La fêlure (Gallimard/folio, 1981)Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles de Francis Scott Fitzgerald, toutes autobiographiques car il n'écrivait en somme que sur lui-même. La préface est excellente et nous permet de mieux appréhender tout ce qu'on lit par la suite. C'était particulièrement intéressant pour moi de lire Fitzgerald à la suite d'Hemingway, et des nouvelles pour chacun, quand on connaît les liens tumultueux qui les unissaient selon la période de leur vie. Je garde une grosse préférence pour le second, mais ne suis jamais restée de marbre devant la sincérité qui transparait dans tout ce qu'écrit Fitzgerald. Il y a 16 nouvelles, toute la partie "Basil et Joséphine" m'a ennuyée, les émois adolescents de la bonne société de l'époque ne sont vraiment pas ma tasse de thé. Par contre je me suis délectée de "Vivre de rien", par exemple, qui est un monument de drôlerie et de finesse. Enfin, "La fêlure", titre du recueil, ne laissera personne indifférent, écrite sous la contrainte éditoriale: "C'est bon, répondit Scott. Je vais écrire tout ce que je peux écrire sur le fait que je ne peux pas écrire."... On referme ce livre avec beaucoup de tendresse pour cet homme atypique, brillant et si malheureux. Note : 4/5 (Cuné)
********** (Commentaire pour deux nouvelles de "La fêlure") "Une vie parfaite" : Basil Lee élève de terminale à l'école St Régis rencontre (à l'issue d'un match où il a été brillant), John Granby actuellement élève de Princeton. Ce dernier semble touché par une sorte de mysticisme auquel il tente de convertir Basil en lui expliquant qu'il est un exemple pour les autres de droiture, de propreté et d'honnêteté... Basil entièrement convaincu entreprend sa croisade jusqu'aux fêtes de Thanksgiving où il est invité dans la famille bourgeoise de Georges Dorsey. Va-t-il tenir son idéal de vie... ou va-t-il renoncer pour les beaux yeux de la soeur de Georges? "L'accordeur" : Luella s'ennuie, rien ne l'intéresse ni son petit garçon de 2 ans, ni son mari séduisant et travailleur, ni sa maison... Pour elle la vie n'est que sortie au restaurant, au théâtre... Elle n'a pas vu que son mari était devenu dépressif car il n'arrivait plus à suivre son rythme de vie ni à savoir ce qui pouvait lui faire plaisir. Elle n'a pas vu que son petit garçon était malade et qu'il allait mourir... Sa valise est prête, elle veut quitter cette maison quand son mari arrive avec le docteur Moon... Il y a une phrase dans le 4e de couverture qui à mon avis résume bien ces deux histoires : Francis Scott Fitzgerald dresse le portrait de héros insouciants, capricieux et tourmentés, confrontés aux réalités de l'existence. Note : 3/5 (Laure)
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