Les créatures de la terre
(LGF, 2006, 152 pages)
Solitude et stupidité!
Ces trois nouvelles sont à mon avis parmi les plus pessimistes de John
McGahern, qui n'est déjà pas un auteur d'une gaieté folle.
Mais là!
Dans la nouvelle qui donne son nom à l'ouvrage, une femme Mme Waldron,
veuve, et sa fille s'installent dans la demeure familiale au bord de la mer. Elle
se remémore la fin de la vie de son mari. La seule chose qui lui reste est
le vieux chat qui a partagé des années de leur existence. Elle finit
par faire la connaissance d'un homme au cours de ses promenades, qui, un jour, a
avec lui un chien qu'il n'aime visiblement pas. Deux voyous et le vieil homme aigri
sacrifieront par jeu ou par égoïsme ces deux "Créatures
terrestres".
"Le directeur de la laiterie" est emprisonné pour détournement de
fond, les policiers chargés de le surveiller sont aussi mal à l'aise
que lui. Quelques semaines plus tôt, ils les avait emmenés à la
finale de la coupe d'Ulster, une manière de les corrompre? La gène
est évidente des deux côtés, les policiers font des efforts
pour lui rendre la vie plus facile, lui se remémore son existence d'homme
solitaire cherchant à s'attirer la sympathie.
Dans la troisième nouvelle "Un enterrement à la campagne", Philly
travaille sur un champ pétrolifère dans le golfe Persique. Il
retrouve son frère Fonsi, handicapé en fauteuil, et sa mère.
Les premières retrouvailles passées, l'ennui et la solitude
reprennent le dessus. Le décès d'un oncle Peter va leur permettre de
retrouver leur frère John, et la maison de leurs vacances. Ils vont se
rendre compte que cet oncle qu'ils n'aimaient pas est très
apprécié dans le monde rural qui était le sien. Philly, plein
de nostalgie, redécouvrira un mode de vie oublié mais qui de part ses
racines était celui de ses ancêtres.
Je ne vais pas me répéter, mais j'aime l'écriture de McGahern.
L'émotion et le désarroi de Mme Waldron quand l'homme lui dit avec
naturel : "Ben oui, je l'ai jeté du haut de la falaise" sont palpables avec
un minimum de mots. Mais il est préférable d'avoir le moral, surtout
pour la nouvelle qui donne son titre au livre qui me met toujours mal à
l'aise.
Extraits :
"Leur héritage primordial, une bonne éducation, il l'avait
déjà reçu."
"Toute sa vie, il avait eu la faiblesse de vouloir être agréable aux autres
et de chercher à leur faire plaisir."
"Cela le rendait aveugle au fait bien attristant, que d'une manière
générale, ce n'est pas de la lumière que nous projetons autour
de nous, mais de l'ombre.
"Rien n'est plus cruel qu'une vérité sur nous-mêmes exprimée
par un autre, quand nous la percevons comme au moins à moitié
vraie."
"Si les riches pouvaient faire en sorte que les pauvres meurent à leur
place, ils ne mourraient jamais".
Ces nouvelles proviennent de différents recueils, donc pas de titre
original.
Note : 4,5/5
(Eireann)
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Trois nouvelles pas très gaies mais qui dressent des portraits
réalistes et fouillés d'Irlandais : "Les créatures de la
terre", "Le directeur de la laiterie", "L'enterrement à la campagne", la
dernière m'ayant beaucoup plu. J'ai lu le recueil d'une traite en un rien de
temps. Je ne résume pas les histoires puisqu'Eireann l'a déjà
fait.
Moi aussi, j'ai beaucoup aimé cette écriture simple, directe, qui va
à l'essentiel, qui en dit peu tout en en disant énormément. Le
lecteur baigne dans une ambiance très irlandaise et j'ai aimé. Il me
reste à reprendre un de ses livres que j'avais laissé de
côté : "Pour qu'ils soient face au soleil levant"!? En tout cas, pas
déçue, cette fois-ci.
Note : 4/5 (surtout pour la dernière nouvelle, la deuxième m'ayant
laissée vraiment indifférente)
(Chantal)
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