Tant que je serai noire
(Les Allusifs, 2008, 364 pages)
Maya Angelou, une femme noire au début de la trentaine à la fin des années 50 aux Etats-Unis,
mère célibataire, c'est bien assez pour rester dans son coin et se laisser ballotter par la vie.
Mais Maya Angelou c'est une battante, une travailleuse acharnée et elle est bien déterminée à
ne pas se laisser faire. Au moment où l'on fait sa connaissance, elle est chanteuse de cabaret à Los Angeles. Puis
elle déménage à New York avec son fils Guy car New York c'est le centre de la vie intellectuelle noire.
Elle tente d'écrire des nouvelles, elle monte un spectacle, elle coordonne le centre new-yorkais de
l'organisation de Martin Luther King, elle se marie avec un leader sud-américain qui lutte contre
l'apartheid, elle est comédienne, elle va vivre en Egypte... bref Maya Angelou a de l'énergie à revendre.
Lire "Tant que je serai noire" de Maya Angelou ça ne peut que fouetter pour les périodes où l'on manque de
courage face à la vie qui semble pesante. Maya Angelou est un exemple pour toutes les femmes du monde
entier.
Lire la vie de Maya Angelou c'est aussi croiser des gens comme Billie Holliday, Martin Luther King, Malcom X.
C'est en partie l'histoire des mouvements noirs pour le droit civique car Maya Angelou s'est impliquée
activement dans cette cause. J'aurais voulu plus de détails, plus d'informations sur ces mouvements mais
bien sûr ce sont les Mémoires de Maya Angelou et non les Mémoires de Martin Luther King et autres.
C'est aussi faire le plein de chansons car la vie de Maya Angelou est remplie de musique "Strange Fruit" de
Billie Holliday, "Baba Fuhuru" un chant cubain qui raconte la traversée de l'Atlantique à bord de négriers,
"Sometimes i feel like a motherless child" et "Lift every voice and sing" l'hymne national des noirs
américains.
J'ai beaucoup aimé! et je ne manquerai pas de lire "Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage".
Note : 4,25/5
(Mousseline)
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Cette autobiographie nous présente une femme remarquable qui a défendu tout au long
de sa vie la cause noire et d'une certaine manière la cause des femmes.
Femme libre avant l'heure, indépendante et militante, ayant quitté très jeune son foyer,
elle élève seul son fils et multiplie des métiers pour survivre. Pourtant, elle
épousera à un moment de sa vie un Africain qui va momentanément la soumettre aux
règles de vie de son continent : La femme reste au foyer, elle est soumise à son époux et ne
prend aucune décision. Elle se consacre totalement à sa famille. Maya forte de sa vie d'avant ne
peut accepter longtemps cette soumission, qui la dépossède de sa liberté.
Elle quitte donc cet époux, enrichie malgré tout de cette expérience qui lui a
ouvert l'Afrique.
Cette femme a un parcours très intéressant, fait de rencontres multiples et de prises de
positions qui ont orienté sa vie. Elle a multiplié les métiers que ce soit dans le monde
artistique ou journalistique, il semble qu'elle sait tout faire, y compris composer de la musique!
J'ai aimé la manière dont l'auteur nous raconte les évènements dont elle a
été le témoin, la manifestation à l'ONU, sa rencontre avec Martin Luther King, puis avec Malcolm
X (dont les propos très durs, voire violents m'ont surprise... mais je ne connais pas le personnage et me
garderai bien de m'engager sur le sujet).
Maya nous fait partager le point de vue des personnes noires et leur souffrance au quotidien, et leur combat pour
les droits civiques dans cette Amérique blanche raciste et hypocrite.
Son passage par l'Afrique lui a permis de retrouver ses racines.
J'ai adoré son émerveillement lorsque arrivant avec son fils en Afrique noire (Ghana) elle ne voit
plus un seul Blanc, découvrant que des postes à responsabilité peuvent être confiés
à des Noirs (chose impensable en Amérique à cette époque!).
Je regrette cependant d'avoir commencé par cet ouvrage. Il aurait fallu lire dans l'ordre, son premier
livre de mémoires car elle fait souvent référence à son enfance dans le
Sud. Cela m'aurait je pense permis de mieux appréhender la révolte des populations
noires et la montée du mouvement pour les droits civiques.
D'autre part, le livre se termine un peu abruptement et j'ai éprouvé un sentiment de
frustration. Pour finir, je n'ai pas une culture assez étendue pour connaître tous les personnages cités
et cela m'a coupée d'une partie du livre. Beaucoup de recherches seraient nécessaires pour
éclairer certains passages de l'ouvrage, notamment ceux concernant l'Afrique.
Toutefois, j'ai aimé le style de l'auteur.
C'est ce qui me plaît dans les documents... avoir l'impression de lire un roman! s'instruire sans en
avoir l'air... je suis contente de cette lecture car elle m'a fait découvrir Maya Angelou, femme
respectée et respectable, très connue dans son pays.
Note : 3,5/5
(Odilette)
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