La terre des femmes
(Albin Michel, 2005, 261 pages)
Fêtes païennes.
Malgré une chronologie inversée, un superbe roman dans la lignée de "La nature de l'air et
de l'eau". Une vie de passion et de conflit, d'amour et de trahison, et peut-être un jour l'apaisement et
le bonheur.
Pendant la première partie du livre, nous sommes en 1972 à Santa Fé (Nouveau-Mexique) Fiona
y a rejoint son père photographe après avoir quitté l'Irlande et sa mère. Mais son
père décède la laissant seule. Cherchant du matériel pour ouvrir une boutique, elle
fait la connaissance de Carlos, antiquaire, dont un lointain ancêtre a fait partie de l'Invincible Armada,
qui s'échoua près des côtes irlandaises, Carlos voue une véritable passion pour ce
pays. Ils deviennent amis et se revoient souvent. Puis Carlos doit partir. Il veut tenter de retrouver
l'épave du bateau de son ancêtre au large des îles Blasket. Fiona et lui deviennent amants.
La seconde partie de ce roman se déroule en Irlande en 1960.
Fiona est adolescente, sa mère, Jane, est un personnage tout en mystère et fragilité
intérieure, elle n'a jamais connu son père, sûrement un des descendants de ces nomades
irlandais chassés de chez eux pendant les grandes famines. Fiona fait la connaissance de Michael, en tombe
amoureuse, mais la saison des grandes fêtes celtiques arrive, elle accepte d'être la reine de
Beltane (solstice d'été) et de devenir en ce jour précis la maîtresse de Michael.
La fête passée, la vie suit son cour, Fiona s'interroge sur Michael, Jane aimerait se marier avec son
voisin Mc Ginty, ce que refuse la mère de ce dernier. Malgré Michael qui sert d'entremetteur, la
partie n'est pas gagnée, chacun a son lot d'animosité vis à vis de l'autre. Mais petit
à petit, les certitudes de Fiona s'envolent, et elle demande à rejoindre son père Ronan aux
Etats-Unis.
Ce roman, aussi réussi que le premier, nous fait découvrir les dernières fêtes celtiques,
ce monde de sorcelleries et de magie, Jane et Fiona se livrant à des incantations, avec une mèche
de cheveux pour faire revenir Ronan. Ou alors les coutumes pour ensemencement des champs ou les fêtes pour les
solstices. (Samhain, le solstice d'hiver étant devenu Halloween aux U.S.A.)
Extraits :
"Freud disait que les Irlandais étaient le seul peuple au monde auquel la psychanalyse ne pouvait venir en
aide."
"C'est pendant les fêtes de Lugnasa, La moisson que ma mère a rencontré mon père. Les
enfants conçus à la moisson sont voués à la terre."
Note : 5/5
(Eireann)
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