Un baume pour le coeur (Gallimard, 2004, 386 pages)C'est un livre qui se démarque dès le départ par sa musique, celle des souvenirs, sous la plume magnifique de Neil Bissoondath (qui a rejoint avec ce livre, mon panthéon personnel). Alistair Makenzie vit chez sa fille, son gendre et leur fils depuis que sa maison a été victime d'un incendie. Dans un contexte où tout le dépasse et en particulier le rythme de vie actuel, le mariage de sa fille avec un francophone et son petit-fils, le narrateur se souvient de sa vie. Et Bissoondath d'inviter le lecteur à feuilleter l'album des souvenirs mais aussi celui d'une époque. Le ton intimiste m'a séduit dès les premières phrases et cette impression de baigner dans une atmosphère douce et agréable ne m'a pas quittée un seul instant. Car Alistair Makenzie est un personnage à la fois banal (et auquel on peut donc facilement s'identifier) et particulièrement attachant en dépit de ses défauts, ou plutôt grâce à eux. En effet, le regard qu'il porte sur sa vie est lucide mais surtout plein d'humilité. Or, rien ne m'agace plus que les gens "d'expérience" qui ne peuvent s'empêcher de donner des leçons aux plus jeunes sous des prétextes divers et variés. Ici, rien de tout cela, bien au contraire: Makenzie reconnaît ses erreurs, n'hésite pas à raconter des tranches de vie où il n'a pas eu le beau rôle, bref: il ne s'auto-congratule pas et évite de distribuer des conseils comme un vieux sage content de lui. Il n'en reste pas moins pétri d'idées fixes (son regard sur les québécois/francophones, en particulier, est abominable) tout en étant également capable de beaucoup d'auto-dérision. En résumé, j'ai absolument adoré du début à la fin et ai relevé un nombre "certain" de phrases, paragraphes et autres remarques, au point de finir par acheter le livre pour pouvoir le souligner tout mon soûl! Note : 5/5 (Flo)
********** Les premières phrases du plus récent roman de Neil Bissoondath marquent la fin de l'autonomie d'un homme de soixante-dix ans (Alistair MacKenzie). Six mois plus tard, il vit avec sa fille et la famille de celle-ci, tandis que l'odeur de la catastrophe qui l'a chassé de chez lui imprègne encore son pyjama. À la recherche d'un cadeau de Noël pour sa fille, il achète une plume et du papier. Mais la plume, sans même quitter son boîtier, le lance dans une direction insoupçonnée, vers la seule chose qui lui reste: sa mémoire, son passé, cette contrée familière où vit pourtant un inconnu - étranger, incompréhensible. Revenant sur les événements de sa vie, il considère tranquillement le tissus d'incompréhension dont elle est faite. Une ouverture se profile alors, à mesure que des murs de préjugés s'écroulent. À mesure qu'il raconte sa vie et qu'il se pare des dépouilles de l'homme qu'il a été, sa voix reprend sa fermeté d'antan. Le souvenir de l'amour et de destin brutal qui peut frapper à tout moment - donne une cohérence insoupçonnée à un présent chaotique, lui procurant le fil qui le mènera vers une vie nouvelle, partagée avec sa fille, son gendre et son petit-fils. Devant la perspective d'une vie qu'il n'aurait jamais crû pouvoir être la sienne, il est peu à peu emporté par un étrange mouvement, et poursuit sa route tout en scrutant le voyage qui s'éloigne peu à peu derrière lui, s'émerveillant de se retrouver aussi méconnaissable, plus fort que jamais. Le genre a rappelé à ma mémoire mes vieux souvenirs de John Updike et de nombreux films tirés de romans états-uniens une sorte de chronique de vie, sans gradation, sans apogée, où les événements surviennent, où les liens entre personnages se font et se défont sans éclat mais avec le réalisme du quotidien. Dans ce genre de récit, tout se passe dans l'intimité que le narrateur arrive à tisser entre lui et le lecteur. Ainsi, malgré l'absence de points culminants, Bissoondath sait capter notre attention du début à la fin et nous faire suivre délicatement le fil des pensées et de la mémoire d'Alistair MacKenzie et, au passage, nous faire réfléchir et nous émouvoir. Bissoondath nous livre ce récit avec une remarquable spontanéité, en partie grâce à la discontinuité temporelle de son récit. On y remonte le temps dans un désordre qui au flux de pensée du personnage, entre sa pénible expérience de la deuxième guerre mondiale et ses années d'enseignement. Chaque moment peut se lire comme une courte nouvelle et peu à peu, se dessine le destin d'une vie. Un livre bien ciselé, plein de sagesse et de bonheur. Note : 4.5/5 (Sereine)
********** Alistair Mackenzie est obligé d'aller vivre chez sa fille après l'incendie qui a détruit sa maison. Il se prend alors à réfléchir sur sa vie. Sur le papier, cet ancien professeur de littérature de niveau universitaire commence à refaire, un peu dans le désordre, les grandes étapes de sa vie. Cet anglo-québécois se désole de ne pas pouvoir communiquer avec son petit-fils de six ans parce que celui-ci ne parle pas anglais mais bien français, comme son père. Ce gendre, que Mac persiste à vouloir appeler Jack même si son prénom est Jacques, est représentatif de l'ensemble des Québécois francophones et dans leur relation, on lit toute la politesse des échanges froids entre deux imaginaires irréconciliables. Ce long retour en arrière va permettre à Mac de comprendre, petit à petit, ce qui s'est passé dans sa vie et d'aborder enfin avec sérénité la dernière période de sa vie, entouré de sa fille, de son gendre et de tous les êtres qui l'ont entouré à un moment ou à un autre de sa vie, l'âme en paix. Note : 4.5/5 (Profgéo)
********** Il est veuf, âgé. Sa maison vient de brûler, il a tout perdu. Alistair Mackenzie loge maintenant chez sa fille Agnès, son mari et leur jeune fils. Il a très peu d'activités (blessée à la guerre, il traîne la jambe et entend mal). Alors il observe ses proches, surtout son petit-fils et se remémore son passé avec nostalgie. Une très belle écriture, beaucoup d'émotion, une grande douceur, une ambiance mélancolique. L'histoire d'un homme qui considère sa vie passée avec ses travers et ses réussites, se regarde lui-même avec ses défauts et ses qualités; un homme qui trouve la sérénité, malgré la perte de sa femme puis de tous ses biens, grâce à son petit-fils synonyme d'avenir dans un monde en perpétuelle évolution. Note : 4.25/5 (Chantal)
********** Au lendemain de l'incendie de son appartement, Mackensie va s'installer chez sa fille et son gendre. Il observe la vie de cette famille et se remémore la sienne : sa femme Mary, les années de guerre, son métier de professeur... Un roman plein de nostalgie et de mélancolie, tout en douceur mais plein de lucidité. Mackensie est un homme très attachant et le récit de sa vie est très émouvant. On en ressort, comme lui, serein. Une belle découverte que cet auteur, j'aimerai maintenant poursuivre l'aventure avec "Tous ces mondes en elle". Note : 4/5 (Lyreek)
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