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Louise Erdrich

Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse
(LGF, 2009, 535 pages)

Le Père Damien est arrivé à Little No Horse dans le Dakota du Nord en 1912. Depuis cette date, il n'a cessé d'envoyer des rapports au Vatican relatant ses tentatives d'attirer les Indiens vers la religion catholique. Les papes successifs sont restés muets à ses demandes, suppliques, appels à l'aide. Soudain, en 1996, arrive un envoyé du Vatican. Il va avoir droit à un récit des plus étranges, à plusieurs voix...

Tout ça commençait merveilleusement bien avec Agnès Dewitt en personnage principal. Superbement extravagante, je me délectais à l'avance de ses aventures... Mais à mon grand regret j'ai décroché assez vite. J'ai bataillé pour le finir malgré tout, car l'écriture de Louise Erdrich nous offre de succulents récits ça et là. Je ne pourrais pas vraiment dire ce qui a manqué pour me donner le frisson du plaisir de lire... un peu de cohérence pour lier le tout? Un choix de trame donnant trop de place aux errements de la pensée? En fait je pense une façon de décrire les personnages trop abstraite pour moi.

Malgré tout à découvrir, car très original.

Note : 3/5
(Cuné)
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A première vue, cela pourrait ressembler à un conte à dormir debout. Le père Damien Modeste, vénérable pasteur centenaire de la paroisse de Little No Horse dans le Dakota du nord, est en réalité une femme, Agnès, une ancienne religieuse qui a épousé un fermier allemand peu sympathique, a exercé le métier de pianiste et qui a échoué, il y a longtemps déjà, dans cette contrée reculée d'Amérique. Le Père Damien envoie à sa hiérarchie un rapport sur certains miracles survenus dans la réserve dont il a charge religieuse.

Rassurez-vous, il ne s'agit pas ici de la trame ou de la fin du récit, mais simplement de son introduction. Louise Erdrich place ses pions, plante le décor et donne d'emblée le ton qui va nous guider tout au long de son histoire abracadabrante.

La réserve Ojibwé de Little No Horse, c'est le petit bijou de Louise Erdrich, d'origine indienne et allemande (on retrouve souvent des traces autobiographiques dans son travail). Elle y a placé une partie de son âme et beaucoup d'émotion pour nous parler du destin de ce Père Damien et de ses fidèles serviteurs, chacun devant combattre le mal et son appétit sexuel. Les Obijwé sont à l'honneur dans le roman de Erdrich, plusieurs générations d'indiens nous sont contées avec beaucoup de talent et de tendresse; les antagonismes entre croyances locales et religion catholique missionnaire sont énoncés avec beaucoup de lucidité mais aussi d'humour, les coutumes locales racontées permettent de tordre le cou à certains clichés et un hommage est rendu à ces populations décimées et massacrées dans les décennies qui ont précédé l'époque du roman.

Revenons donc à nos miracles. Après l'envoi de son rapport, le Père Damien/Agnès reçoit la visite d'un représentant du Pape, envoyé sur place pour enquêter et faire le point avec le Père Damien, tout de même en place depuis près de quatre-vingt ans. Un bail! Et le point de départ d'un récit hallucinant, drôle, mouvementé, dans lequel on se perd entre rire et stupéfaction. C'est qu'il s'en est passé des choses pendant le sacerdoce de Agnès! Les habitants seraient plutôt du genre bons vivants et les plaisirs de la chair sont loin de leur être étrangers. De conversations savoureuses en anecdotes tordantes, c'est l'histoire d'une paroisse qui nous est offerte, avec son lot de petites histoires, de drames et de colères, de moments de vie et de plaisir.

Avec un coup de chapeau pour Louise Erdrich : à aucun moment les populations ne seront ridicules ou tournées en dérision, bien au contraire. A travers ces moments légers et drôles, on ressent constamment une douleur plus profonde, un malaise lié à la souffrance humaine et aux persécutions dont furent victimes tout un peuple toutes ethnies confondues. Erdrich a des origines indiennes. Plutôt qu'un portrait anthropologique ou sociologique, elle a choisi de rendre hommage aux siens à travers l'humour et la tendresse, à travers l'histoire d'une communauté attachante et de son prêtre, personnage ambigu et solide comme un roc, qui les défendra jusqu'au bout contre les spéculateurs de toutes sortes.

