Le verger de pierres
(Gallimard/folio, 2001, 782 pages)
Stone Orchard, c'est une ancienne ferme que Timothy Findley et son compagnon Bill
Whitehead ont achetée en 1964 dans la région de Toronto. Bicoque
abandonnée à l'usure du temps qu'ils ont remise sur pied à
force d'amour, de persévérance et aussi de sous... Hé oui, il
faut ce qu'il faut!
Sur près de deux cent pages s'étalent les souvenirs liés
à cette demeure, les anecdotes, les épisodes gais et tristes, les
animaux recueillis, les voisins, les amis de passage, le temps qui passe, les
décès et puis un jour, le déménagement, trente ans
après avoir posé la première valise en ces lieux qui
paraissent magiques et empreints d'une telle sérénité.
Je crois que c'est ce qui m'a le plus frappée dans ce texte de Findley,
c'est la grande sagesse qui en ressort, cette douceur omniprésente au fil
des pages lorsque j'ai lu les aventures de tel ou tel chat (plus d'une vingtaine
vivaient dans ce fouillis végétal qui entourait la maison), les
péripéties liées aux vaches des voisins, les amitiés
naissantes entre gens du village avec ces nouveaux arrivants citadins... Une vie
à la campagne avec tout ce que cela compte de mésaventures et de
petits bonheurs.
Pas de gros efforts littéraires à première vue, simplement une
évocation de tranches de vie, le besoin de coucher tout cela sur papier afin
qu'il en reste une trace quelque part, un jour, le jour où...
"Le verger de pierres", c'est sentimental, parfois mièvre mais toujours
sincèrement authentique et passionné. Rien à voir avec les
grands espaces de Jim Harrison ou l'exploration des âmes de Larry Watson,
mais la nature est là, partout, elle nous prend à la gorge et nous
donne envie de nous installer à l'ombre de ce lilas centenaire qui parfume
Stone Orchard. Un récit doux qui fait du bien pour la détente et le
plaisir qu'il apporte.
Note : 3.5/5
(Sahkti)
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