Les Ailes de Sarajevo
(Intervalles, 2008, 476 pages)
Bill Carter est né en 1966. Il a fait tous les métiers et a beaucoup voyagé. Au printemps
1993, après un drame personnel et une période d'errance, il débarque à Sarajevo,
alors assiégée et en pleine guerre. Il fait partie
d'un groupe humanitaire et distribue de la nourriture aux habitants de la ville. Rapidement, il a l'idée
de contacter le groupe de rock U2, qui commence une grande tournée européenne, afin d'organiser des
liaisons satellites pendant chaque concert entre Sarajevo et la ville du concert : lors de ces liaisons, les
Sarajeviens ont l'occasion de s'adresser aux Européens et de témoigner de leur existence dans la
ville assiégée. Car Sarajevo était connue avant la guerre comme une ville très
cosmopolite avec une grande richesse culturelle, et ses habitants ont tout fait pour conserver cet esprit même
dans les moments les plus terribles. Parallèlement, Bill Carter filme Sarajevo, ses amis sarajeviens, ses
collègues volontaires, etc., et ces images donneront naissance au film documentaire "Miss Sarajevo". C'est
cette expérience incroyable que Bill Carter relate dans son livre "Les ailes de Sarajevo".
Au Printemps du livre de Grenoble, j'ai assisté à une rencontre avec Bill Carter associée
à la projection de "Miss Sarajevo", et j'ai été très touchée par ce film,
très bien fait, humain, qui nous montre la vie des Sarajéviens pendant le siège. Maintenant
que j'ai lu le livre, je peux dire que je préfère le film. Le livre est très
intéressant car il parle à la fois de la guerre et de l'itinéraire personnel de Bill Carter,
c'est un récit autobiographique. Le livre raconte comment et pourquoi Bill Carter s'est retrouvé
dans cette ville, à ce moment-là, et ce qu'il y a personnellement trouvé, tout en
témoignant de ce qui s'y passait pour les habitants. J'ai apprécié ce livre pour sa valeur
historique, humaine et culturelle (toute l'histoire avec U2 est passionnante car ça parait
complètement utopique au départ et pourtant il a réussi à réaliser ce pari
incroyable!). Cependant, certaines choses m'ont déplu, et cela concerne surtout le style : beaucoup de
comparaisons tarabiscotées, de grandes phrases qui semblent détenir des "vérités
vraies" et qui pour moi ne veulent rien dire, des dialogues assez vulgaires par moments, un récit somme
toute un peu trop long ou pas très bien structuré. Mais Bill Carter n'est pas écrivain et le
livre n'est pas un roman. Alors, je suis passée outre le style pour laisser place à l'admiration
devant le récit d'une aventure spontanée et altruiste pas comme les autres.
Je vous conseille avant tout le film documentaire "Miss Sarajevo", auquel j'attribuerai 5/5 sans hésiter.
Mais la lecture du livre vaut le détour aussi, et les deux se complètent bien quoi qu'il en soit.
Note : 4/5
(Ysla)
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