Le vol du corbeau
(Flammarion, 2005, 833 pages)
L'action se passe au début des années 60. Madeleine McCarthy est une petite
fille de 8 ans - fille d'un ancien pilote de l'aviation canadienne et d'une acadienne.
Après plusieurs années passées en Allemagne, la famille se retrouve dans
une base de l'aviation en Ontario. Là-bas, Madeleine, son frère et leurs
parents se feront de nouveaux amis et la vie semblera reprendre son cours normal.
Mais à travers la normalité, Madeleine et son père, Jack, vivront,
chacun de leur côté avec un secret. Madeleine subira des attouchements de la
part de son enseignant de 4ième année, un homme lugubre. Quant à Jack,
il sera pris au milieu d'une affaire de déportation d'un scientifique russe en fuite
du régime communiste. Cette affaire, à première vue pas trop compliquée
deviendra un cauchemar et aura des conséquences graves sur la vie des voisins des
McCarthy. Le meurtre d'une camarade de classe de Madeleine fera tout basculer.
Le dernier tiers du livre nous transporte plus de 20 ans plus tard. Madeleine est adulte, sa
carrière de comique se porte bien - mais le secret qu'elle tranporte
avec elle devient trop lourd à porter pour elle seule.
C'est un livre hyper intéressant! J'ai préféré la partie où
Madeleine est une petite fille - c'est l'époque de la guerre froide où le
Canada se sentait pris au piège entre le régime communiste de l'URSS et les
USA. Mais c'est aussi moins de 20 ans après la 2ième guerre mondiale et les
blessures des nazis et de leurs alliés sont encore fraîches pour leurs
victimes. Je pense que c'est ce que j'ai vraiment aimé de ce livre. Contrairement à
Un parfum de cèdre où l'action se déroule sur plusieurs années,
l'auteur choisit plutôt de nous ramener en arrière pour nous rappeler les années
60 d'avant la révolution sexuelle et du Peace and Love.
La femme de maison parfaite qu'est la mère de Madeleine représente une
génération qui s'est vu imposer une tonne de changements et qui ont parfois eu
de la difficulté à les accepter.
C'est un roman dense et bien ficelé.
J'ai quand même un peu moins aimé que son premier roman qui est un des meilleurs
livres que j'ai lu - quoique j'en garde peut-être une idée romantique - mais
c'est tout de même un excellent bon roman qui vaut le détour.
Note : 4.25/5
(Lagrande)
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C'est un très bon roman. Tout comme Lagrande, j'ai
préféré la partie où Madeleine est toute petite.
Ce que j'ai aimé, c'est que l'auteure nous amène à
penser comme une petite fille de neuf ans. Nous y retrouvons vraiment la
famille moyenne typique des années 60 avec la femme qui reste
à la maison pour s'occuper de sa famille. J'ai trouvé
ça charmant. J'ai beaucoup aimé les notions d'histoire que
nous retrouvons dans le livre. Je crois que l'auteure était
très bien documentée et qu'elle a fait de nombreuses
recherches sur la 2e guerre mondiale et la guerre froide.
Bon le seul "bémol" que j'ai à dire, c'est la longueur du roman. Il
contient 840 pages, à mon avis il aurait pu en contenir 200 de moins
et le livre aurait été aussi bon. Parfois, j'avais
l'impression de me noyer dans les détails.
Si vous commencez à lire ce livre et qu'il ne vous plaît pas,
continuez quand même! Je crois que l'intrigue finale vaut vraiment
que vous vous rendiez jusqu'à la dernière page!
Note : 4.5/5
(Akasha)
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J'ai beaucoup aimé ce livre, qui m'a un peu replongée dans l'univers
canadien et acadien. J'ai préféré la première partie.
La suite (qui se passe dans le présent) était pour moi un peu longue
parfois. Je pense aussi ne pas très bien comprendre l'humour
américain parfois. Malgré tout un très bon moment.
Note : 4/5
(Odilette)
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Une famille, les McCarthy : le père, Jake, officier dans l'aviation
canadienne, Mimi l'épouse parfaite qui rend le foyer familial
agréable, Mike 11 ans et Madeleine 8 ans.
On fait leur connaissance alors qu'ils sont sur la route pour gagner leur nouvelle
maison à la base militaire canadienne Centralia près de London, en
Ontario.
Dès le tout début Ann-Marie MacDonald réussit à rendre
parfaitement les émotions et réflexions d'un enfant, soit Madeleine.
L'ennui, les rêves, l'inquiétude...
Alors que chez tant d'auteurs, les personnages enfants sonnent souvent faux.
Étant donné que j'avais lu plusieurs critiques de ce livre, je
m'attendais à un premier 200 pages long et fastidieux. Oui, les descriptions
font trop dans le détail, comme si l'auteur veut trop bien faire, et ça
enlève un pouvoir d'évocation à l'écriture. Les
McCarthy est une famille trop parfaite. Mais j'ai beaucoup aimé
découvrir la vie dans une base de l'armée canadienne,
la fraternité entre les familles, les invitations qui pleuvent de partout
pour les barbecue, les jeux des enfants...
Et effectivement après les deux cents premières pages, on entre dans
le vif du sujet. Tout n'est pas si idyllique. Pendant que les menaces d'une guerre
nucléaire inquiètent tout le monde à la base militaire,
Madeleine vit un véritable cauchemar, et Jake est responsable du
bien-être d'un savant allemand qui a déserté l'Est, et ce dans le plus grand
secret... Et on se réjouit
énormément, du moins pour nous les Canadiens, du
côté historique.
Et puis... Une petite fille disparaît. Je ne
dévoile rien ici car dès le premier chapitre on savait que ça
allait arriver. Mais ça fait mal, très très mal. Et Ann-Marie
MacDonald décrit les choses avec un réalisme poignant : l'inquiétude des parents, les
recherches. Je lisais deux ou trois pages, et j'avais besoin d'une pause.
Dans les deux dernières parties on fait un bond dans l'avenir. Madeleine est
une jeune femme qui travaille dans le show-bizz mais malgré le succès
le passé la hante sans qu'elle le sache. On la suit à travers des
séances chez un psy, et c'est intéressant de voir comment peu
à peu elle déterre ses bébittes.
Les cent dernières pages sont époustouflantes. En fait sur plus
de 800 pages, je me suis quelque peu - très peu - ennuyée sur environ
une centaine.
L'écriture de Ann-Marie MacDonald me semblait banale au tout début
mais à un moment donné tout a changé dans le ton, le style,
c'est devenu plus poétique, évanescent...
Ann-Marie MacDonald s'est inspirée de l'histoire de
Steven Truscott. Au début des années 60, Lynn Harper, une adolescente
de 12 ans, fille d'un militaire de l'aviation canadienne, a été
retrouvée tuée et violée. Steven
Truscott, un voisin et adolescent, a été accusé du meurtre et
emprisonné, il avait même été condamné à
une peine de mort, mais cette décision a été renversée.
Dix ans plus tard, il a été libéré. Et au début
des années 2000 il est revenu en cour pour prouver son innocence, et si je
ne me trompe pas il a été déclaré innocent.
Mais Ann-Marie MacDonald s'inspire aussi de sa vie puisqu'elle est née en
Allemagne à Baden-Baden, son père étant dans l'aviation canadienne.
Un roman très riche, Ann-Marie MacDonald touche plusieurs sujets :
la culture, la politique, les relations étrangères, les relations
familiales, la psychologie, l'amitié, l'homosexualité, l'holocauste,
la vie militaire...
Un très très bon roman!
Note : 4,5/5
(Mousseline)
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