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Colum McCann

Danseur
(Belfond, 2003, 369 pages)

C'est un roman qui retrace la vie du grand danseur russe, Rudolf Noureïev. Au début Rudi est un jeune enfant qui vit à Oufa, c'est la guerre, il danse à l'hôpital pour les blessés de guerre. Contre la volonté de son père, il suit des cours de danse avec une ancienne ballerine et cela a fini par le conduire à Leningrad où il est devenu le danseur vedette au Kirov. Lors d'une tournée en France, il passe à l'Ouest. Il devient un traître pour sa patrie. Et puis on le suit à travers ses tournées dans le monde entier, les célébrités qu'il a cotoyés, ses amants, débauches et excès et etc...

Aussi grand danseur fut-il, Rudolf Noureïev est plus souvent qu'autrement antipathique. C'était un homme égoïste, égocentrique, aucune considération pour les autres sinon que pour quelques rares privilégiés, vulgaire et j'en passe. On ne peut certes pas en vouloir à Colum McCann, au contraire faut le féliciter pour le portrait fidèle qu'il a dressé du danseur. Heureusement on se laisse attendrir par certains traits de la personnalité de Noureïev et il y bien autre chose dans ce livre que les défauts de Noureïev.

J'ai aimé davantage la première moitié du livre, là on est en Russie, et McCann décrit bien le contexte social, économique et politique de l'époque! De plus les personnages qui gravitaient autour de Noureïev sont des plus intéressants, en fait souvent davantage intéressants que Rudi lui-même. Par la suite Rudi est passé à l'Ouest et c'est très intéressant de lire ce que les siens là-bas ont vécu suite à sa défection et les agissements du gouvernement russe, j'en aurais voulu davantage mais bon c'est un roman sur la vie de Rudolf Noureïev...

Le début de la 2e partie est moins bien. Le rythme est plutôt saccadé, et ça va souvent trop vite. Et ça m'a souvent agacée de lire sur les excentricités de Rudy et encore plus sur ses propos vulgaires ou son mépris envers les gens, heureusement ça ne dure qu'une cinquantaine de pages et c'est agaçant mais non ennuyant. Et par la suite le reste du livre est très très excellent!

Je vous le suggère si le sujet vous intéresse quoiqu'il y a matière pour intéresser les plus difficiles. En tout cas je suis très très très contente de l'avoir lu. Et malgré certains points qui m'ont agacée je n'arrive pas à lui donner une note autre que parfaite. C'est trop merveilleux!

Note : 5/5
(Mousseline)
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Ce roman a été un de mes coups de coeur de l'été. J'étais tenue au secret car j'ai eu le privilège de le lire en avant-première avant sa parution grâce à ma sélection dans le jury du roman FNAC 2003. Maintenant qu'il est sorti, je peux donc en parler.

Pour moi, qui ai fait de la danse classique pendant plus de 15 ans, Rudolph Noureïev a été une de mes principales idoles. Admirant aussi Colum McCann, j'ai été servie comme une reine! Je ne sais si ces deux éléments réunis m'ont donné d'entrée de jeu un a priori favorable, sûrement d'ailleurs, mais je l'ai dégusté, me retenant à chaque chapître, fermant le bouquin pour mieux l'apprécier jusqu'au lendemain.

L'auteur se sert de la notoriété de ce danseur russe, qui doit sa popularité à un exil déchirant, pour en fait nous dresser le portrait d'une star dans toute sa solitude de diva. Je ne veux pas en dire trop, je préfère vous le laisser découvrir, mais sachez qu'il n'est pas nécessaire de connaître les techniques des pirouettes ou des pointes pour l'apprécier.

Colum McCann, écrivain de l'exil, apporte une autre dimension à son oeuvre grâce à ce roman qui n'est pas la biographie de Noureïev mais plutôt la vie d'une star internationale avec ses travers et ses amours.

Note : 5/5
(Calou)
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"Dancer" c'est la vie de Rudolf Noureïev, ce danseur russe de grand talent qui a dansé presque jusqu'à sa mort. "Dancer" c'est un livre puissant et plein d'émotions. Noureïev était un danseur et un homme extravagant - il a révolutionné le ballet. Mais "Dancer" ne se veut pas une biographie, on pourrait lire une fiction. D'ailleurs, l'auteur avoue avoir changé certains lieux et omis le nom de certaines personnes. "Dancer" c'est un roman dont le personnage principal est un personnage connu.

Il est bien difficile de résumer l'histoire - un personnage autour de qui gravite tout un entourage... amants, partenaires de danse, amis, famille, et fidèles employés. Ce livre est écrit de façon bien particulière, il y a différents narrateurs qui parlent au "Je" et il est parfois difficile, surtout au début du livre, de savoir qui est le narrateur mais une fois habitué au style il est facile de savoir qui "parle".

J'ai trouvé particulièrement intense une section du livre où Noureïev livre ses propos sous la forme de petits paragraphes comme si on lisait son journal intime. Par contre une des sections m'a ennuyée, Victor, un ami de Noureïev s'adresse à nous - Victor est homosexuel et baise à gauche et à droite tout ce qui bouge, j'imagine que le but de l'auteur était de nous présenter, dans ce chapitre, le style de vie que menait Noureïev, en dehors de la danse mais j'ai trouvé que c'était un peu long.

J'aurais probablement noté 4/5 mais je donne un 0.25 pour la recherche c'est quand même assez impressionnant de penser au travail que l'auteur a dû se taper pour écrire ce livre! A lire si vous aimez les personnages complexes - Noureïev n'était définitivement pas quelqu'un d'ordinaire!

