je poursuis ma découverte de l'univers de Joyce Carol Oates. Et j'aime toujours
autant son écriture. Malgré quelques longueurs, j'ai beaucoup aimé ce roman. D'une
écriture envoûtante, l'auteur a réussi à ma faire dépasser l'ambiance parfois
oppressante et le rythme lent de quelques passages. Encore une fois, les personnages sont torturés,
écorchés vifs et tentent de trouver une réponse à leurs questions. Un passé
difficile dans une famille qui n'en a que le nom, un manque d'amour certain et une propension à
s'autodétruire voilà qui peut dépeindre en quelques mots le personnage principal. Jeune
fille intellectuelle qui cherche un sens à sa vie ainsi qu'un peu d'amour, mais ne recevra que moqueries de
par sa différence des autres filles dont le but est de trouver un mari. Encore une fois Joyce Carol Oates sait
dépeindre avec les mots justes la différence et la souffrance de cette différence.
Note : 5/5
(Elfe)
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