Le retour du gang de la clef à molette
(Gallmeister, 2007, 401 pages)
On refait tranquillement connaissance avec les quatre héros de "Le gang de la clé à molette". Doc,
Bonny et Seldom mènent une vie rangée. Ils veulent presque oublier le passé, en tout cas pas question
qu'ils replongent dans les actes de sabotage de bulldozers, de pelleteuses, de niveleuses et ainsi de suite. Quand leur
complice George Hayduke ressurgit dans leur vie, ce vétéran cinglé du Vietnam, et qu'il leur demande de l'aide,
c'est difficile de rester à l'écart.
Surtout que Goliath, un excavateur géant, la plus grosse machine au monde, menace sérieusement l'écologie
du Sud-Ouest.
Il y a aussi Earth First, un groupe écolo, qui fait des misères aux autorités dans le Sud-Ouest. Tous ils en ont
contre ce qui détruit la nature.
Edward Abbey décrit ses personnages délicieusement, il n'est pas tendre avec Dudley Love, ainsi qu'avec ce
cher Oral et avec tous ceux qui représentent la loi. Il s'amuse aux dépens des écologistes de tout
poil mais gentiment. Il exagère, il nous en met plein la vue. Mais on les adore ses
personnages, ils ont tous un côté cinglé.
Humour caustique, féroce. Une maîtrise incroyable de la plume, c'est foisonnant,
coloré, vulgaire, l'atmosphère est loufoque, truculente, chaleureuse.
Malgré l'humour on ressent la colère de Edward Abbey.
Vous recherchez de l'originalité, du hors normes, du décapant, il faut lire alors ce livre mais bien sûr commencer
par le tout premier "Le gang de la clé à molette". Ça serait trop dommage de ne pas tenter le coup. Mais attention
en plus de passer un super moment de lecture, vous n'aurez plus qu'une envie : visiter l'Arizona et l'Utah.
Personnellement je suis une inconditionnelle. Je ne m'attendais pas à ce que le deuxième tome
soit aussi bien que le premier mais c'est bien le cas et j'en suis plus que ravie.
Voyage en Arizona/Utah, mars 2009
Extrait :
"Suant dans l'ascension de la longue Neuvième Sud vers son chez-lui de la Vingt-troisième Est, Doc Sarvis pédale
en parfaite conscience de l'emboutaillage qu'il cause, qui le presse dans son dos, clameur de klaxons écrasés
par des poings ulcérés, bouillon de haine motorisée qui fermente jusque sur sa roue arrière. Mais il se dit :
qu'ils aillent tous se faire foutre. Qu'ils attendent. Qu'ils s'ulcèrent. Qu'ils marchent. Qu'ils pédalent..."
Note : 5/5
(Mousseline)
20 septembre 2009
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