Note : 4.25/5
(Lagrande)
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Ce livre fait appel aux détails de la vie de Rudolf Nuriyev au travers les voix imaginaires et voix de ceux qui auraient pu ou qui sont entrés en contact avec lui: sa famille tatare, ses professeurs russes, ses partenaires de danse et d'amour, ses amis même ses servantes. Ces voix racontent des fragments de la vie du danseur à travers leur propre existence.

Ce n'est pas Nuriyev lui-même qui concerne l'auteur mais l'impact qu'une personne peut avoir sur la vie des autres. Le talent de McCann réside dans sa capacité à mettre en scène sa vie publique en créant les vies intimes et histoires de ceux qui regardent des coulisses.

La narration s'agence pour transmettre toute la fougue de cette personnalité hors norme, travailleur acharné, arrogant, insultant, doté d'une vitalité exceptionnelle. La construction polyphonique du récit s'axe autour de Rudolf sans jamais le percer complètement et m'a laissée pantelante, partagée entre agacement et fascination.

"Danseur" fusionne la réalité et la fiction en recréant l'essence plus large que la vie de Nuriyev. J'aime la façon dont l'auteur fait lumière sur la personnalité de Niriyev et sa formation de danseur. Une très belle incursion dans la vie de l'étoile. L'auteur fait danser les mots pour dire celui qui était la danse incarnée. J'aime sa prose et ses incessantes ruptures de ton: langage mélancolique, sentimental, lyrique, sarcastique. Langage des désordres du corps et du coeur. Cette lecture m'a énormément plu et je suis plus que charmée d'avoir enfin découvert cet auteur.

Note : 4.5/5
(Sereine)
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Je crois que ce roman m'a déçue parce que j'espérais une vraie biographie de Noureïev, alors qu'il s'agit de tout autre chose: un roman autour de la figure de Noureïev.

La première partie (1941-1961) est racontée de différents points de vue: une employée de l'hôpital où le jeune Noureïev danse avec un groupe folklorique pour les soldats; le mari du professeur de danse de Noureïev qui l'initie à la danse classique; puis la fille du professeur qui l'héberge quand il arrive à Leningrad. Tous ces récits dessinent un tableau de l'union soviétique de l'après-guerre et du stalinisme et tracent une galerie de portraits: le père de Noureïev, communiste convaincu, le professeur de danse et son mari, exilés au fin fond de la Russie pour une faute que nous connaîtrons jamais, leur fille, une intellectuelle de la ville, mal mariée. Tout cela est très intéressant mais l'essentiel ne nous est pas révélé. Pourtant quel destin que celui de cet enfant! Fils d'ouvrier, il se met à danser et se prend de passion pour la danse au point de préférer se laisser battre par son père plutôt que de renoncer. Comment un tel talent est-il né dans une province si reculée? Mystère. On sent à travers les différents récits de ceux qui le côtoient que cet enfant est volontaire, mais on voudrait découvrir sa passion de son point de vue. Et tout ce que nous voyons c'est une personnalité qui devient de plus en plus antipathique en grandissant: narcissique, égoïste, arrogant, vulgaire, inculte, méprisant, infidèle,...

La deuxième partie (1961-1971) commence quand Noureïev est passé à l'Ouest. Cette fois c'est lui qui raconte, ou plutôt qui livre ses réflexions, à travers ses notes, comme un journal intime, parfois un peu incompréhensible. C'est très vite la célébrité et les spectacles partout dans le monde. Les noms de célébrité défilent aussi vite que les lieux visités: Paris, Milan, New-York, Londres. Mais on sent comme un malentendu entre Noureïev et son public. Certes tout le monde admire son immense talent, mais on veut faire de lui un héros politique qui a fui l'union soviétique pour trouver la liberté. Or ce n'est pas le cas. On ne sait pas très bien d'ailleurs quelles sont les raisons qui l'ont poussées à prendre ce risque, mais c'est clair que ce ne sont pas des raisons politiques et il s'amuse du rôle qu'on veut lui faire jouer, le refusant le plus souvent. Et à travers ses notes, on perçoit parfois les failles du personnage, car Noureïev joue sans cesse un personnage: "l'impression constante d'être un imposteur", "je fais de l'esbroufe pour masquer mon angoisse, y compris sur scène".

Mais c'est la dernière partie qui m'a le plus émue: en 1987, Noureïev, déjà malade (il mourra du SIDA en 1993), obtient enfin l'autorisation de retourner en URSS pour voir sa famille. J'ai trouvé que c'était seulement dans cette partie de l'histoire que le danseur atteignait une dimension humaine.

Note : 3/5
(Papillon)








La rivière de l'exil,
Le chant du coyote,
Les saisons de la nuit,
Ailleurs en ce pays,
Danseur,
Zoli,
Et que le vaste monde poursuive sa course folle



Colum McCann est né à Dublin en 1965. Après des études de journalisme, il travaille d'abord comme journaliste dans la presse irlandaise, dans les années quatre-vingt, avant de s'embarquer pour un tour des États-Unis à bicyclette qui va durer deux ans. C'est de cette expérience, sur les pas de Kerouac, qu'il va tirer Sisters (Sours, dans la Rivière de l'exil, 10/18), son premier récit (et premier livre) avec lequel il remporte plusieurs prix littéraires prestigieux. Il est ensuite salué unanimement par la critique et le public comme une des nouvelles voix les plus prometteuses de sa génération pour ses deux romans, Le Chant du coyote et Les saisons de la nuit. Ironie du sort, Colum McCann a quitté l'Irlande, en partie à cause de sa violence, pour New York, où il habite à quelques blocks des ex-Twin Towers de Manhattan.







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