Club des rats de biblio-net


Joyce Carol Oates

Délicieuses pourritures
(J'ai Lu, 2005, 125 pages)

Un résumé : Nous sommes en 1975, dans une Nouvelle-Angleterre en pleine explosion des moeurs. Une université féminine, un savant cours de poésie, un professeur qui charme et son épouse sculptrice qui récolte les fruits des vendanges. Couple sadique et pervers qui détruit tout sur son passage, en commençant par le mental, c'est plus fragile qu'un corps.

Gillina, la narratrice, nous expose ses mésaventures sous forme d'un journal intime qu'elle tient par obligation, parce que le prof veut tout connaître de la vie intime (surtout sexuelle) de ses élèves et leur a demandé de consigner chaque pensée, chaque propos. Elle le fait et conserve cela pour elle, ce qui nous permet d'assister, mi-spectateur mi-acteur à cette longue descente aux enfers que connaissent la plupart des filles de Heath Cottage.

Mon avis : "Délicieuses pourritures" est un titre que j'aime bien. Pas uniquement parce que c'est un vers extrait de "Nèfles et sorbes" de D.H. Lawrence mais parce qu'il résume à merveille la manière de qualifier Andre Harrow et son épouse Dorcas, de délicieuses pourritures. Des êtres malsains et pervers qui prennent plaisir à déstabiliser et abuser de jeunes étudiantes amourachées de ce séduisant et mystérieux professeur de poésie qui joue la sévérité pour mieux les faire ployer sous ses doigts habiles. Deux êtres qui utilisent les autres afin de se trouver eux-mêmes, des personnes meurtries et torturées qui ne s'aiment qu'à travers le reflet de l'admiration qu'on leur porte et qu'ils lisent dans le regard de ces jeunes femmes tombées dans leur piège.

Univers révoltant que Joyce Carol Oates décrit dans un langage simple et familier, alternant monologues intérieurs à descriptions de la vie de tous les jours. Le récit semble réel, palpable, ça lui donne une force qui finit par embarquer complètement le lecteur sur les traces de cette pauvre Gillian, qu'on prend en pitié tout en ressentant un peu d'agacement face à sa naïveté. Mais qu'aurions-nous fait à sa place, en cas de fol amour et de passion dévastatrice? Sans doute la même chose...

Note : 4.5/5
(Sahkti)
**********

Voilà un livre qui me pose de très grosses difficultés à commenter. Ma première réaction en le refermant fut de me dire que non vraiment, je n'avais pas totalement apprécié. Mais plus j'y pense plus je me dis qu'au moment de ma lecture, je suis passée à côté distraite par la perversion qui émane des personnages jusqu'à l'écriture même. Au delà d'un style déroûtant mais parfait sans aucune fausses notes, pour moi, la seule et principale force que j'arrive à attribuer à ce livre réside dans les portraits des différents personnages, tous plus pervers, "pourris" les uns que les autres. Cependant cette ode à ce qu'il peut y avoir de plus noir, d'inavouable dans la nature humaine n'a cessé de me déranger; je ne doute pas que ça soit le but inavoué mais il n'est jamais très agréable de se faire placer face à ce genre de situation.

C'est certes un livre à livre, mais qui se destine plus aux lecteurs déjà conquis par Joyce Carol Oates que pour une première découverte.

Note : 3/5
(lacazavent)
**********

En refermant ce livre (le second que je lis de Oates), je me suis dit que ma note ne pouvait excéder 2/5... Mais voilà, je n'ai pas trouvé d'arguments et c'est là que j'ai compris. Compris que "Délicieuses pourritures" n'était pas mal écrit ou mal "ficelé", mais dérangeant et c'est cela qui a motivé ma note initiale. Je ne voulais et/ou ne pouvais dire : "Ce livre est pervers : c'est beau, c'est bien".

Et pourtant, mettre en scène des personnages pervers dont la simple description suffit à me mettre mal à l'aise... c'est quand même pas mal. Parler de ce qui dérange, de ceux qui dérangent, ceux qui subjuguent, manipulent et détruisent les autres... il fallait oser. Et Oates ose mettre le doigt là où ça fait mal et elle le fait très bien. Andre et Dorcas font froid dans le dos et les tourments de ces étudiantes ne laissent pas indifférents non plus... Alors finalement je le dis : les Harrow sont vraiment de déliceuses pourritures, mais ça vaut la peine d'être lu!

Note : 4/5
(Cafrine)
**********

Un peu déçu par cette lecture. C'est toujours aussi bien écrit mais le sujet m'a laissé indifférent.

Dans les années 1975, une jeune étudiante pensionnaire de vingt ans se croit amoureuse de son professeur de littérature, comme beaucoup de ses amies. C'est assez conventionnel comme situation, au moins dans un premier temps, tant il est fréquent qu'un enseignant de littérature jouisse d'une aura prestigieuse sur ses auditrices. Bien entendu il se spécialise dans les poètes érotiques et provoque des rêves humides. Comme de juste encore il est marié à une artiste décriée qui elle fait des totems primitifs, on s'en douterait. Les choses se compliquent lorsqu'il apparaît que ces deux là forment un couple de pervers qui attirent chez eux les presque vierges pour faire leur éducation, laquelle se passe très mal.

Note : 2/5
(Pilou)







Au commencement était la vie,
Blonde,
Confessions d'un gang de filles,
Délicieuses pourritures,
Hantises,
Hudson River,
Je vous emmène,
Johnny Blues,
La fille du fossoyeur,
La fille tatouée,
Le goût de l'Amérique,
Le ravin,
Les Chutes,
Les femelles,
Le sourire de l'ange,
Man Crazy,
Mère disparue,
Nous étions les Mulvaney,
Nulle et grande gueule,
Premier amour,
Sexy
Un amour noir,
Viol : Une histoire d'amour,
Zarbie les yeux verts,
Zombi

Sous le pseudonyme Rosamond Smith :

Le sourire de l'ange



Joyce Carol Oates est née en 1938 à Millerport, une région boisée de l'Est du lac Erié. Elle passe une enfance solitaire, face à une soeur autiste et découvre, lorsqu'elle s'installe à Détroit au début des années soixante, la violence des conflits sociaux et raciaux. Elle est l'auteur d'une soixantaine de romans, recueils de nouvelles, essais etpièces de théâtre. Son roman Blonde, publié pratiquement dans le monde entier, lui a valu les éloges unanimes de la critique internationale. Mais d'autres titres avaient déjà fait sa célébrité, dont La légende de Bloodsmoor, Eux, Confessions d'un gang de filles ou encore Corky. Oates a aussi écrit plusieurs romans policiers sous le pseudonyme de Rosamond Smith. Joyce Carol Oates est lauréate du National Book Award en 1969 et deux fois finaliste du prix Nobel. Elle vit et enseigne à Princeton.







©2000-2009 - Club des rats de biblio-net