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Jim Harrison
L'été où il faillit mourir
(Christian Bourgois, 2006, 322 pages)

Ce livre contient trois novellas ou longues nouvelles, un genre dans lequel Harrison excelle. Dans la première, qui donne son titre au livre, le lecteur retrouve Chien Brun, un personnage rencontré dans "En route vers l'Ouest". Chien Brun est un métis indien, paresseux, buveur, menteur, dragueur, qui a le don de se mettre dans des situations impossibles. Pour se sortir d'ennuis judiciaires, il a été contraint à un curieux mariage et se retrouve ainsi père adoptif de deux enfants, Red et Baie. Et voilà comment sa vie a changé. Dorénavant, Chien Brun travaille presque régulièrement, apprend à cuisiner, et dit adieu à son aimable vagabondage. Mais il aime toujours la pêche, l'alcool et les femmes. Cet été-là, il est frappé par une violente rage de dents et c'est avec beaucoup d'humour que Jim Harrison nous narre ses aventures tragiques et comiques : sa liaison avec une dentiste obsédée par le sexe, son amour platonique pour son assistante sociale lesbienne, et surtout la façon dont Chien Brun va mettre en péril le fragile équilibre de sa vie pour sauver Baie, une petite fille différente parce que souffrant du syndrome d'alcoolisme de la mère enceinte. La seconde nouvelle, "Epouses républicaines", met en scène trois femmes riches. Elles parlent à tour de rôle pour nous raconter comment l'une d'elles a tenté de tuer son amant, un écrivain gauchiste prétentieux, qui fut aussi l'amant des deux autres. A travers cet épisode tragicomique, c'est le vide de leur vie qui transparaît, et le dégoût de l'auteur pour une certaine Amérique, qui s'est éloignée de ses valeurs fondatrices. Le dernier texte est un récit autobiographique qui reprend sous une forme brève et à la troisième personne le contenu de "En marge."

Ces trois textes sont de style très différents mais ont en commun d'avoir en toile de fond plus ou moins fortement dessinée, la péninsule du Nord Michigan, dont Jim Harrison est lui-même originaire et qui fait figure à ses yeux de terre promise. Dans les trois textes, il est question à un moment ou un autre d'un petit serpent noir, de la pêche à la truite et de la cueillette des morilles.

C'est le premier récit que j'ai préféré car Harrison excelle quand il parle de la vie dans la nature et de la vie simple, et Chien Brun est une sorte de double littéraire de l'auteur, brave gars, malgré tous ses défauts, chez qui l'amour l'emporte. Mais tout est bon chez Jim Harrison, donc ce recueil se lit d'une traite et avec beaucoup de plaisir.

Note : 4/5
(Papillon)
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Trois "novellas" (entre la nouvelle et le roman pour ce qui est de la longueur), comme on nomme la forme littéraire qu'emprunte Jim Harrison.

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé Chien Brun dans la première histoire : "L'été oùil faillit mourir". Chien Brun, un Métis élevé par son grand-père dans le Nord-Michigan. Sinon il ne sait rien de sa famille, s'il en a une d'abord. Pour la plupart d'entre nous, il est un sauvage des bois, un homme sans aucune culture, d'une propreté douteuse mais il a le coeur sur la main. Il élève les deux enfants d'une propre à rien, Baie 7 ans et Red 12 ans, il leur concocte de bons petits plats, il va à la pêche avec Baie, une petite fille qu'on qualifie d'handicapée mentale, et rien ne l'arrête pourempêcher que les services sociaux l'envoient en internat dans une école loin de leur patelin.

Les personnages sont colorés, exhubérants. Chien Brun aime la bière, le sexe, la pêche et les femmes, il est éperdument amoureux de Gretchen, une travailleuse sociale qui n'aime que les femmes. On fait aussi la connaissance de Delmore, possiblement l'oncle de Chien Brun, avare comme pas un. Et bien sûr Baie qui est capable de reproduire le chant den'importe quel oiseau ou presque...

Jim Harrison comme toujours célèbre la nature, mais se désole devant ce que les hommeslui font subir. La bonne bouffe a une place de choix même dans cette partie si reculée de l'Amérique du Nord. Il lance quelques piques à la société états-unienne, n'empêche il aime par-dessus tout ce pays avec ses qualités et défauts.

Il me donne à chaque fois le goût d'aller passer un été dans le Nord du Michigan dans un chalet en bois rond ou de parcourir l'Amérique.

