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James Grady

La ville des ombres
(Rivages, 2002, 471 p.)

Si vous vous intéressez aux-dessous de la politique américaine, au Watergate, à Nixon, aux magouilles durant la guerre du Vietnam, aux interventions américaines en Amérique du Sud, ce livre est pour vous! L'auteur est un ancien collaborateur au Sénat américain, il était là durant le Watergate, c'est stupéfiant tout ce qu'on apprend en lisant ce thriller, je suis enchantée.

Il y a trois personnages qui évoluent en parallèle :

John Quinn, un flic de la police de Washington. Il traque un tueur, Nezneck, mais celui-ci a des collaborateurs partout, des hauts placés dans la police, dans la CIA... Nathan Holloway, un marine qui a fait le Vietnam, qui espionne pour le Pentagone à la Maison Blanche. Le Pentagone a des espions à la Maison Blanche, la CIA a aussi leurs espions, et le président a également des espions qui espionnent les espions du Pentagone et de la CIA... Vaugh Conner, collaborateur d'un sénateur, membre de la Commission Sénatoriale qui enquête sur le Watergate... Tous trois se retrouvent entraînés à leur insu dans le scandale du Watergate et au centre d'un grand complot dans lequel Nezneck tire les ficelles.

Le thème principal est le Watergate mais l'auteur touche à plein de sujets intéressants: la corruption dans les campagnes électorales, le Vietnam, la drogue, le jeu illégal, le coup d'état contre Salvator Allende orchestré par les Américains et ainsi de suite... Très captivant!

C'est un roman passionnant, parfois un peu complexe mais pas trop, qu'on déguste peu à peu. Il y a un certain suspense mais on est loin du genre de thriller qui se dévore en quelques heures. Ici c'est un grand thriller politique, on ne dévore pas, on savoure et on se délecte de tout ce qu'on apprend sur les manigances dans la politique américaine.

Je vous le suggère très très très fortement mais il faut que vous vous intéressiez d'abord au sujet. Moi j'adoooore ce type de bouquins et celui-ci est un grand, grand coup de coeur!

Note : 5/5
(Mousseline)









James Grady est l'un des rares auteurs que James Ellroy aime et admire.

Propos de l'auteur: "Les gens de ma génération se sont battus pour des idéaux auxquels ils croyaient dur comme fer. Quand John Kennedy a été élu, nous étions sûrs que le monde allait changer. Et nous nous sommes retrouvés à devoir digérer nos désillusions". "La différence entre Ellroy et moi, c'est que lui a une vision très claire de ce qu'il veut dire sur l'Amérique, tandis que moi, je suis devenu de moins en moins sûr de ce que je savais, et les questions ont finalement émergé avec plus de force que les réponses."






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