La Compagnie - Le grand roman de la CIA
(Seuil/Points, 2004, 1248 pages)
Le tout débute en 1950, on est en pleine guerre froide, ça joue dur
entre la CIA et le KGB, on s'espionne de part et d'autres et ça nous
amène dans les années quatre-vingts à la chute du communisme.
De jeunes diplomés de Yale et un jeune juriste de New York sont
recrutés par la CIA. Après une formation ardue ils
sont envoyés chacun en mission. Jake McAuliffe se retrouve à Berlin,
il s'implique dans une défection d'un espion russe qui échoue. Ebby
est aussi en Allemagne, ce qu'on cherche en fait c'est de détruire le
communisme, libérer les nations captives de l'Europe de l'Est. Léo
est à Washington. Evgueni, un Russe qui a fait ses études à
Yale et qui partageait un appartement avec Jake et Leo, se retrouve quant à
lui dans le KGB. Ça ce n'est que le début, on suit ces personnages durant
des années. Et d'autres encore s'ajouteront. Torriti qu'on appelle
Le Sorcier, par exemple, chef des opérations à Berlin, alcoolique
invétéré, grosse bedaine, plus souvent détesté
qu'aimé mais un as dans son domaine. Starrik, le chef du contre-espionnage
russe, l'homologue de Jim Angleton qui lui est à la CIA.
On passe d'un personnage à l'autre à chaque chapitre, on nous emmène à Berlin,
Moscou, Francfort, Washington, Vienne, Budapest, Rome, La Havane... Chaque fois il se passe
un évènement quelconque qui nous tient en haleine jusqu'au dernier mot du
chapitre. Dès le début d'ailleurs, il y a un élément du
suspense qui se met en place, on devine qu'il y a un traître à quelque
part, on pense même savoir qui... Une intrigue est
dénouée qu'une autre commence aussitôt pour tenir les lecteurs dans un rythme
insoutenable.
Il y a du faux et du vrai dans cette histoire, certains noms sont
bien connus. On apprend énormément de choses : sur la vie d'un espion
qu'il soit américain ou russe, sur les méthodes employées en
espionnage et surtout sur la guerre froide. En fait, on aurait pu intituler ce
roman : "pour tout savoir sur la guerre froide"... et tout
ça est absolument passionnant. On part au début des années cinquante
alors que le communisme tentait de s'imposer dans toute l'Europe de l'est, et que de
leur côté les Américains tentaient de le contrer. On est
là à la mort de Staline, on saute à deux pieds joints dans la
révolution à Budapest en 1956, on s'indigne pour tous ces gens qui ont
été sacrifiés, on tremble pour nos héros favoris. On est
encore là en 1961 quand les Américains ont organisé le débarquement dans la Baie
des Cochons pour renverser Castro à Cuba, un fiasco... Dans les annés quatre-vingts,
on assiste à l'assassasinat du pape Jean-Paul Ier, l'envahissement de l'Afghanistan par les
Russes, le complot contre Gorbatchev...
Un roman d'espionnage autant qu'un roman historique qui s'intéresse à la guerre
froide et aux grands conflits mondiaux qui en ont découlé. À lire
pour le plaisir de lire et d'apprendre...
Note : 5/5
(Mousseline)
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