Dans "Les Républicaines", c'est l'histoire de trois femmes : Martha, Frances et Shirley qui avaient pourtant fait le serment de ne jamais coucher avec Daryl, un jeune homme qu'elles ont connu à l'université, un salaud. Trois femmes de familles aisées, qui se connaissent depuis l'enfance.

Jim Harrison aborde ici l'amitié, l'oisiveté des femmes riches qui s'ennuient, la viede couple qui au fil des ans tombe dans la platitude. C'est étonnant que cette histoire soit écrite par un homme, Jim Harrison surprend.

Une histoire qui se dévore de bout en bout tellement les talents de conteur de JimHarrison nous fait oublier tout le reste et tellement son écriture est vivante.

"Traces" est un récit autobiographique. Même si on a lu "En marge" il y a quelque chose de nouveau ici ou juste une nouvelle façon de décrire les choses. C'est l'enfance passée dans le Norddu Michigan : les grand-parents Suédois, la nature, la pêche encore et toujours. Par la suite l'adolescence et la découverte des arts, de la philosophie, de la littérature russe, la découverte aussi de New York, Boston et San Francisco. Un jeune homme qui se cherche. Et puis l'âge où l'on a vu, où l'on fait le tri et doit faire des choix.

Extrait : "Quand on lit les romans historiques de Harvey Allen et de Walter Edmonds, la fiction de Erskine Caldwell et toute l'oeuvre de Sherwood Anderson, l'écrivain préféré de son père, le monde s'agrandit avant de rétrécir de nouveau lorsqu'il fautfranchir la porte de l'école..."

J'ai choisi cet extrait car j'aime découvrir les auteurs qu'ont aimé mes auteurspréférés. J'ai d'ailleurs acheté un roman de Sherwood Anderson.

Note : 4,5/5
(Mousseline)
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Ce recueil réunit trois longues nouvelles. La première met en scène Chien Brun, un métis indien du Nord du Michigan. Jim Harrison raconte avec beaucoup d'humour les tribulations de ce personnage amoureux de la pêche, des femmes et de l'alcool, thèmes chers à l'auteur. La deuxième nouvelle nous présente trois femmes mariées et bourgeoises. Elles prendront la parole à tour de rôle pour nous raconter leur relation avec leur amant qui est d'ailleurs le même pour chacune. La troisième nouvelle nommée "Traces" est un récit autobiographique où l'auteur raconte une partie de son enfance dominée par la chasse et la pêche.

C'est le deuxième titre de Jim Harrison que je lis et je n'ai pas l'intention d'en arrêter là! Comme trame de fond, encore et toujours le Michigan, un endroit tant chéri par l'auteur que ça donne le goût d'y aller! J'ai particulièrement aimé la première nouvelle et ce bon vivant de Chien Brun dépeint avec un humour tout à fait délectable. Les récits de Jim Harrison sont toujours un hymne à la bonne bouffe, aux femmes, à la nature, aux plaisirs de la vie quoi!

À lire sans modération!

Note : 4,75/5
(Cocotte)







Aventures d'un gourmand vagabond,
Dalva,
De Marquette à Veracruz,
En marge : Mémoires de Jim Harrison,
En route vers l'ouest,
Faux soleil,
La route du retour,
L'éclipse de lune de Davenport et autres poèmes,
Le garçon qui s'enfuit dans les bois,
Légendes d'automne,
L'été où il faillit mourir,
Une odyssée américaine,
Retour en terre,
Un bon jour pour mourir



Jim Harrison est né à Grayling, Michigan, et a fait ses études à l'Université du Michigan. Il décide de devenir écrivain à l'âge de douze ans, lorsqu'il comprend que cette profession propose une façon de vivre plutôt séduisante. Dans ses premiers écrits il s'inspire largement de la vie de son père fermier, de l'origine scandinave de sa mère et de sa propre éducation en milieu rural. Il enseigne quelques temps à Stony Brook, Université de New York, dans le but de faire vivre sa femme et ses deux enfants, mais l'enseignement ne le satisfaisant pas, il retourne dans sa ferme du Michigan. Il connaît son premier succès littéraire avec sa poésie. Mais il est également célèbre pour ses romans. Jim Harrison a été lauréat du National Endowment for the Arts 1968-1969 ainsi que de la fondation Guggenheim (1969-1970).







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