Ce qui pourrait peut-être être l'occasion d'un léger regret : il arrive par moments que Louise Erdrich se perde trop dans ses pensées, qu'elle écrive avant tout pour elle, laissant le lecteur au bord du chemin. Si le début du roman est emballant (elle y narre la biographie de ce père/religieuse, sa vie avant son arrivée dans le Dakota, les multiples péripéties qui ont marqué sa route...), le reste tourne un peu au ralenti, on y ressent les émotions de l'auteur tout en restant étranger à ce qui se passe, le rythme est moins soutenu, la respiration reprend ses aises, comme une pause bienvenue mais qui dure trop longtemps à mon goût.

Note : 3.5/5
(Sahkti)
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Ah voilà au milieu de lectures décevantes un roman qui m'a bien emportée.

Un très vieux prêtre, le père Damien, vit dans la réserve indienne de Little No Horse. Depuis très longtemps il écrit au pape des rapports, des confessions, le récit d'événements étranges. Le Vatican, après des décennies de silence, lui envoie un émissaire. Et nous allons remonter dans le passé de ce prêtre jusqu'au moment où il n'est encore qu'une belle jeune femme Agnes de Witt, à qui la vie réserve bien des surprises.

C'est enlevé et pittoresque, l'écriture est parfois un peu confuse, les événements s'enchaînent en dépit de leurs chronologies... mais quel personnage merveilleux que ce père Damien-Agnes, cachant à tous son secret pour accomplir avec dévouement son sacerdoce au milieu des Indiens. Elle les aime, les écoute, les respecte. Elle vivra avec eux longtemps et elle pourra nous régaler des récits assez fantasques de leurs exploits.

On rit, on s'émeut, il y a quelques passages moins intéressants que d'autres... mais c'est surprenant et plein d'humanité.

Note : 4.5/5
(zeta)
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Premier livre de l'auteur que je découvre par le biais du Prix des Lecteurs. Intéressant mais si j'ai accroché dès le départ, il n'en demeure pas moins que j'avais du mal à suivre certaines histoires (le livre est composé de quatre parties).

La première est très intéressante puisqu'il s'agit de mettre en place ce que sera la vie d'une jeune femme, Agnès, devenue Soeur Cécilia, et qui connaîtra bien des aventures... Là, je n'en dis pas plus si vous souhaiter vous plonger dans cet ouvrage. Si j'ai aimé le personnage du prêtre (qui a un secret très particulier), je décrochais notamment lorsque l'auteur utilisait des termes indiens ou même des citations dans sa langue d'origine. Aucune traduction n'a été faite et je trouve cela dommage. Ça donne un côté mystérieux, voire même mystique certes, mais j'aime bien savoir quand même ce que l'on dit et de quoi l'on parle. L'histoire des Indiens est intéressante surtout lorsque l'on comprend ce que l'auteur dit. Du coup, il me semblait râter beaucoup de détails sans compter sur le manque de chronologie dans l'ouvrage. Je m'emmêlais les pinceaux.

Alors oui j'ose dire que j'ai survolé certains passages vers la fin du livre, je me suis demandée si je n'allais pas m'arrêter à mi-chemin mais malgré tout je ne peux pas vous dire de ne pas tenter cette lecture. Ai-je été envoûtée malgré moi par cet ouvrage? Allez savoir! Il s'y cache des choses magnifiques, d'autres beaucoup plus noires mais une chose est certaine c'est comme un chemin de croix que l'on doit faire pour se sentir en bon terme avec soi-même. Beaucoup de réflexions vont naître en tant qu'être, en tant qu'Homme Blanc, en tant que croyant (ou non).

Note : 3/5
(belledenuit)







La chorale des maîtres bouchers,
L'épouse antilope,
Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse,
Omakayas


Née dans le Dakota en 1954, Louise Erdrich est l'un des écrivains américains contemporains les plus importants, couronnée deux fois par l'American Book Award. Elle est l'auteur de L'Épouse Antilope et de Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse.





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