Courir avec des ciseaux
(10/18, 2006, 317 pages)
"Je sais également gré à mon père et ma mère de m'avoir donné
même par inadvertance une enfance à ce point mémorable. De plus, je voudrais remercier
chaque membre d'une certaine famille du Massachussetts pour m'avoir accueilli chez elle et
considéré comme un des siens. Mais je tiens par dessus tout à remercier mon frère
pour m'avoir démontré, exemple à l'appui, l'importance d'être unique." (extrait)
Effectivement, l'auteur peut remercier tout ce beau monde car dans le genre d'une enfance mémorable, je
crois n'avoir jamais rien lu de plus dingue. Mais derrière les situations racontées de façon
très drôle, on sent le complet désarroi d'un enfant sans repère de stabilité
dans sa vie, horrifiant et comique à la fois, personne ne voudrait de la jeunesse d'Augusten et pourtant
on ne peut s'empêcher de rire avec lui des actions délirantes de cette bande de fous furieux.
"Le premier signe prouvant que la situation était en train de changer s'est manifesté sous la
forme d'une dinde industrielle surgelée. Hope l'avait gagné à un concours organisé
par une station de radio en étant la première à appeler pour identifier une chanson de Pat
Boone. Comme la volaille n'entrait pas dans le freezer, Hope pour la décongeler l'a placée dans le
bac à douche. Or la maison ne disposait que de deux salles de bain et Hope avait mis la dinde dans celle
du rez de chaussée - celle où se trouvait la douche. Alors plutôt que d'enlever la volaille
pour faire nos ablutions, nous nous sommes tous douchés avec la dinde à nos pieds" (extrait).
Autre point fort de ce livre, c'est qu'il vous fait relativiser les épisodes de votre adolescence qui n'a
(sauf rares cas) jamais pu être aussi désastreuse que la sienne. Mieux, à lire, dites vous
que les pires bêtises que vous avez pu faire, n'arrivent pas à la hauteur de deux ados qui un jour
d'ennui, se sont décidés à littéralement exploser le plafond de la cuisine puis
découper une partie du toit afin d'installer une fenêtre préalablement prélevée
de la buanderie, fenêtre à ce point mal posée qu'il pleut huit mois sur douze dans la
cuisine et qu'il neige les quatre autres mois, une casserole pour recueillir l'eau est en permanence posée
sur la table de la cuisine et ils n'ont même pas été au moins sermonnés. Cette vie
aura au moins permi à l'auteur d'engranger des idées de livres pour la fin de ses jours. Et moi,
je me lirai bien "Déboire", la suite de cette épopée loufoque. Parce qu'on ne s'ennuie
jamais en suivant la vie d'Augusten et qu'il a le talent de vous embarquer pour une autre dimension, voire une
autre planète, impossible que des timbrés pareils soient originaires du même monde que le
nôtre....si?
Note : 5/5
(Chimère)
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Ce premier volet de ce qui est, à ce jour, une trilogie, est en fait un roman plus ou moins
autobiographique. Burroughs plonge dans ses souvenirs adolescents et en profite pour nous brosser un portrait de
famille à la fois très drôle, complètement décalé et terriblement
féroce. Les anecdotes se suivent, Burroughs nous racontant des situations absolument hallucinantes et
dressant le portrait émouvant d'un adolescent livré à lui-même. On regrettera
cependant le manque de cohérence de l'ensemble, à savoir qu'à défaut d'avoir une
réelle continuité, ce roman est davantage une suite de scènes souvent cocasses, parfois
dérangeantes. Il n'empêche, le style de l'auteur est efficace et fait qu'on se laisse embarquer.
Ses personnages sont étonnants, souvent border line, mais pourtant attachants, car derrière cette
férocité affichée des portraits, se cache une véritable
générosité.
Une lecture agréable, une bonne surprise...
Note : 4,25/5
(Lionel de Lyon)
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